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Iran : les exécutions se multiplient, un manifestant de 23 ans pendu
Un jeune homme de 23 ans, condamné à mort pour avoir manifesté en janvier, a été pendu en Iran, lundi. Les exécutions se multiplient en Iran en pleine guerre contre Israël et les États-Unis. Au cours des huit derniers jours, dix "prisonniers politiques" ont été exécutés par la République islamique, selon l'ONG Iran Human Rights.
Un manifestant brandit une pancarte avant une marche silencieuse à Paris dénonçant la répression meurtrière menée par le gouvernement iranien contre les manifestants antigouvernementaux en janvier 2026 © Sebastien Dupuy, AFP

L'Iran a de nouveau pendu, lundi 6 avril, un homme condamné à mort pour avoir manifesté en janvier. Les exécutions de prisonniers politiques se multiplient en pleine guerre contre Israël et les États-Unis.

Ali Fahim, 23 ans, a été pendu après avoir été reconnu coupable d'implication dans une attaque contre une base de la milice des Bassidji des Gardiens de la révolution à Téhéran pendant les manifestations de janvier, selon plusieurs ONG.

Le site du pouvoir judiciaire, Mizan Online, l'a décrit comme "l'un des éléments ennemis impliqués dans les émeutes terroristes", précisant qu'il avait été exécuté après validation du verdict initial par la Cour suprême.

Sept hommes, dont Ali Fahim, avaient été condamnés à mort en février pour cette attaque. Quatre d'entre eux, dont deux adolescents, ont depuis été exécutés, laissant les trois autres exposés à un risque imminent de mort, selon les ONG.

Après une première pause consécutive au déclenchement de la guerre le 28 février, les autorités iraniennes ont exécuté, au cours des huit derniers jours, dix "prisonniers politiques", selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège.

Sur cette période, quatre personnes ont été pendues en lien avec les manifestations, tandis que six autres ont été exécutées pour appartenance au groupe d'opposition interdit des Moudjahidine du peuple (MEK).

Selon IHR, Ali Fahim et ses co-accusés ont été "soumis à la torture et privés d'accès à un avocat", puis condamnés à mort à l'issue d'un procès expéditif "grossièrement inéquitable", présidé par le juge Abolqasem Salavati.

Ce juge a été sanctionné en 2019 par les États-Unis, qui affirment qu'il est connu comme le "juge de la mort" en raison de son recours fréquent à la peine capitale.

"Ces exécutions s'inscrivent dans la stratégie de survie de la République islamique, qui mène une guerre contre son propre peuple à l'ombre d'un conflit extérieur", a déclaré le directeur d'IHR, Mahmood Amiry-Moghaddam.

Une "condition centrale de toute négociation"

"La communauté internationale doit réagir d'urgence. La situation des prisonniers et la [fin de] l'usage systématique de la peine de mort par le régime doivent devenir une condition centrale de toute négociation ou engagement avec la République islamique", a-t-il ajouté.

Mizan Online a indiqué qu'Ali Fahim avait été condamné pour avoir agi contre l'Iran au profit du "régime sioniste et des États-Unis", ainsi que pour s'être introduit sur un site militaire classifié afin de s'emparer d'armes.

Les manifestations de janvier ont été réprimées avec brutalité par les autorités, une répression qui a fait des milliers de morts, selon les ONG.

L'Iran a exécuté dimanche deux hommes - Mohammad-Amin Biglari, 19 ans, et Shahin Vahedparast, 30 ans - et pendu, jeudi, Amir Hossein Hatami, 18 ans, tous condamnés dans la même affaire.

Leurs exécutions ont été confirmées par le pouvoir judiciaire iranien, leurs âges ayant été fournis par les ONG.

Pour Amnesty International, ces exécutions montrent que le système judiciaire est "un outil de répression, envoyant des individus à la potence pour semer la peur et se venger de ceux qui réclament un changement politique fondamental".

Ces exécutions interviennent en pleine guerre contre Israël et les États-Unis, un conflit déclenché le 28 février par des frappes conjointes ayant tué le guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, embrasant depuis lors le Moyen-Orient.

Avec AFP