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À l'ONU, le président Rohani dit "non à des discussions sous pression" avec les États-Unis

À l'Assemblée générale de l'ONU, le président iranien Hassan Rohani a refusé, mercredi, "toute négociation" avec les États-Unis "tant qu'il y aura des sanctions". Il a aussi réclamé à l'Arabie saoudite d'arrêter ses opérations au Yémen.

Le président iranien Hassan Rohani a déclaré mercredi 25 septembre devant l'Assemblée générale de l'ONU que l'Iran ne négocierait pas avec les États-Unis tant qu'ils imposeraient des sanctions contre Téhéran. "Au nom de ma nation, j'aimerais annoncer que notre réponse à toute négociation tant qu'il y aura des sanctions est négative", a-t-il lancé, alors que Washington vient encore de durcir sa pression économique.

"Simulacre de négociations"

"Plutôt qu'un simulacre de négociations, vous pourriez revenir à la réalité des négociations", a-t-il lancé aux Américains, mettant fin à tout suspense sur la possibilité d'un tête-à-tête historique dès cette semaine à l'ONU. Aux Européens qui appelaient à une rencontre entre lui et le président américain Donald Trump, il a répondu : "Les photos souvenir sont la dernière étape d'une négociation, pas la première".

Le président iranien, dont le discours était très attendu après deux jours d'intenses ballets diplomatiques à New York pour faire retomber la tension qui est à son comble entre Téhéran et Washington, a dit ne pas croire à la sincérité de la volonté de dialogue américaine.

"Pour que des pourparlers puissent être engagés, il faut respecter les accords", a-t-il martelé, alors que Donald Trump a claqué la porte en 2018 du pacte international de 2015 sur le nucléaire iranien. Cet accord, censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique "était un minimum pour vous, pour nous", a reconnu Hassan Rohani. "Si vous en souhaitez davantage, vous devez donner davantage."

Or, plutôt qu'alléger les sanctions, comme le réclame Téhéran et comme l'espéraient les Européens, l'hôte de la Maison Blanche a fait l’inverse. Il a promis mardi, à cette même tribune planétaire, de les "durcir" tant "que l'attitude menaçante de l'Iran continuera[it]". Et le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, est passé à l'acte sans attendre, annonçant mercredi des sanctions contre des sociétés chinoises accusées de "transporter sciemment du pétrole depuis l'Iran" en "violation" de l'embargo américain.

Une "coalition de l'espoir" régionale

Dans la suite de son discours, Hassan Rohani a réclamé à l'Arabie saoudite d'arrêter ses opérations militaires au Yémen, alors que l'Iran est accusé par une grande partie de la communauté internationale d'être derrière les attaques menées le 14 septembre contre des installations pétrolières saoudiennes, revendiquées par les rebelles yéménites Houthis. "La sécurité de l'Arabie saoudite sera garantie avec l'arrêt de l'agression au Yémen plutôt qu'en invitant des étrangers" à y intervenir, a déclaré Hassan Rohani.

L'Arabie saoudite est à la tête d'une coalition de pays arabes qui interviennent militairement au Yémen depuis 2015. En soutien du gouvernement yéménite, cette coalition combat les rebelles Houthis, soutenus de leur côté par l'Iran.

Hassan Rohani a proposé aux pays de la région du Golfe, dont l'Arabie saoudite, de créer une "coalition de l'espoir" qui apporterait la sécurité et la coopération à un niveau régional. Cette coalition reposerait sur les principes de non-agression et de non-interférence, avait précisé en début de semaine le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif. "La sécurité de la région sera assurée lorsque les troupes américaines en seront parties", a jugé le président iranien, en soulignant que les États-Unis n'étaient pas un "voisin" au Moyen-Orient.

Le discours d'Hassan Rohani à l'ONU

Avec AFP