En moins de 24 heures, des dizaines de personnes ont été tuées dans des frappes de drones au Soudan. Lundi, quatre personnes, dont trois enfants, ont péri près de l'aéroport de Khartoum, la capitale du pays, au lendemain d'une attaque contre une gare routière qui a fait environ 80 morts dans le sud.
La guerre civile au Soudan ne donne pas de signe de répit. Une frappe de drone sur une maison située près de l'aéroport de Khartoum, et attribuée aux paramilitaires selon une source au sein de l'armée, a tué quatre personnes, lundi 19 octobre, dont trois enfants, a annoncé une source médicale.
"Quatre corps sont arrivés à la morgue - trois enfants, âgés de deux à six ans, et un homme - à la suite d'une frappe de drone survenue ce matin contre une maison dans le quartier de Nasser Extension", situé juste à l'est de l'aéroport de la capitale soudanaise, a précisé une source médicale depuis la morgue.
Cette attaque est intervenue moins de 24 heures après la frappe qui s'est produite dans le sud du pays. Environ 80 personnes ont perdu la vie alors qu'elles se trouvaient dans une gare routière et attendaient pour la plupart de rentrer chez elles en camion, selon une source médicale et un témoin.
La frappe, survenue dimanche soir près d'un marché dans la ville d'Al-Dibab, dans la région du Kordofan, a tué "50 personnes que j'ai aidé à enterrer, dont mon propre frère", selon Ahmed Abakar Wadi.
Il a précisé que 47 autres victimes avaient été transférées dans une localité voisine, où 30 d'entre elles ont succombé à leurs blessures, selon une source médicale interrogée par l'AFP.
En outre, une autre frappe de drone dans une ville voisine a fait quatre blessés, a ajouté cette source.
Il s'agit de l'une des frappes les plus meurtrières depuis le début du conflit, en avril 2023, entre l'armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), qui contrôlent l'ensemble de l'État du Kordofan occidental.
La coalition Tasis, bras politique des FSR, a accusé l'armée d'être responsable de cette frappe. Selon Ahmed Abakar Wadi, la frappe a eu lieu en deux temps, à dix minutes d'intervalle, "sur un point de transit où les gens se rassemblent pour rentrer dans leurs villages après la journée de marché".
"Des drones abattus" ce matin
Une source au sein de l'armée a indiqué à l'AFP que les "défenses antiaériennes" militaires avaient "abattu des drones lancés ce matin par la milice", en référence aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) qui visaient l'aéroport de Khartoum et ses environs.
Même si aucun bilan précis du conflit n'est disponible, les travailleurs humanitaires estiment à plus de 200 000 le nombre de personnes tuées dans le pays depuis le début de la guerre, qui a aussi chassé plus de 12 millions de Soudanais de leur foyer. Pour l'ONU, cela constitue la plus grave crise humanitaire au monde.
Avec AFP
