Alors que la mobilisation lycéenne et contre la vie chère continue en France malgré de nouvelles restrictions de rassemblements et des couvre-feux localisés, les manifestations se poursuivent également à travers plusieurs pays d'Europe cette semaine. Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk a condamné mardi "tous les actes de violence" survenus lors de manifestations et s'est dit préoccupé par une réponse parfois "excessive" des forces de l'ordre.
Malgré de nouvelles restrictions à travers le pays, le mouvement lycéen et contre la vie chère en France continue avec une nouvelle mobilisation prévue samedi 24 octobre.
Dans plusieurs pays européens, des manifestations massives menées principalement par des jeunes de la génération dite "Gen Z" se poursuivent également cette semaine, parfois avec des revendications similaires portant sur le coût de la vie ou de l'éducation.
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a condamné mardi 20 octobre "tous les actes de violence" survenus lors de manifestations ces derniers jours en France et d'autres pays européens, et a appelé les parties prenantes à "apaiser les tensions".
"Les manifestations de grande ampleur qui se déroulent en Albanie, en Belgique, en France, en Italie et au Portugal suscitent des préoccupations en matière de droits humains. Je condamne tous les actes de violence et j'appelle toutes les parties concernées à apaiser les tensions et à empêcher toute nouvelle violence", a déclaré Volker Türk dans un communiqué.
"Les gens ont le droit de manifester pacifiquement et de faire entendre leurs voix. Les États doivent faciliter l'exercice de ces droits", a-t-il ajouté, déplorant à la fois les actes de vandalisme et une réponse parfois "excessive" des forces de l'ordre.
En Albanie, la révolution des flamants roses continue
Le Premier ministre albanais Edi Rama a dénoncé mardi une "guerre hybride" qu'il estime à l'origine des violentes manifestations qui secouent Tirana depuis une semaine.
Après plusieurs mois de manifestations, essentiellement non violentes, contre un projet de complexe touristique lié à la famille du président américain Donald Trump, Tirana est secouée depuis mardi dernier par les violences qui ont émaillé les protestations des étudiants.
Ces derniers sont descendus dans la rue pour dénoncer des mauvaises conditions d'études, la corruption, mais aussi pour exiger la démission du socialiste Edi Rama, au pouvoir depuis 2013.
La capitale de ce pays des Balkans est le théâtre d'émeutes depuis une semaine, avec des affrontements quotidiens entre des groupes de manifestants, souvent encagoulés, et les forces de l'ordre.
Les étudiants ont été rejoints mardi en fin de matinée par des professeurs d'université, appelés par leur syndicat à participer à une "marche de solidarité" pour dénoncer "la violence policière" contre les manifestants. Plusieurs centaines de professeurs ont signé une pétition appelant à "la fin des violences contre les étudiants".
En Italie, des lois anti-émeute strictes
Le gouvernement italien a adopté mardi une série de mesures sécuritaires face aux manifestations violentes dans le pays, dont la création d'une nouvelle infraction en la matière, un durcissement des sanctions contre les émeutiers et l'instauration d'une responsabilité financière de parents dont les enfants se livreraient à des pillages et du vandalisme.
Plusieurs villes du nord de l'Italie, dont Milan, cœur financier du pays, ont été secouées au cours du week-end par des troubles. Des bandes composées principalement de jeunes ont brisé des vitrines, pillé des magasins et affronté les forces de l'ordre.
"Il n'y a rien de révolutionnaire dans le vandalisme et le vol", a écrit la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, sur les réseaux sociaux en dévoilant le nouveau décret, entré en vigueur immédiatement. "Le vandalisme et le vol ne sont pas des formes de protestation, ce sont des actes criminels".
Aux termes du décret, toute personne figurant dans un groupe d'au moins cinq personnes et mettant en danger la sécurité publique lors de manifestations encourt jusqu'à cinq ans de prison et une amende pouvant aller jusqu'à 20 000 euros.
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RéessayerDes jeunes âgés de 14 à 17 ans pourront être placés en garde à vue même s'ils n'ont commis aucun délit, à condition qu'il existe des preuves qu’ils représentent un danger – ce qui élargit une prérogative de la police qui ne s'appliquait auparavant qu'aux adultes.
Alors que les autorités craignent de nouveaux troubles lors des manifestations prévues samedi prochain, le gouvernement a annoncé qu'il déploierait jusqu'à la fin de l'année 500 soldats aux côtés de la police à Milan
En Grèce, plus de 10 000 étudiants et enseignants dans la rue
Plus de 10 000 étudiants, élèves, enseignants et fonctionnaires ont manifesté mercredi à Athènes et dans plusieurs villes de Grèce, selon la police et des médias, pour protester contre le coût élevé de la vie, pointant la similarité avec la situation en France.
Environ 5 000 personnes se sont rassemblées en milieu de journée dans la capitale grecque et 3 000 à Thessalonique, la deuxième ville dans le nord du pays, a indiqué un porte-parole de la police à l'AFP.
Un autre rassemblement à Patras (ouest) a réuni plus de 3 000 personnes, selon la chaîne publique ERT.
"Le niveau de l'éducation est très bas (...), les écoles manquent de personnel et les bâtiments scolaires sont vétustes", a déploré Maria, une employée quinquagénaire d'une mairie près d'Athènes, rencontrée par l'AFP dans le cortège qui s'est dirigé vers la place Syntagma, en face du Parlement, à Athènes.
Élèves et enseignants du secondaire protestent contre le manque d'infrastructures, la pénurie de personnel et des bâtiments scolaires en piteux état.
Selon l'union des professeurs du secondaire, Olme, il y a un manque de 15 000 enseignants dans les écoles à travers le pays.
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RéessayerEn Espagne et au Portugal, pour le droit au logement
De nouvelles manifestations ont rassemblé des milliers de personnes mardi soir au Portugal, notamment à Lisbonne et Porto (nord), après le démantèlement à l'aube de campements de militants du droit au logement, une opération qui avait donné lieu à 55 arrestations et fait deux blessés légers dans la capitale.
A Lisbonne, les milliers de manifestants réunis sur la place du Rossio ont approuvé à main levée le retour mercredi d'un campement avec des tentes sur cette place du centre de la capitale.
Les organisateurs avaient soumis au vote des manifestants la poursuite du mouvement.
Inspirés par les campements organisés en Espagne, dont celui de l'emblématique Puerta del Sol à Madrid, certains militants espèrent coordonner leur action à l'échelle de la péninsule ibérique.
Dans la foulée de la vague d'indignation et de manifestations suscitée par l'expulsion, puis le décès quelques jours plus tard, d'une Madrilène de 87 ans, Maricarmen Abascal, le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a proposé notamment l'instauration de baux à durée indéterminée et l'interdiction des expulsions de personnes vulnérables jusqu'en 2030.
Devant l'impossibilité de faire adopter ces mesures par les députés, il a convoqué des législatives anticipées.
Avec AFP et Reuters
