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Image de couverture : Info ou Intox © France 24
A retrouver dans l’émission
Temps de lecture 3 min

Après les violences et pillages survenus le 17 octobre à Marseille, des publications virales affirment que les tous les commerces détenus par des personnes de confession juive ont été ciblés, au contraire de ceux des musulmans. Une autre rumeur attribue l'intrusion dans une synagogue parisienne aux manifestants. En réalité, ces affirmations sont sans fondement, et ont été démenties à la fois par les autorités et les représentants de la communauté juive.

L'emballement a débuté dimanche matin sur le plateau de CNEWS. Le journaliste Paul Amar, ancien chef de la chaîne israélienne I24news, y a affirmé que les casseurs étaient "préparés" et possédaient les adresses des commerçants juifs dans le centre-ville de Marseille. Selon lui, "tous les commerces appartenant à des Juifs ont été incendiés. Les commerces tenus par des musulmans, non."

Ces propos, avancés sans source ni preuve, ont fait le tour du monde et alimenté les récits de comptes proches de l'extrême-droite. Sur X, une utilisatrice a dénoncé un "pogrom", prédisant un nouvel exode des Français de confession juive. Cette publication s'est ajoutée à une vague de messages accusant, sans aucun fondement, les musulmans ou les personnes issues de l'immigration d'avoir orchestré ces destructions.

A Marseille, un pillage sans distinction religieuse

Pourtant, les acteurs locaux et les autorités ont rapidement démonté la thèse du ciblage antisémite. Le Service de Protection de la Communauté Juive (SPCJ) a précisé le 18 octobre que si des commerces appartenant à des juifs ont bien été dégradés, absolument aucun élément ne permet d'identifier un ciblage spécifique. Les responsables de la communauté juive marseillaise ont confirmé notamment au micro de Radio J que les commerces du centre-ville ont été vandalisés au hasard, qu'ils appartiennent à des juifs, des chrétiens ou des musulmans. La préfecture a par la suite corroboré ces faits, affirmant que les établissements ont été pillés "sans distinction religieuse".

Le bilan matériel reste en cours d'évaluation, bien que le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur évoque des centaines de commerces touchés. Du côté des arrestations, le parquet a annoncé 101 interpellations à Marseille (74 majeurs et 27 mineurs). La préfecture a quant à elle avancé le chiffre de 30 000 pilleurs et 8 000 "émeutiers" au plus fort de la journée, des estimations qualifiées de "farfelues" par le maire de Marseille, Benoît Payan.

À Paris, un cambriolage de synagogue instrumentalisé

Une seconde rumeur affirme qu'une synagogue du 19e arrondissement de Paris a été vandalisée et saccagée par les manifestants du 17 octobre. La vidéo virale montre un groupe de personnes découvrant l'intérieur d'un lieu de culte endommagé. L'image a notamment été relayée par le maire de Nice, Éric Ciotti, qui a déclaré que "l’islamo-gauchisme a fait déferler son antisémitisme en France" le 17 octobre.

Si une intrusion a bien eu lieu à la synagogue Ohalei Yaakov, elle n'a aucun lien avec les émeutes. Un membre du comité de la synagogue a confirmé à un média francophone à destination de la communauté juive qu'aucune manifestation ne se déroulait à proximité et que le Shabbat avait été particulièrement calme. 

Ce même responsable privilégie ainsi la tentative de cambriolage, précisant qu'il n'y avait aucune trace d'effraction et que rien n'a été volé ou profané. Le SPCJ a également formellement démenti la présence d'inscriptions antisémites sur place, confirmant que les premiers éléments de l'enquête orientent les forces de l'ordre vers un simple cambriolage.

Par :
Maya YATAGHENE