Alors que le gouvernement planche sur le déconfinement attendu le 11 mai, Emmanuel Macron s'est rendu en Bretagne pour saluer "la ferme France". Une filière alimentaire déterminante face à la pandémie de coronavirus, selon lui.
"Merci d'avoir nourri le pays !" Emmanuel Macron s’est rendu, mercredi 22 avril, dans une serre de tomates, puis un supermarché du Finistère, dans l'ouest de la France, afin de rendre hommage à toute la chaîne de "la ferme France", symbole de la "deuxième ligne" de la "guerre" contre le coronavirus.
Le chef de l'État a d'abord arpenté les allées des vastes serres de tomates de l'exploitation des frères Roué, à Cléder. Arrivé sans masque, il a discuté avec les exploitants et des salariés, à bonne distance.
"Merci à la ferme France ! Elle a tenu. On peut en être fier. J'espère que nos concitoyens vont être réconciliés avec ce beau métier qui est celui de nourrir la nation", a-t-il dit en allusion à "l'agri-bashing" visant une partie de la profession ces derniers mois.
"Tout le monde a joué le jeu de manière formidable, avec des patrons et des salariés courageux qui sont allés au travail. Parfois, ils avaient peur mais ils sont venus, pour continuer de nourrir le pays", a-t-il ajouté.
Merci à toutes celles et tous ceux qui nous nourrissent. Cultiver la terre, organiser l'approvisionnement et la distribution au plus près des besoins, c'est cette chaîne de responsabilités et de solidarités qui nous permet de tenir. #FranceUnie pic.twitter.com/worIpDCC1w
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) April 22, 2020"Un formidable sens du devoir"
Emmanuel Macron s'est ensuite rendu dans un Super U de Saint-Pol-de-Léon, saluant caissières et employées dans les rayons clairsemés. "Vous faites preuve d'un formidable sens du devoir", leur a-t-il dit. Le chef d'État a aussi décrit l'après-11 mai comme "une deuxième étape, dont on ne sait pas combien de temps elle va durer, qui sera progressive, concertée, parfois lente, peut-être différenciée selon les secteurs d'activité ou selon les régions plus ou moins impactées".
"Je trouve ça très bien qu'il vienne saluer les caissières. Ce sont des fourmis qu'on ne voit pas", a commenté une employée. Les caissières étaient équipées de visières qu'elles n'avaient reçues que la veille. À la salariée d'un Ehpad lui signalant le manque de masques dans son établissement, Emmanuel Macron a promis : "Ils arrivent".
Une visite qui suscite des critiques
Un peu plus tôt, il avait assuré à des journalistes que la France allait produire "plusieurs millions de masques grand public par semaine, à capacité de filtration très élevée", homologués par l'Afnor. Il a précisé au passage que l'État comptait soutenir la relance d'une usine de masques située à Plaintel, dans les Côtes d'Armor, qui attendait un feu vert.
La venue du chef de l'État a suscité des critiques. Les services municipaux ont effacé quelques tags hostiles près du Super U. Les syndicats CGT et Sud/Solidaires ont critiqué ce déplacement effectué en plein confinement.
Depuis le début de la crise sanitaire, l'exécutif insiste sur le fait que la France est préservée de la pénurie grâce à la richesse de sa production agricole et agroalimentaire, en "deuxième ligne" dans la "guerre" contre le coronavirus. Mais près de la moitié du poulet, des fruits et des légumes consommés en France sont importés, ce qui a relancé le débat sur la souveraineté alimentaire
Le confinement instauré le 23 mars a été prolongé le 16 avril d'au moins trois semaines. Malgré la pression montante, le gouvernement n'envisage pour l'heure aucun assouplissement, contrairement à d'autres pays européens.
Avec AFP