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Flambée de violences à Gaza avec une trentaine de morts en trois jours

Trois jours d'échanges de tirs entre Israël et des groupes armés palestiniens à Gaza ont fait 29 morts dans le territoire palestinien et un en Israël, sans que cette nouvelle escalade ne donne de signe de répit jeudi, malgré des efforts de médiation.

La flambée de violences se poursuit entre Israël et des groupes armés palestiniens à Gaza. En trois jours, les échanges de tirs ont fait 29 morts dans le territoire palestinien et un en Israël, selon un nouveau bilan actualisé jeudi 11 mai. Cette nouvelle escalade ne donne pas de signe de répit malgré des efforts de médiation.

Ces violences meurtrières, les plus importantes entre Gaza et Israël depuis août 2022, ont débuté mardi par des frappes israéliennes sur le territoire palestinien, visant le Jihad islamique – organisation considérée comme "terroriste" par Israël, l'UE et les États-Unis.

Une personne a été tuée jeudi à Rehovot, au sud de Tel-Aviv, et plusieurs blessées après qu'une roquette est tombée sur un immeuble résidentiel, ont annoncé la police et les services de secours.

À Gaza, contrôlé par le mouvement islamiste Hamas, le ministère de la Santé a fait état de 29 morts, dont des enfants, et plus de 80 blessés, depuis mardi. Parmi ces morts figurent cinq commandant militaires du Jihad islamiques visés par Israël, ainsi que des combattants de ce mouvement et du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), autre groupe armé.

Des journalistes de l'AFP ont vu de nombreuses frappes israéliennes sur Gaza et des tirs de roquettes vers le sol israélien au cours de la journée. Dans les localités adjacentes à la bande de Gaza, les sirènes d'alerte retentissent à intervalles réguliers. D'après les derniers chiffres communiqués par l'armée, 547 roquettes ont été lancées depuis Gaza vers le sol israélien depuis le début des tirs mercredi et 175 ont été interceptées par le système de défense anti-aérien.

Jeudi, l'armée israélienne a dit avoir visé 166 cibles à travers la bande de Gaza, dont des sites de lancement de roquettes appartenant à ce groupe armé, et éliminé deux de ses commandants.

L'UE a appelé à un "cessez-le-feu immédiat" par une déclaration jeudi du chef de la diplomatie européenne. "Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat qui mettra fin aux opérations militaires israéliennes à Gaza et aux tirs de roquettes contre Israël, qui sont inacceptables. La législation humanitaire internationale doit être respectée", a ajouté Josep Borrell dans un communiqué.

Israel/Palestine: The grave escalation of violence and the deteriorating security situation in the occupied Palestinian territories and Israel is deeply alarming.

The EU urges an immediate comprehensive ceasefire. #IHL must be respected.https://t.co/bZHw6iCJ6o

— Josep Borrell Fontelles (@JosepBorrellF) May 11, 2023

"Israël bombarde de partout et les tirs de roquettes de la résistance n'ont pas cessé"

À l'hôpital al-Chifa, Suhail al-Masri, 32 ans, est venu voir son fils blessé dans une frappe. "Je ne serais pas sorti de la maison autrement car la situation est très dangereuse", a-t-il dit à l'AFP. "Israël bombarde de partout et les tirs de roquettes de la résistance n'ont pas cessé".

"Les assassinats israéliens ne resteront pas impunis et toutes les options sont sur la table pour la résistance", a affirmé le Jihad islamique, tandis que le Hamas a rappelé jeudi que "la résistance (est) unifiée".

L'Iran, qui soutient le Jihad islamique, a dénoncé les "atrocités des sionistes", promettant "la défaite" au "régime occupant", selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Nasser Kanani.

"Ce (jeudi) matin, nous avons éliminé le responsable des tirs de roquettes du Jihad islamique à Gaza, et il y a une heure, nous avons éliminé son adjoint", a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en référence à Ali Ghali et Ahmed Abou Daqqa, commandants de l'organisation palestinienne. "Je l'ai déjà dit : celui qui nous attaque risque sa vie et celui qui le remplace aussi".

La bande de Gaza, territoire exigu miné par la pauvreté et le chômage où vivent 2,3 millions de Palestiniens sous blocus israélien, a été le théâtre de plusieurs guerres avec Israël depuis 2008.

Médiation de l'Égypte

L'Égypte, médiateur traditionnel entre les belligérants, s'active pour obtenir un cessez-le-feu. Mohammed al-Hindi, responsable du département politique du Jihad islamique, est arrivé jeudi au Caire, a indiqué à l'AFP une source au sein de l'organisation palestinienne, sous couvert d'anonymat. Une délégation égyptienne doit se rendre jeudi soir à Tel-Aviv en vue de négocier une trêve, a rapporté une source égyptienne à l'AFP.

Se disant "préoccupé" par les tirs palestiniens, l'ambassadeur américain en Israël, Tom Nides, a dit "travailler en vue d'une désescalade rapide", d'après un message sur Twitter.

Concerned about the continuing rocket launches today. We stand by Israel’s right to defend itself. Working towards a quick deescalation.

— Ambassador Tom Nides (@USAmbIsrael) May 11, 2023

"Ce n'est pas la première fois que ma maison est touchée (par des roquettes) mais je n'ai pas peur", a dit à l'AFP Miriam Keren, 78 ans, dont la remise a été entièrement détruite et la voiture endommagée à Ashkelon, dans le sud d'Israël.

En août 2022, trois jours d'affrontements entre Israël et le Jihad islamique avaient causé la mort de 49 Palestiniens, dont au moins 19 enfants d'après l'ONU. Plus d'un millier de roquettes avaient été tirées de Gaza vers Israël, faisant trois blessés.

En Cisjordanie occupée, 25 membres du Jihad islamique ont été arrêtés ces derniers jours, a indiqué l'armée. Deux Palestiniens ont par ailleurs succombé à leurs blessures par balles, infligées par les forces israéliennes lors d'opérations dans le nord.

Avec AFP