Le Premier ministre turc a déclaré que les jours du régime syrien "étaient comptés", après l'attaque d'un groupe de pèlerins turcs dimanche. Lundi, douze personnes ont été tuées à Homs lors de perquisitions menées par les forces de sécurité.
AFP - Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a exhorté mardi le président syrien Bechar al-Assad à quitter le pouvoir afin de "prévenir davantage d'effusion de sang" dans le pays.
"Pour le salut de ton peuple, de ton pays et de la région, quitte désormais le pouvoir", a-t-il déclaré au Parlement devant le groupe parlementaire de son Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste).
M. Erdogan, qui était un ami personnel du chef de l'Etat syrien avant le mouvement de contestation en Syrie réprimée par la force, avait déjà annoncé avoir rompu avec le régime, mais c'est la première fois qu'il demande ouvertement le départ de M. Assad, devenant ainsi le deuxième leader régional à le faire après le roi Abdallah II de Jordanie.
M. Erdogan a aussi de nouveau critiqué M. Assad, qui s'est dit "tout à fait" prêt à combattre et à mourir s'il devait affronter des forces étrangères, comparant son attitude à celle des dictateurs comme Hitler ou Mussolini.
La répartition des minorités religieuses en Syrie
"Combattre jusqu'à la mort contre son propre peuple ne relève pas de l'héroïsme mais de la lâcheté. Si tu veux voir quelqu'un qui a lutté à mort contre sa propre population regarde l'Allemagne nazie, Hitler, Mussolini ou la Roumanie de (Nicolaï) Ceausescu", a ajouté M. Erdogan.
Le chef du gouvernement turc a appelé le président syrien à tirer les leçons du sort subi par l'ex-leader libyen Mouamar Kadhafi, tué en Libye le 20 octobre dans des circonstances encore floues, et de s'adresser à lui: "Pourquoi n'as-tu pas combattu jusqu'à la mort pour le plateau du Golan?", territoire syrien conquis et annexé par Israël.
Lundi M. Erdogan avait affirmé que les jours de M. Assad au pouvoir étaient comptés. "Le jour viendra où tu partiras aussi", a lancé le Premier ministre turc, soulignant qu'on ne pouvait se maintenir au pouvoir "avec des chars et des canons".
Mardi, il a en outre appelé Damas a assurer la sécurité des représentations diplomatiques et des ressortissants turcs dans le pays.
Des autocars transportant des pèlerins turcs revenant de La Mecque, en Arabie saoudite, ont essuyé des tirs qui ont blessé deux personnes dans la nuit de dimanche à lundi en Syrie, et des missions turques ont été attaquées récemment par des manifestants pro-gouvernementaux.
"Il en va de l'honneur d'un pays de protéger les ressortissants étrangers dans son pays", a-t-il lancé, exigeant que les responsables soient traduits devant la justice.