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Le président sortant du Brésil, Lula, doit présenter mardi un recours devant le Tribunal supérieur électoral pour faire annuler la candidature de son rival conservateur Flavio Bolsonaro, accusant Meta d'"ingérence" dans le scrutin. Il dénonce des restrictions à la circulation de ses contenus sur deux de ses plateformes, Instagram et WhatsApp.

Meta a annoncé mardi avoir mis en place des mesures pour garantir un traitement égalitaire à Lula et Flavio Bolsonaro sur ses plateformes © MAURO PIMENTEL / AFP

L'équipe du président brésilien de gauche Lula va demander, mardi 20 octobre, à la justice d'annuler la candidature de Flavio Bolsonaro, son rival conservateur de la présidentielle, en invoquant une "ingérence" du géant américain de la tech Meta.

Luiz Inacio Lula da Silva, qui aura 81 ans dans quelques jours, et le sénateur Bolsonaro, 45 ans, s'affrontent dimanche au second tour dans le plus grand pays d'Amérique latine.

Au premier tour le 4 octobre, le fils aîné de l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022) a créé la surprise en arrivant en tête avec 47 % des suffrages, contre 45 % pour son rival.

La controverse autour de Meta, qui réfute tout parti pris, est d'importance car les réseaux sociaux se sont révélés un champ de bataille majeur dans l'entre-deux-tours.

Face à une droite qui domine le sujet depuis des années, la gauche a mis les bouchées doubles pour tenter de combler son retard. Et tente d'être à l'offensive à quelques jours du scrutin.

La maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp a été accusée d'"ingérence" dans le scrutin par l'équipe de campagne de Lula, qui a dénoncé des restrictions à la circulation de ses contenus sur ces deux dernières plateformes.

"Défaillances" de modération

Le recours, qui sera présenté au Tribunal supérieur électoral (TSE) pour annuler la candidature du sénateur de droite, est motivé par une "manipulation algorithmique" de la part de la compagnie visant à nuire à Lula, a affirmé, sous couvert d'anonymat, une source au sein de la campagne du candidat de gauche.

Lundi, le TSE avait donné à Meta un délai de 24 heures pour démontrer qu'il avait adopté des mesures afin de garantir l'égalité de traitement des deux candidats, sous peine d'une amende d'environ 200 000 dollars par jour.

La compagnie a assuré mardi sur son site internet avoir "conclu la mise en place des mesures pour satisfaire" à ces exigences.

Le président sortant et candidat à la présidentielle, Luiz Inácio Lula da Silva (c), du Parti des travailleurs (PT), salue des sympathisants lors d'un rassemblement de campagne avant le second tour de l'élection, le 20 octobre 2026 à Porto Alegre, dans l'État du Rio Grande do Sul, au Brésil © SILVIO AVILA / AFP

Meta avait reconnu la semaine dernière des problèmes comme la désactivation par erreur d'annonces de campagne de Lula, mais avait évoqué des "incidents" techniques n'affectant pas seulement le Brésil.

L'état-major de Flavio Bolsonaro a également dénoncé une supposée "offensive de propagande négative menée" par son adversaire "avec l'aval" de Meta.

Mardi, le conseil de surveillance du géant de la tech a déploré des "défaillances récurrentes" dans la modération de Meta sur les contenus en lien avec les élections de mi-mandat aux États-Unis et la présidentielle au Brésil.

Égalité technique 

Le vétéran de gauche a affirmé pendant la campagne que le gouvernement des États-Unis tentait d'interférer dans les élections en faveur de Flavio Bolsonaro, dont le père, Jair Bolsonaro – détenu pour tentative de coup d'Etat – est un allié de Donald Trump.

Sans exprimer son soutien direct, le président américain avait salué après le premier tour la "belle victoire" du fils Bolsonaro.

Vue aérienne des partisans du sénateur Flavio Bolsonaro, candidat du Parti libéral (PL) à la présidentielle, lors d'un rassemblement avant le second tour de l'élection, à Sao Paulo, le 18 octobre 2026 au Brésil © Miguel SCHINCARIOL / AFP

Le scrutin est crucial pour l'Amérique latine, le Brésil étant l'un des derniers bastions de gauche face à la vague de droite encouragée par le chef de la Maison Blanche.

Un sondage de l'institut Datafolha donne au sénateur Bolsonaro 51 % d'intentions de vote, contre 49 % pour le chef de l'État sortant. Soit une égalité technique, compte tenu de la marge d'erreur.

Avec AFP