
Le président Donald Trump s'adresse aux journalistes dans la salle de presse James Brady à la Maison Blanche, vendredi 20 février 2026, à Washington. © Alex Brandon, AP
Pendant un an, il a gouverné sans entraves, mais mardi 24 février, c'est un Donald Trump assommé par la Cour suprême sur les droits de douane, critiqué sur l'immigration et menacé d'une sanction électorale à l'automne qui s'adressera au Congrès.
Il y prononcera son premier "discours sur l'état de l'Union", un moment solennel de la vie américaine, lors duquel le président américain est invité à s'exprimer sur son bilan et ses priorités devant les élus du Sénat et de la Chambre des représentants.
En mars 2025, le républicain de 79 ans avait déjà prononcé une allocution de politique générale au Capitole.
Encore auréolé de sa nette victoire à la présidentielle, fort d'une avalanche de décrets et de décisions spectaculaires, il avait promis que l'Amérique connaîtrait un "retour en force comme le monde n'en a jamais connu".
Il est peu probable que le milliardaire se remette en question mardi, mais ses affirmations de puissance et de réussite n'auront plus l'effet paralysant qu'elles ont pu avoir sur l'opposition démocrate comme sur le monde entier.
Vendredi, la Cour suprême a fait vaciller le programme économique de Donald Trump et sa stratégie diplomatique en mettant à bas une bonne partie de ses droits de douane.
Le même jour, le ministre du Commerce a fait état d'un ralentissement de l'économie américaine au dernier trimestre 2025.
"Régler le problème"
Tous les sondages font état d'un mécontentement croissant sur le coût de la vie, et d'un rejet montant des méthodes brutales de la politique de l'immigration (ICE).
Sa stratégie jusqu'ici : assurer que tout va pour le mieux. "J'ai gagné contre le coût de la vie", a asséné le dirigeant républicain jeudi soir en Géorgie (sud-est).
"Les gens savent ce qu'ils dépensent", rétorque Todd Belt, professeur de sciences politiques à l'université George Washington. Et les électeurs "deviennent très rancuniers lorsqu'on leur dit quelque chose qu'ils savent être faux", souligne-t-il, ce qui vaut, à l'entendre, pour l'inflation mais aussi pour les expulsions d'immigrés, beaucoup plus larges que les arrestations de dangereux criminels mises en avant par l'exécutif.
Le politologue affirme que c'est bien l'économie qui décidera de l'issue des "midterms" en novembre, qui renouvellent toute la Chambre des représentants et un tiers du Sénat.
Si Donald Trump perd le contrôle du Congrès, il a déjà prévenu que les démocrates lanceraient une procédure de destitution contre lui.
Jusqu'ici, le locataire de la Maison Blanche a avancé en véritable bulldozer, sans se soucier des protestations de l'opposition ni des réticences – discrètes – dans son propre camp.
Des reculades sur de nombreux sujets
Il a pourtant reculé récemment, sur divers sujets.
Donald Trump a retiré de son compte Truth Social une vidéo raciste de Barack et Michelle Obama. Il a aussi mis fin à une opération massive de la police de l'immigration dans la ville de Minneapolis (nord).
Dans le premier cas, fait rarissime, même des sénateurs républicains ont critiqué cette publication – que la Maison Blanche a d'abord assumée avant de l'effacer, l'attribuant à "l'erreur" d'un mystérieux "employé".
Dans le second cas, l'administration Trump a fait marche arrière après des semaines de manifestations, endeuillées par la mort de deux personnes tuées par des agents fédéraux.
Au niveau international, le président américain a abandonné ses menaces d'annexer le Groenland après avoir conclu un compromis aux termes encore flous pendant son passage au Forum de Davos.
La justice, elle, commence à peine à écluser les recours formés contre diverses décisions du président.
Il pourrait essuyer d'autres revers sur l'économie, l'immigration et sur sa vaste entreprise de vengeance ou d'intimidation politique.
Un magistrat a par exemple temporairement bloqué les sanctions décidées par le Pentagone contre un sénateur démocrate, ancien militaire, qui avait provoqué l'ire de Donald Trump en suggérant aux soldats de "refuser les ordres illégaux".
Un autre juge a cité la Bible, "Alors Jésus se mit à pleurer", quand il a ordonné la remise en liberté d'un enfant de 5 ans envoyé avec son père dans un centre de rétention pour migrants.
Avec AFP
