
Photo d'illustration. Au Kenya, une manifestation pour réclamer le retour de Kenyans, enrôlés par la Russie dans sa guerre contre l'Ukraine. © Simon Maina, AFP
C'est une image rare. Un responsable africain en visite à Kiev. De passage dans la capitale ukrainienne au lendemain du quatrième anniversaire de l'invasion russe à grande échelle, le chef de la diplomatie du Ghana, Samuel Okudzeto Ablakwa, a appelé les Ukrainiens à libérer deux prisonniers de guerre ghanéens.
Ces derniers ont combattu contre les forces ukrainiennes dans les rangs de l'armée russe. Samuel Okudzeto Ablakwa a dit espérer que le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, ferait preuve de "magnanimité et de compassion, et qu'il les libèrera (...) afin que nous puissions rentrer au Ghana avec ces deux Ghanéens".
À ses côtés, son homologue ukrainien Andriï Sybiga a affirmé que plus de 1 780 Africains - ressortissants de 36 pays du continent - combattent contre l'Ukraine au sein des troupes russes. Il a accusé Moscou d'attirer ces hommes dans l'armée en les trompant et exhorté Accra à renforcer des mesures pour empêcher le recrutement d'Africains par la Russie.
"Les Russes entraînent les Ghanéens vers une mort certaine", a assuré Andriï Sybiga.
"Victimes de manipulation et de désinformation"
Son homologue ghanéen a assuré que les Africains rejoignant l'armée russe n'étaient "pas mandatés par les gouvernements africains".
Les Ghanéens partis à la guerre "sont victimes de manipulation, de désinformation" de la part "de réseaux criminels de trafiquants" qui leur promettent "un travail décent" en Russie, a-t-il assuré. "Ils n'ont aucun passé dans la sécurité, aucun passé militaire. Ils n'ont pas été formés et ils ont simplement été attirés, puis trompés et envoyés en première ligne sur le champ de bataille."
Il a remercié l'Ukraine pour son "respect du droit international" dans le traitement des prisonniers de guerre ghanéens.
"Nous avons reçu des rapports indiquant qu'ils sont en bonne santé" a-t-il dit, avant d'ajouter : "Ils n'ont pas été torturés. Ils n'ont subi aucun traitement inhumain depuis leur capture".
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Réessayer
Ces derniers mois, plusieurs pays africains, notamment le Kenya et l'Ouganda, ont commencé à découvrir le sort de leurs ressortissants enrôlés par l'armée russe, qui souvent finissent tués ou capturés en Ukraine. Des journalistes de l'AFP ont rencontré des prisonniers de guerre kényans, togolais, camerounais et nigérians, lors d'une visite fin 2025 dans une prison ukrainienne pour prisonniers de guerre.
Plusieurs Kényans interrogés par l'AFP, après avoir réussi à retourner dans leur pays, ont raconté avoir croisé des dizaines d'Africains dans les camps d'entraînement en Russie ou sur le front, venant du Nigeria, du Cameroun, d'Égypte ou d'Afrique du Sud. Ces hommes ont affirmé être trompés par des promesses d'emplois civils bien rémunérés en Russie avant de se retrouver ensuite enrôlés de force dans l'armée russe et envoyés combattre en Ukraine.
Avec AFP
