
Le nouveau président philippin a confirmé, jeudi, à Pékin, le changement d’alliance de l’archipel d’Asie du Sud-Est. Après une alliance de 70 ans, Rodrigo Duterte a proclamé sa "séparation" des États-Unis pour se rapprocher de la Chine.
C’est un revirement diplomatique qui met un terme à une alliance de 70 ans. Le nouveau président philippin Rodrigo Duterte a concrétisé, jeudi 20 octobre, à Pékin, son revirement diplomatique vers la Chine au détriment des États-Unis. Depuis la fin de la colonisation américaine en 1946, les deux pays étaient restés alliés.
En Chine pour une visite d’État de quatre jours, Rodrigo Duterte a officialisé sa "séparation" avec Washington au cours d’un forum économique.
Rendues glaciales ces dernières années par un épineux différend autour de la souveraineté d'îles en mer de Chine méridionale, les relations des Philippines avec la Chine sont en phase de réchauffement, comme le confirme cette visite.
Rodrigo Duterte a dit vouloir "reporter [ce dossier] à une autre fois" afin de donner la priorité à la coopération économique, déclarant à la télévision chinoise rechercher "l'aide" du grand voisin dans ce domaine.
Campagne anti-criminalité
La position du nouveau président philippin tranche radicalement avec celle de son prédécesseur Benigno Aquino, qui avait obtenu en juillet, d'une cour internationale d'arbitrage, la dénonciation des prétentions chinoises en mer de Chine méridionale – où plusieurs riverains (Vietnam, Brunei, Malaisie, Taïwan) se disputent âprement le contrôle d'îles et d'îlots. Rodrigo Duterte, arrivé au pouvoir peu avant l'arbitrage, n'a montré aucune intention d'y donner suite.
Critiqué par les États-Unis, l'Union européenne et l'ONU pour sa campagne anti-criminalité, qui a déjà fait plus de 3 700 morts selon un décompte officiel, Rodrigo Duterte peut compter sur l'appui de la Chine sur ce dossier.
Mercredi, Rodrigo Duterte avait jugé, dans un discours devant la communauté philippine à Pékin, que son pays, colonie américaine jusqu'en 1946, avait peu bénéficié de son alliance avec l'Amérique.
"Vous êtes restés dans mon pays pour votre propre intérêt. Donc c'est l'heure de se dire au revoir, mon ami", avait-il déclaré dans une adresse à Washington. "Je n'irai plus aux États-Unis. Je ne serais qu'insulté là-bas", avait ajouté Rodrigo Duterte, avant d'à nouveau faire référence au président Barack Obama par le terme de "fils de pute", déjà prononcé en septembre.
Avec AFP