Sans surprise, la star de la natation américaine Katie Ledecky s'est qualifiée pour la finale du 1 500 m nage libre. Elle aura l'occasion mercredi de décrocher un huitième titre olympique et de rejoindre dans la légende sa compatriote Jenny Thompson.
Comme attendu, la légende américaine Katie Ledecky a nagé complètement seule, mardi 30 juillet, lors des séries du 1 500 m. Elle a survolé la compétition en 15 min 47 sec 43, devant l'Italienne Simona Quadarella (15 min 51 sec 19) et la Française Anastasiia Kirpichnikova, qui s'est adjugé la longueur en 15 min 52 sec 46.
Archifavorite, Katie Ledecky cherchera mercredi soir à décrocher son huitième titre olympique, ce qui lui permettrait d'égaler sa compatriote Jenny Thomson, 12 fois médaillée en natation dont huit fois en or entre 1992 et 2004.
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Accepter Gérer mes choixDans cette chasse aux records, l'Australienne Ariarne Titmus est venue contrarier ses plans quelques jours plus tôt en décrochant samedi l'or sur le 400 m nage libre. Face à la détentrice du record du monde sur la distance, Katie Ledecky a dû se contenter du bronze, derrière la prodige canadienne Summer McIntosh, 17 ans, qui s'est parée d'argent.
En 2021 à Tokyo, Ariarne Titmus avait été, à 20 ans, l'une des révélations des Jeux olympiques en détrônant déjà Katie Ledecky au terme d'une course haletante sur le 400 m nage libre.
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Accepter Gérer mes choixEntrer encore plus dans la légende
Mais avec cinq médailles olympiques dont trois en or, l'Australienne n'a pas encore une armoire aussi remplie que sa grande rivale américaine qui compte pour l'instant 11 médailles olympiques dont sept en or.
Septuple championne olympique, Katie Ledecky pourrait devenir à Paris la sportive la plus couronnée de l'histoire des Jeux. Elle est en effet également engagée sur le 800 m, une autre de ses distances phares. Si elle arrive à remporter ses deux courses, elle pourrait entrer dans les livres d'histoire comme la deuxième femme la plus titrée de l'histoire des JO, au même rang que la gymnaste soviétique Larissa Latynina (neuf médailles d'or).
Malgré cet incroyable palmarès, elle a toujours faim de victoires. "J'ai l'impression de prendre de plus en plus de plaisir chaque année", constatait la reine du demi-fond en juin lors des sélections américaines, à l'aube de ses quatrièmes JO à 27 ans – Jeux qui ne devraient pas être ses derniers.
Révélée à 15 ans, lorsqu'elle remporte le 800 m des JO de Londres en 2012, elle gagne ensuite quatre titres supplémentaires à Rio en 2016 (200 m, 400 m, 800 m, 4x200 m) et surmonte à Tokyo en 2021 sa déception sur 200 m (5e) et 400 m (2e) pour s'imposer sur 800 m et 1 500 m.
Si l'Australienne Ariarne Titmus la devance désormais clairement sur 200 et 400 m, sa suprématie sur longue distance est telle qu'elle détient les 29 meilleurs chronos de l'Histoire sur 800 m et les 19 meilleurs sur 1 500 m.
De sa justesse technique – elle peut nager avec un chocolat au lait posé sur le bonnet sans en renverser une goutte – à la puissance de son crawl légèrement asymétrique, tout ce qui lui donne une longueur d'avance a été maintes fois disséqué.
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Accepter Gérer mes choixUne incroyable ténacité
Mais il reste un mystère, surtout dans une discipline où la monotonie et la solitude de l'entraînement ont plongé plus d'une star dans la dépression, de Phelps au quintuple champion olympique Caeleb Dressel, en passant par le roi du 100 m brasse Adam Peaty. Comment Ledecky a pu traverser plus d'une décennie au plus haut niveau sans donner de signe de lassitude, qu'elle écrase la concurrence – comme en 2016 – ou qu'elle essuie ses premiers revers, entravée dans sa moisson d'or à Tokyo par Titmus ?
"Bien après qu'une autre nageuse aura battu mes records, j'aurai toujours l'avantage d'avoir été élevée dans et par la piscine. J'espère que ma ténacité durera plus longtemps que n'importe quelle gloire athlétique", écrit l'Américaine dans sa biographie, "Just Add Water", parue en juin.
Fille d'une nageuse universitaire, arrivée dans les bassins à six ans pour suivre son frère, Katie Ledecky ne s'est pas d'emblée démarquée par un physique hors normes – à la différence de Phelps – mais plutôt par son implication de tous les instants.
"Katie se lance tête baissée et vous oblige à vous donner à fond. Elle essaie toujours de maximiser ses performances pour ne rien laisser dans le réservoir", racontait en 2021 dans le LA Times True Sweetser, l'un de ses compagnons d'entraînement à l'université de Stanford, plus d'une fois "démoli" par leurs sessions communes.
Une nageuse appréciée dans les bassins
Sa voracité à l'entraînement – dans l'eau comme dans les exercices de musculation – contraste avec une attitude étonnamment paisible en compétition, où elle célèbre sobrement et n'oublie jamais de féliciter ses adversaires.
"Katie veut gagner avec la plus grande marge possible, mais je ne pense pas qu'elle veuille briser l'âme de qui que ce soit, comme le faisait Michael Jordan", expliquait dans le LA Times Matt Barbini, directeur de la performance d'USA Swimming.
"C'est une combinaison remarquable, en particulier pour quelqu'un de dominateur pendant si longtemps – ce qui demande tant d'engagement, tout en étant aussi sympa, polie et agréable."
Avec 21 titres mondiaux – un de plus que la légende Michael Phelps – et onze médailles olympiques dont sept en or, la nageuse du Maryland tient sa place dans la grande histoire de la natation, mais a déjà donné rendez-vous dans quatre ans pour les JO de Los Angeles. Ceux de Paris ne devraient pas sonner l'heure de sa retraite.
Avec AFP