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Nouveaux heurts à Minneapolis : Donald Trump menace d'invoquer une l'"Insurrection Act"
Le président américain Donald Trump a menacé jeudi d'invoquer l'"Insurrection Act", une loi d'exception lui permettant d'envoyer l'armée à Minneapolis, où de nouveaux heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre, une semaine après la mort d'une femme abattue par la police de l'immigration.
Des policiers fédéraux font face à des manifestants mercredi 14 janvier à Minneapolis © Octavio JONES / AFP

Donald Trump a menacé jeudi 15 janvier d'invoquer une loi d'exception qui lui permettrait de déployer l'armée à Minneapolis, au lendemain de nouveaux heurts entre forces de l'ordre et manifestants faisant suite à un nouvel incident impliquant la police de l'immigration (ICE).

Alors que la ville est sous tension depuis la mort la semaine dernière d'une femme abattue par un agent lors d'une opération, un ressortissant vénézuélien a été blessé mercredi en fin de journée par un nouveau tir policier.

Selon le ministère de la Sécurité intérieure, les faits se sont déroulés au cours d'une altercation, alors que la victime, "en situation irrégulière", tentait de résister à son arrestation par la police fédérale. Le policier a alors "tiré un coup de feu défensif pour protéger sa vie", touchant l'homme à la jambe, selon l'institution.

L'incident a déclenché une manifestation de quelques centaines de personnes qui ont fait face aux forces de l'ordre pendant plusieurs heures. Des mortiers d'artifice ont été tirés sur des agents, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes.

Donald Trump fustige "politiciens corrompus" et "agitateurs professionnels"

Dans un message sur Truth Social, le président américain a réagi jeudi en menaçant d'invoquer l'"Insurrection Act" si "les politiciens corrompus du Minnesota ne respectent pas la loi et ne s'emploient pas à empêcher les agitateurs professionnels et les insurgés d'attaquer" les agents d'ICE.

Donald Trump a plusieurs fois menacé d'utiliser ce texte ces derniers mois, qui lui permettrait de mettre en place une forme d'état d'urgence autorisant le déploiement de l'armée à des fins de maintien de l'ordre.

L'"Insurrection Act" a été invoqué pour la dernière fois en 1992 par le président George Bush père à la demande du gouverneur républicain de Californie, confronté à des émeutes sans précédent à Los Angeles à la suite de l'acquittement des policiers qui avaient passé à tabac Rodney King, un automobiliste noir, l'année précédente.

Nouveaux heurts à Minneapolis : Donald Trump menace d'invoquer une l'"Insurrection Act"
Un manifestant brandit un portrait de Renee Nicole Good, tuée par un policier de l'immigration le 7 janvier à Minneapolis. © Octavio Jones, AFP

Le gouverneur démocrate appelle au calme

Dans l'après-midi de jeudi, la ville a été le théâtre d'un nouveau face-à-face tendu entre policiers et manifestants à proximité d'un bâtiment fédéral, avec quelques bousculades, sans aller jusqu'aux affrontements observés la veille.

Les autorités démocrates du Minnesota accusent le gouvernement de semer le chaos à Minneapolis en multipliant les opérations de contrôle et les arrestations dans une ville encore sous le choc de la mort le 7 janvier de Renee Nicole Good, une Américaine de 37 ans.

Jeudi le gouverneur de l'État, Tim Walz, a demandé au président de "faire baisser la température" et cesser sa "campagne de représailles". Il a aussi appelé les habitants au calme : "Nous ne devons pas alimenter les flammes du chaos. C'est ce qu'il (le président) veut".

Stephen Miller, proche conseiller de Donald Trump, a accusé sur la chaîne conservatrice Fox News les élus démocrates de "délibérément inciter à une insurrection violente" contre les policiers fédéraux.

Nouveaux heurts à Minneapolis : Donald Trump menace d'invoquer une l'"Insurrection Act"
La porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt montre un document lors d'un point de presse le 15 janvier 2026. © Mandel Ngan, AFP

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a elle dénoncé la "rhétorique méprisable" du camp adverse et reproché aux médias d'en être "complices".

Enquête civile ouverte

La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a promis que les opérations d'ICE sur place allaient "se poursuivre". "Les agents que nous avons sur le terrain sont très bien formés et qualifiés, spécifiquement pour les opérations qu’ils mènent", a-t-elle insisté.

Des centaines de policiers ont rejoint l'État en début de semaine, s'ajoutant aux quelque 2 000 qui y étaient déjà déployés.

Les démocrates réclament en outre que les responsabilités soient établies dans la mort de Renee Nicole Good, craignant que l'enquête du FBI ne toit totalement biaisée après que plusieurs responsables du pays, Donald Trump en tête, ont défendu la thèse de la légitime défense.

Mercredi les avocats de la famille de la victime ont annoncé l'ouverture d'une enquête civile dans cette affaire, une première étape pour une éventuelle action ultérieure contre l'État fédéral.

Avec AFP