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À la une de la presse, ce mardi 27 décembre, la présentation attendue, jeudi, du nouveau gouvernement de Benyamin Netanyahu, l’exécutif le plus à droite de l’histoire d’Israël. Les célébrations de Noël autorisées en Arabie saoudite, où des domestiques étrangers sont "à céder", à vendre ou à louer, via une simple application. Et un coup d’œil aux beautés de l’hiver.

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À la une de la presse, la présentation attendue, jeudi, du nouveau gouvernement de Benyamin Netanyahu, l'exécutif le plus à droite de l'histoire d'Israël.

Après sept semaines de négociations, le patron du Likoud, élu avec le soutien des partis juifs ultra-orthodoxes et de l'extrême droite religieuse, est enfin en mesure de présenter son nouveau gouvernement à la Knesset, le Parlement israélien. Un exécutif dont même le très conservateur Jerusalem Post espère voir Benjamin Netanyahu "ternir fermement les rênes", faute de quoi "toutes les lignes de démarcation des valeurs démocratiques (seront) franchies". "Comme tous les autres accords signés par le Premier ministre désigné et ses partenaires, on ignore quel sera leur sort", écrit Haaretz, particulièrement inquiet, néanmoins, de l'attribution du portefeuille de la Sécurité nationale au chef du parti d'extrême droite Force juive, Itamar Ben Gvir - un disciple du rabbin raciste et anti-arabe Meir Kahane. Sa formation a assuré, la semaine dernière, que Benyamin Netanyahu avait accepté sa demande d'adopter une loi pour mettre fin à l'interdiction faite aux individus incitant au racisme de siéger à la Knesset.

Les alliés d'extrême droite de Benyamin Netanyahu réclament aussi, en échange de leur soutien, la révision des lois anti-discrimination. Yediot Ahronot rapporte que deux membres du sionisme religieux ont proposé que des amendements soient votés pour qu'un médecin puisse "refuser un traitement médical qui ne correspond pas à sa foi", comme par exemple un traitement pour la fertilité à une femme célibataire, ou qu'un propriétaire d'hôtel puisse "refuser d'héberger des homosexuels". Des modifications auxquelles Benyamin Netanyahu dit être opposé, au motif qu'elles vont à l'encontre des "lois anti-discriminations" adoptées en 2000, dans le sillage de rapports révélant que de jeunes Israéliens d'origine éthiopienne étaient victimes de discrimination dans des boîtes de nuit, des piscines et des terrains de jeux. L'alliance du sionisme religieux a également annoncé son intention de renforcer la "judaïsation" dans les régions de Galilée et du Néguev, deux régions du nord et du sud d'Israël, qui comptent une importante population arabe. Ce projet alarme le site d'info panarabe Middle East Eye, qui annonce que le parti Force juive devrait également recevoir le ministère du Développement du Néguev et de Galilée, selon l'accord de coalition établi avec le Likoud.

En Arabie saoudite, les célébrations de Noël ont été autorisées, cette année. Un changement présenté par le royaume comme une manifestation de tolérance religieuse. D'après The Financial Times, les restrictions sur Noël "s'assouplissent progressivement depuis quelques années", mais 2022 aurait marqué "un changement radical" dans ce pays, où presque tous les chrétiens sont des expatriés et où traditionnellement tout culte autre que l'islam est interdit. Le quotidien britannique raconte que les clients d'un centre commercial de la capitale, Riyad, ont par exemple eu droit, ce mois-ci, à des lumières festives, et des sapins de Noël, et explique que ces changements s'inscrivent dans le grand plan de réformes "Vision 2030" conduit par Mohammed ben Salmane. Le prince héritier veut réorganiser l'économie pour la rendre moins dépendante du pétrole et "attirer les talents et les entreprises occidentales" "face à la concurrence croissante des Émirats arabes unis", et à leur mode de vie "plus libéral".

L'Arabie saoudite, où il existe des domestiques de toutes nationalités “à céder”, c'est-à-dire à vendre ou à acheter. The Times publie une enquête sur le site "Haraj.sa", le plus grand marché en ligne d'Arabie saoudite, sur lequel des centaines de travailleurs domestiques font l'objet d'un trafic illégal, et vendus aux plus offrants. Le quotidien fait état de "dizaines d'annonces publiées chaque jour par des citoyens saoudiens, annonçant que des travailleurs migrants sont disponibles à l'achat ou à la location, en tant que femmes de chambre, femmes de ménage, nounous ou chauffeurs". D'après The Times, l'application "Haraj" a enregistré l'année dernière, en Arabie saoudite, plus de 2,5 millions de visites, plus qu'Amazon ou AliExpress, et reste disponible via Apple Store et Google Play, malgré les critiques, depuis 2020, de l'ONU, qui l'accuse de faciliter l'esclavage moderne. Le journal rappelle qu'en Arabie saoudite, où vit la troisième plus grande population migrante au monde, des migrants travaillent toujours sous le système dit de la "kafala", un système de parrainage qui met les travailleurs sous la tutelle de leur patron, et que le gouvernement saoudien dit avoir "réformé" dans le cadre, justement, du plan "Vision 2030", notamment en permettant aux travailleurs d'ouvrir des comptes bancaires, de changer d'emploi et de quitter le pays sans autorisation. Mais ces nouvelles libertés ne s'appliquent qu'à celles et ceux qui travaillent dans certains secteurs privés, comme le pétrole ou le gaz et excluent toujours quatre millions d'hommes et de femmes employés comme domestiques, donc, ou dans l'agriculture.

On ne se quitte pas là-dessus. Si cette riante actualité combinée à l'arrivée de l'hiver vous donne un peu le cafard, je vous propose de jeter un cil au Guardian, qui vous suggère, pour mieux combattre votre blues éventuel, d'aller faire un tour dehors, muni d'une loupe, pour mieux scruter les beautés hivernales, comme la Pézize écarlate, un beau champignon au chapeau rouge, ou les perles de rosée translucide sur la mousse verte. Même au cœur de l'hiver, la vie continue, pleine de merveilles.

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