Deux Arabes israéliens identifiés par le renseignement de l'État hébreu comme des agents locaux de l'organisation État islamique ont été éliminés après une attaque à Hadera, dans le nord d'Israël. Deux policiers, dont l'un avait également la nationalité française, sont morts dans cette attaque dimanche soir.
Au moins deux policiers sont morts et plusieurs personnes ont été blessées dans une attaque revendiquée par l'organisation État islamique (OEI) dans la ville israélienne de Hadera (nord) dimanche 27 mars.
Dudu Boani, haut responsable de la police dans cette région, a indiqué que les deux morts étaient deux policiers et que des forces spéciales avaient tué les assaillants, deux Arabes israéliens identifiés par le renseignement israélien comme des agents locaux de l'OEI.
Les funérailles de ces policiers, qui étaient âgés de 19 ans et appartenaient à la police aux frontières israélienne, doivent avoir lieu lundi 28 mars. L'une des deux victimes, Shirel Aboukrat, avait les nationalités française et israélienne, d'après l'ambassade de France à Tel-Aviv.
La police israélienne a annoncé avoir mené des perquisitions dans la ville arabe d'Umm el-Fahm, à une vingtaine de kilomètres de Hadera où a eu lieu l'attaque dimanche soir, en collaboration avec le service de sécurité israélien Shin Beth. "À l'issue des perquisitions, les forces de l'ordre ont arrêté trois habitants soupçonnés d'appartenir à une organisation terroriste. Deux autres suspects ont été arrêtés ailleurs", a indiqué lundi la police dans un communiqué.
Une attaque à l'arme automatique
"Deux membres des forces de police juives ont été tués et plusieurs ont été blessés dans une attaque d'un commando infiltré", a revendiqué l'OEI dans un communiqué diffusé lundi sur un site de propagande, indiquant que deux de ses militants étaient les auteurs de cette fusillade.
Les images des caméras de surveillance de Hadera, ville située entre Tel-Aviv et Haïfa, montrent deux hommes ouvrant le feu à l'arme automatique dans une rue où circulent des voitures, avant de se diriger vers le trottoir.
Or "deux membres des unités de contreterrorisme de la police des frontières qui étaient dans un restaurant tout près du lieu de l'attaque sont sortis et ont neutralisé les assaillants", a indiqué à l'AFP une source sécuritaire israélienne.
Ayman Odeh, chef de file de la "Liste unie", un regroupement de partis politiques arabes israéliens concentrant ses appuis dans le nord du pays, a condamné l'attaque, estimant qu'elle "n'avait rien à voir avec la lutte politique que le public arabe mène pour ses droits".
Dans des communiqués différents, les mouvements islamistes armés palestiniens du Hamas et du Jihad islamique ont salué "l'opération héroïque de Hadera", le Hamas disant quelle avait été "menée en réponse au sommet de normalisation sur notre terre". Car elle intervient alors qu'Israël accueillait dimanche et lundi un sommet réunissant les chefs de la diplomatie des États-Unis, de l'Égypte, des Émirats, du Bahreïn et du Maroc dans une localité du désert du Néguev (sud).
Sommet du Néguev
Cette attaque à Hadera survient quelques jours après une autre survenue dans le sud d'Israël, à Beersheva, qui avait fait quatre morts. L'assaillant de cette attaque au couteau et à la voiture bélier a été identifié par les autorités israéliennes comme étant un enseignant condamné en 2016 à quatre ans de prison pour avoir planifié de se rendre en Syrie afin de combattre au sein de l'OEI.
"Une deuxième attaque par des partisans de l'OEI à l'intérieur d'Israël oblige les forces de sécurité à s'adapter rapidement à la nouvelle menace", a commenté lundi le Premier ministre israélien. "J'invite les citoyens à continuer d'être vigilants. Ensemble, nous pourrons également vaincre cet ennemi".
Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, a tenu dimanche en soirée des consultations avec le chef de la police et de l'armée, tandis que le Premier ministre, Naftali Bennett, qui s'était entretenu plus tôt en journée à Jérusalem avec le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, s'est rendu à Hadera. Il s'y est entretenu avec des responsables locaux, a indiqué son bureau.
Le chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid, a indiqué avoir "informé" les participants au sommet du Néguev. "Tous les ministres des Affaires étrangères ont condamné l'attaque et transmis leurs condoléances aux familles des victimes", a-t-il déclaré dans un communiqué.
Avec AFP