
Des pétroliers au terminal à conteneurs de Khor Fakkan situé le long du détroit d'Ormuz, aux Émirats arabes unis, le 23 juin 2025. © Giuseppe Cacace, AFP archives
L'ultimatum d'un jour est entré en vigueur à 14 h GMT. Donald Trump a menacé, lundi 13 avril, de "destruction" tout "navire d'attaque rapide" iranien forçant le blocus américain des ports de l'Iran, au lendemain de l'échec des pourparlers entre les deux pays. Dénonçant un acte "illégal" de "piraterie", l'Iran a averti qu'il s'en prendrait aux ports de ses voisins du Golfe si "la sécurité des ports de la République islamique (...) était menacée".
L'armée américaine avait annoncé que le blocus des navires entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens entrerait en vigueur lundi à 14 h GMT, sans en détailler les modalités.
"Si l'un de ces navires s'approche ne serait-ce qu'un peu de notre BLOCUS, il sera immédiatement DÉTRUIT", a clarifié le président Trump sur sa plateforme Truth Social, qui a ensuite déclaré que les dirigeants iraniens voudraient "à tout prix" conclure un accord.
L'annonce d'un blocus a refait flamber les cours du pétrole et replongé les marchés mondiaux dans l'incertitude.
"On peut supposer que l'intention de Trump est d'essayer de priver l'Iran de ses revenus d'exportation et d'obliger ses principaux importateurs de pétrole, particulièrement la Chine, à faire pression sur Téhéran pour qu'il lève son blocage du détroit" d'Ormuz, analyse le centre de réflexion américain Soufan Center.
"D'un point de vue commercial, cela ne soulage pas vraiment notre peine"
Depuis le début de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël, le 28 février, Téhéran verrouille le détroit et a instauré des droits de passage qu'il entend maintenir.
Donald Trump a affirmé que 34 navires étaient passés par Ormuz dimanche, soit "de loin le nombre le plus élevé depuis le début de cette fermeture insensée".
La Chine, qui dépend largement de l'Iran pour son approvisionnement pétrolier, a appelé au rétablissement d'une navigation "sans entraves" dans ce passage stratégique pour le commerce mondial, notamment des hydrocarbures.
Le Qatar a, lui, appelé à ne pas utiliser les voies maritimes comme moyen de "marchandage", tandis que le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a exhorté "toutes les parties" à respecter la liberté de navigation. "Nous devons nous rappeler que quelque 20 000 marins se retrouvent pris dans ce conflit, bloqués sur des bateaux avec des difficultés augmentant chaque jour", a relevé son porte-parole, Stéphane Dujarric.
Si le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a apporté sans surprise son soutien au blocus américain, Londres a déclaré ne pas le soutenir, et Madrid estimé qu'il n'avait "aucun sens".
"D'un point de vue commercial, cela ne soulage pas vraiment notre peine", dit à l'AFP Nils Haupt, directeur de la communication du géant allemand du transport maritime Hapag-Lloyd. "Notre intérêt premier est la réouverture du détroit d'Ormuz, un commerce libre de et vers le Golfe".
Le maintien du cessez-le-feu, "priorité absolue"
L'incapacité de Washington et Téhéran à trouver un accord lors des pourparlers au Pakistan inquiète, après plus d'un mois d'une guerre qui a fait plus de 6 000 morts, principalement en Iran et au Liban.
Selon Islamabad, des efforts se poursuivent pour résoudre les questions en suspens et le cessez-le-feu, qui expire le 22 avril, "tient toujours". Son maintien est une "priorité absolue", a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi à son homologue pakistanais, Ishaq Dar.
Mais ni les États-Unis ni l'Iran n'ont fait part de leurs intentions, se renvoyant la responsabilité de l'échec des discussions. Donald Trump l'a imputé au refus des Iraniens de renoncer à se doter de l'arme nucléaire, une ambition que Téhéran dément avoir.
Selon l'Iran, un accord était proche, mais "malheureusement, nous avons été témoins de demandes continuellement excessives de la partie américaine", a déclaré le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, lors d'un appel avec son homologue saoudien, le prince Fayçal ben Farhane. Benjamin Netanyahu a affirmé que la rupture était venue du côté américain, faute "d'ouverture immédiate du détroit" d'Ormuz. Mais la "question centrale" pour Donald Trump est le nucléaire, a-t-il ajouté.
Le Hezbollah demande l'annulation des pourparlers avec Israël
Sur le front libanais, Israël poursuit sa campagne contre le Hezbollah allié de Téhéran, soutenant que le pays voisin n'était pas concerné par le cessez-le-feu.
Les autorités libanaises ont annoncé quatre morts dans le sud, tandis que l'armée israélienne a dit avoir frappé 150 cibles du Hezbollah ces dernières 24 heures.
Elle a annoncé avoir achevé "l'encerclement" de la ville de Bint Jbeil, où elle a lancé un assaut, dans une avancée significative de son offensive terrestre dans le sud.
Le Hezbollah a de son côté affirmé avoir lancé des roquettes sur deux localités israéliennes proches de la frontière.
Des pourparlers sont prévus mardi entre des représentants libanais et israéliens à Washington, que le Hezbollah a comparé à une "capitulation", exigeant leur annulation.
Avec AFP
