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Le président philippin Rodriguo Duterte en visite en Israël, après ses propos sur Hitler

Le président philippin Rodrigo Duterte a entamé dimanche une visite historique en Israël. Il s'était pourtant attiré les foudres de ce pays en dressant un parallèle entre sa campagne contre le trafic de drogue et l'extermination des juifs par Hitler.

Connu pour ses nombreuses polémiques, le président philippin Rodrigo Duterte a débuté dimanche 2   septembre une visite historique en Israël. Ce déplacement de quatre jours est le premier d'un chef d'État philippin depuis l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays il y a 60   ans, alors même que Manille avait auparavant accueilli un millier de juifs fuyant l'Holocauste.

La venue de Rodrigo Duterte sera suivie avec attention en Israël, en raison notamment de la personnalité très forte et du franc-parler du dirigeant populiste qui avait fait scandale en se comparant à Adolf Hitler. Il s'était à l'automne 2016 attiré de nombreuses critiques pour avoir dressé un parallèle entre sa sanglante campagne contre le trafic de drogue et l'extermination des juifs par Adolf Hitler.

"Hitler a massacré trois millions de juifs. Bon, il y a trois millions de drogués (aux Philippines). Je serais heureux de les massacrer", avait-il dit, avançant par ailleurs un chiffre faux sur le nombre de juifs assassinés par les nazis, qui s'élève à six millions. Le président philippin, qui avait présenté ses excuses "auprès du peuple juif", se rendra au cours de sa visite à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem.

Un important client d'Israël

Accompagné d'une importante délégation, il a été accueilli à l'aéroport Ben Gourion près de Tel-Aviv par le ministre israélien des Communications, Ayoub Kara. L'ex-avocat de 73 ans, est parti ensuite à Jérusalem où il participera à une rencontre avec les membres de l'important contingent de Philippins travaillant en Israël.

Le président philippin Rodriguo Duterte en visite en Israël, après ses propos sur Hitler

Rodrigo Duterte doit s'entretenir lundi avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou avant de partir mercredi pour la Jordanie.

"Cette visite revêt une grande importance pour nous, elle symbolise les relations fortes et chaleureuses entre nos deux peuples", a déclaré dans un communiqué le ministère israélien des Affaires étrangères.

L'arrivée au pouvoir en 2016 de Rodrigo Duterte s'était traduite par une dégradation des relations avec les États-Unis alors présidés par Barack Obama, en dépit de l'accord de défense liant les deux Nations. En cause notamment, les critiques dont Washington s'était fendu à l'égard de la sanglante "guerre contre la drogue" lancée par le président philippin, qui avait annoncé en réponse l'annulation d'une commande de 27   000 fusils d'assaut passée auprès des États-Unis.

Israël est l'un des premiers marchands d'armes au monde et 60   % de ses exportations en matière de défense sont à destination de la région Asie-Pacifique, selon des chiffres du ministère israélien de la Défense. Manille est devenu en 2017 un important client d'Israël, achetant notamment pour 21   millions de dollars de systèmes radar et d'équipements antichars. La visite de Rodrigo Duterte pourrait être l'occasion de contrats bien plus importants, au moment où Manille prévoit un programme de plusieurs milliards de dollars de modernisation de ses forces armées.

Avec AFP