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Feu vert de l'ONU pour l'envoi de Casques bleus au Mali le 1er juillet

Le Conseil de sécurité a voté, mardi soir, l'envoi de 12 600 Casques bleus au Mali à partir du 1er juillet afin de stabiliser le pays et de prendre le relai de la Misma et de l'armée française, dans un contexte électoral qui s'annonce difficile.

Dès lundi prochain, 12 600 Casques bleus seront déployés au Mali afin de prendre le relai de la force panafricaine (Misma) et des soldats français, le Conseil de sécurité de l'ONU ayant donné son feu vert à cette opération mardi 25 juin. Les forces de maintien de la paix s'efforceront de sécuriser les principales villes du Nord et d'encourager la transition politique à Bamako, en aidant à organiser l'élection présidentielle prévue le 28 juillet.

Selon l'ambassadeur britannique à l'ONU Mark Lyall Grant, qui préside le Conseil de sécurité en juin, les 15 membres de l'organe exécutif ont donné mardi leur "accord unanime (..) au déploiement de la Minusma (Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali) à partir du 1er juillet". Cette mission avait été créée par le Conseil le 25 avril pour une période initiale de douze mois mais son déploiement effectif dépendait d'un retour à un certain calme sur le terrain.

Problèmes logistiques

Les membres du Conseil sont cependant conscients de "la fragilité de la situation en termes de sécurité", des problèmes logistiques pour couvrir un territoire désertique deux fois plus grand que la France, et du "défi" que représentera la tenue d'élections dans l'imbroglio politique malien. Plusieurs responsables de l'ONU ont souligné la difficulté de la tâche, le patron des opérations de maintien de la paix Hervé Ladsous parlant de "défis nouveaux et uniques" ainsi que d'un "nouveau chapitre" pour les Casques bleus.

La responsable de la logistique, Ameerah Haq, a rappelé que la fournaise du désert malien était capable de "faire fondre" les parties les plus fragiles des équipements de communication, comme l'a constaté la semaine dernière une équipe de l'ONU à Kidal (nord du Mali) où il faisait 52 degrés.

Appui des forces françaises

Les Casques bleus, a averti Hervé Ladsous, s'exposent à des "menaces asymétriques", c'est-à-dire une guérilla menée par les groupes islamistes ou des attentats. Ils pourront compter en cas de coup dur sur un appui des forces françaises, celles qui resteront sur place pour continuer à mener des opérations antiterroristes ou celles qui sont basées dans la région (Côte d'Ivoire, Tchad).

Le retrait des troupes françaises du Mali connaît actuellement "un palier", a expliqué l'ambassadeur français Gérard Araud : quelque 3 000 hommes sont toujours sur place pour aider à installer la Minusma, mais l'objectif est de descendre à un millier fin 2013. "Un arrangement technique est en cours de finalisation" entre Paris et l'ONU sur les modalités de l'appui français. Mais il aura des limites, a précisé Gérard  Araud : "nous interviendrons si la force (de l'ONU) ne peut pas faire face à un danger particulier (..) mais ce sera à nous de décider avec quelles capacités et avec quel nombre" de soldats.

La Minusma totalement opérationnelle au 31 décembre

La Minusma, qui sera la troisième plus importance force de l'ONU dans le monde,  absorbera "la majorité des forces de la Misma" - actuellement 6 148 hommes venus d'Afrique de l'Ouest et du Tchad - et devrait atteindre sa "capacité opérationnelle complète" - 11 200 soldats et 1 440 policiers, équipés d'hélicoptères de combat et de transport - au 31 décembre, selon Hervé Ladsous.

Entre-temps, il faudra compléter l'effectif en trouvant de nouveaux pays contributeurs. Il y aura une "période de grâce de quatre mois" pour permettre aux unités de se former et de s'équiper, a-t-il indiqué.