
Un iceberg de 5 800 km² et pesant 1 000 milliards de tonnes s'est détaché de l'Antarctique, fragilisant un peu plus l'une des principales barrières de glace de l'Antarctique.
Il mesure 55 fois la taille de Paris intra-muros ou deux fois celle du grand-duché du Luxembourg. Un nouvel iceberg de 5 800 km² et pesant 1 000 milliards de tonnes – l'un des dix plus importants au monde – s'est détaché de l'Antarctique mercredi 12 juillet, ont constaté des scientifiques qui surveillent cette zone.
Cet énorme bloc d'environ 350 mètres de haut faisait auparavant partie de la barrière de glace dite Larsen C, qui permet de retenir la glace posée sur le continent.
Larsen C était fissuré depuis au moins 2014 par une gigantesque crevasse. Elle s'est allongée de manière spectaculaire ces derniers mois, gagnant jusqu'à 18 km durant le seul mois de décembre 2016.
Un bloc ou plusieurs morceaux ?
La formation du nouvel iceberg, qui devrait être appelé A68, n'était plus qu'une question de temps. Début juillet, il n'était ainsi plus relié au continent Antarctique que sur cinq kilomètres.
"Sa progression future est difficile à anticiper. Il peut rester en un seul bloc mais, ce qui est plus probable, se diviser en plusieurs morceaux. Certains pourraient rester dans la zone antarctique pendant des décennies, d'autres pourraient dériver vers des eaux plus chaudes", a expliqué Adrian Luckman, l'un des scientifiques qui surveille cette zone.
L'A68 peut ainsi faire peser un risque au commerce maritime, a jugé l'agence spatiale européenne ESA.
Barrière en danger
Le nouvel iceberg ne va, en revanche, pas entraîner directement de hausse du niveau des mers. Ce bloc de glace flottait déjà sur l'eau et le fait qu'il se soit détaché ne change pas la donne. Ce phénomène a, en revanche, affaiblit la barrière Larsen C. Elle risque de connaître le même sort que Larsen B qui s'est désintégrée en 2002, sept ans après qu'un iceberg similaire se soit détaché.
D'après ce scénario, il n'y aurait plus rien pour empêcher l'eau des glaciers de se déverser dans l'océan, ce qui pourrait faire monter le niveau des eaux de 10 cm. Mais Larsen C peut aussi très bien se reconstituer entièrement dans les années à venir.