
Le géant agroalimentaire Danone annonce élargir son rappel de laits infantiles à d'autres marchés. © Lou Benoist, AFP/Archives
Nouveau rebondissement dans le scandale du lait infantile contaminé. Le géant de l'agroalimentaire Danone a annoncé vendredi 23 janvier procéder "au retrait, sur certains marchés ciblés, d'un nombre très limité de lots spécifiques de laits infantiles". Une décision prise "afin de se conformer aux dernières recommandations" de certains pays, selon un communiqué du groupe.
Plusieurs lots de lait infantile commercialisés en France comme à l'international, notamment par Nestlé et Lactalis, ont récemment fait l'objet de rappels en raison de la présence potentielle de céréulide, une toxine produite par certaines bactéries.
Danone applique "un principe de précaution maximal, motivé par ces nouvelles recommandations réglementaires", a ajouté une source proche du dossier. Cette dernière a évoqué "l'évolution de recommandations de certaines autorités, en l'occurrence notamment l'Irlande".
De son côté, Danone assure que "les contrôles de routine et les analyses ciblées supplémentaires" "confirment" que ses produits "sont sûrs et pleinement conformes à l'ensemble des réglementations applicables en matière de sécurité alimentaire".

Mercredi, le titre de Danone avait dévissé à la Bourse de Paris, après l'annonce du blocage par l'agence alimentaire de Singapour de quelques palettes de lots de lait Dumex 1er âge. En France, tous les lots de laits infantiles concernés par une possible contamination d'origine bactérienne ont "été retirés" du marché, a assuré vendredi la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.
Deux enquêtes pénales ont été ouvertes à Bordeaux et Angers après les morts récentes de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de "possible contamination" par une substance toxique liée à la bactérie Bacillus Cereus (céréulide), sans "lien de causalité" établi pour l'heure, selon les autorités.
S'adressant aux parents qui donnent du lait en poudre à leurs bébés, la ministre a conseillé vendredi de "vérifier" si leurs boîtes de lait avaient été rappelées sur le site "rappel conso". "Si jamais c'est le cas, il faut la mettre de côté et acheter une autre boîte de lait", a-t-elle déclaré sur BFMTV.
Condoléances de Nestlé
Nestlé avait engagé le 5 janvier un vaste rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal en raison de la présence potentielle de "céréulide" dans ces produits pourtant très contrôlés. Ce composant toxique, produit dans certaines conditions par une famille de bactéries, les Bacillus cereus, peut causer d'importants vomissements dans les heures suivant sa consommation.
Si le lien de causalité avec le décès des deux nourrissons n'est pas établi, le géant suisse de l'agroalimentaire a exprimé vendredi ses "plus sincères condoléances aux familles qui sont en deuil", disant rester "à la disposition des autorités" pour collaborer à l'enquête.

Le fabricant de l'huile riche en acide arachidonique (ARA) à l'origine de la présence potentielle de céréulide est le producteur chinois Cabio Biotech, a-t-on appris de sources proches du dossier. Cette entreprise, fondée en 2004 et dont le siège se trouve à Wuhan, est le principal producteur chinois de ce type d'huiles et fournit de nombreux producteurs de lait infantile locaux ou internationaux (Nestlé et Danone, notamment).
Une toxine qui ne fait pas partie des contrôles classiques
Après Nestlé, le français Lactalis a aussi annoncé mercredi le lancement d'un vaste rappel de lait infantile dans plusieurs pays dont la France.
D'une manière générale, les contrôles de sécurité alimentaire sont particulièrement stricts pour les produits très sensibles comme le lait infantile, selon un point réalisé par l'AFP avec le géant mondial des laboratoires d'analyses, le Français Eurofins.
La recherche des bactéries de la famille des Bacillus cereus, est systématiquement proposée, mais la céréulide, une toxine produite par certaines souches de Bacillus cereus dans certaines conditions, ne fait pas partie des contrôles classiques.
Néanmoins, selon Eurofins, dans le contexte actuel, ce test est en ce moment demandé car l'ensemble des acteurs des produits laitiers en général et des poudres infantiles en particulier se préoccupent de la situation.
Avec AFP
