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La Russie et la Chine ont mis leur veto, vendredi, au Conseil de sécurité à un projet de résolution visant à étendre d'un an l'aide humanitaire transfrontalière de l'ONU à 4 millions de Syriens.

C'est le 14e veto de Moscou concernant la Syrie depuis le début du conflit en 2011. Vendredi 20 décembre, la Russie et la Chine ont bloqué  au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution de l'Allemagne, de la Belgique et du Koweït qui visait à étendre d'un an l'aide humanitaire transfrontalière de l'ONU à quatre millions de Syriens. Le Kremlin souhaite réduire drastiquement cette aide alors que les 13 autres membres du Conseil ont voté en faveur du texte.

Les autorités syriennes "ont repris le contrôle sur la majeure partie du territoire" et cette résolution est "obsolète", a déclaré l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia.

"Irresponsable et sinistre"

"Il n'y a pas d'alternative" à cette aide transfrontalière, a au contraire rétorqué l'ambassadrice adjointe de la France, Anne Gueguen, qualifiant le choix de la Russie "d'irresponsable" et de "sinistre". Une position reprise par l'ambassadrice américaine à l'ONU, Kelly Craft, qui a aussi parlé d'irresponsabilité et de cruauté de la part de Moscou.

L'autorisation onusienne sur l'aide transfrontalière expire le 10 janvier et les membres du Conseil de sécurité gardent la possibilité de négocier encore un compromis d'ici cette échéance. En septembre, Moscou avait déjà eu recours à son veto contre un texte réclamant un cessez-le-feu à Idleb (nord-ouest), également défendu par l'Allemagne, la Belgique et le Koweït.

Négociations ardues

Le texte germano-belgo-koweïti demandait la prolongation de l'autorisationt ransfrontalière, en vigueur depuis 2014, pour un an avec trois points de passage, deux à la frontière turque et un à la frontière irakienne. Mercredi, cherchant à atténuer l'opposition russe, les co-auteurs du texte avaient décidé d'abandonner la demande d'un quatrième point de passage à la frontière avec la Jordanie, qui n'est plus guère utilisé depuis 2018.

En début de semaine, la Russie avait sorti dans les négociations un projet de texte concurrent, réclamant une prolongation de l'autorisation pour seulement six mois et réclamant de ne laisser en fonction que les deux points de passage avec la Turquie, en fermant ceux installés aux frontières irakienne et jordanienne.

Principal soutien du régime syrien, Moscou estime que ce dernier a repris depuis un an suffisamment de contrôle dans le pays pour assurer le transfert de l'aide humanitaire internationale à partir de son territoire.

L'aide humanitaire transfrontalière (nourriture, aide médicale...) bénéficie à quelque quatre millions de Syriens mais au total 11 millions de Syriens continuent de bénéficier d'une aide internationale après plus de huit ans de guerre. Selon le département des Affaires humanitaires de l'ONU, elle reste vitale alors que la situation s'est détériorée sur le terrain depuis un an et que la Syrie va entrer dans une période hivernale.

Avec AFP