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Le hadj, "une atmosphère parfaite" pour la transmission du virus

Une revue scientifique s'inquiète des risques de propagation de la grippe A durant le pèlerinage à La Mecque, qui aura lieu durant la dernière semaine de novembre. Chaque année, 3 millions de pélerins originaires de 160 pays y participent.

REUTERS - Le déplacement de trois millions de pèlerins, le mois prochain à l’occasion du pèlerinage de La Mecque, risque d’accroître la propagation du virus H1N1 de la grippe A, ont estimé jeudi des experts.

« Aucune région ne peut être considérée comme étant à l’abri », écrivent dans la revue Science des experts américains et arabes, dont le vice-ministre saoudien pour la médecine préventive.

Le pèlerinage, dans la dernière semaine de novembre, réunit tous les risques de propagation du virus.

« La densité de pèlerins, la nature des rituels et le contact côte à côte recommandé lors des prières fournit une atmosphère parfaite pour la transmission », écrivent Shabul Ebrahim, du Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies, et Ziad Memish, du ministère saoudien de la Santé.

Trois millions de pèlerins de plus de 160 pays participent chaque année au pèlerinage de la Mecque, dont deux millions qui viennent de l’étranger.

Certains pays déconseillent le pèlerinagE

Memish et Ebrahim soulignent qu’au retour du pèlerinage, quelque 45.000 pèlerins européens et 15.000 autres venus d’Amérique du Nord transiteront par différents grands aéroports, ce qui augmentera encore le risque de propagation du virus.

Les ministres arabes de la Santé sont convenus en juillet de tenter de dissuader les personnes âgées de plus de 65 ans et de moins de 12 ans de ne pas se rendre à La Mecque pour le pèlerinage, et plusieurs pays musulmans ont conseillé à leurs ressortissants de ne pas y prendre part cette année.

Memish a déclaré que les autorités conseillaient aussi aux femmes enceintes et aux personnes souffrant de diabète ou de problèmes cardiaques, pulmonaires ou rénaux de rester chez elles.

Le terminal de l’aéroport de Djeddah ainsi que les ports maritimes et les aéroports proches seront dotés de détecteurs thermiques pour vérifier la température des pèlerins et du personnel médical supplémentaire sera à pied d’oeuvre.

Mais les auteurs de l’étude estiment que ces mesures pourraient n’être que partiellement efficaces car certains voyageurs contaminé par le virus pourraient ne pas encore présenter à leur arrivée de symptômes de la grippe et d’autres pourraient contracter le virus sans avoir de fièvre.

Ebrahim relève que les autorités saoudiennes ont dégagé des capacités supplémentaires dans les hôpitaux de Djeddah et il exhorte les gouvernements des pays dont sont originaires les pèlerins à déployer les moyens nécessaires pour soigner ceux qui seraient malades à leur retour.