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Rima Hassan comparaît depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Paris pour apologie du terrorisme, après avoir relayé des propos attribués à Kozo Okamoto, impliqué dans l'attentat de 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv. Tandis que les associations parties civiles dénoncent une légitimation du terrorisme, l'avocat de l'eurodéputée LFI dénonce une procédure aux motivations politiques. Le procès doit durer deux jours.

L'eurodéputée franco-palestinienne LFI Rima Hassan, le 3 avril 2026 à Paris © Blanca CRUZ / AFP/Archives

Le procès de l'eurodéputée La France insoumise Rima Hassan s'est ouvert, lundi 19 octobre, à Paris. Elle est poursuivie pour apologie du terrorisme après la publication d'un tweet, depuis supprimé, reprenant une citation attribuée à Kozo Okamoto, auteur de l'attentat meurtrier de 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv.

Entre dénonciation d'une possible légitimation de la violence et accusations de pressions politiques, les débats doivent se poursuivre jusqu'à mardi. 

L'élue Insoumise a déposé son keffieh sur le dossier du banc des prévenus à son arrivée, à 9 h, dans une salle presque comble, face à une dizaine d'avocats de la Licra, de l'Organisation juive européenne ou encore de l'Observatoire juif de France, parties civiles dans ce dossier sensible.

Sur sa page X, Rima Hassan avait publié une citation attribuée à un Japonais combattant de la cause palestinienne, décédé en juillet à Beyrouth: "Kozo Okamoto : J'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir".

"C'est la dangerosité de quelqu'un qui présente un acte de terrorisme (...) comme un acte de résistance ou y apporte une quelconque légitimité", estime auprès de l'AFP, Muriel Ouakine-Melki, la présidente de l'OJE.

Mais pour Vincent Brengarth, l'avocat de Rima Hassan, "on cherche à la faire taire parce qu'elle dérange par ses prises de position, à l'heure où perdure l'impunité qu'elle dénonce concernant les crimes commis à Gaza".

Le conseil de l'eurodéputée franco-palestinienne y voit également des "motivations politiques sous-jacentes".

Initialement prévu en juillet, le procès de Rima Hassan avait été reporté à la demande de la défense, qui avait dénoncé un "déferlement de constitutions de parties civiles" au dernier moment.

Procès "politique"

La figure de la cause palestinienne avait dénoncé un procès "politique", visant "à intimider toutes celles et ceux qui refusent le silence face aux crimes israéliens".

Ses prises de position s'inscrivent dans le contexte de la guerre déclenchée par l'attaque sans précédent menée par le Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, qui a entraîné la mort de 1 221 personnes.

L'offensive lancée en représailles par Israël à Gaza a fait plus de 74 000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire, contrôlé par le Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Régulièrement taxée d'antisémite par ses opposants politiques en raison de ses positions très critiques envers Israël, Rima Hassan est une habituée des clashs sur X, où elle a tweeté un peu plus de 1 200 fois en 2026, selon un décompte de l'AFP.

Le 5 octobre, lors d'une exposition au Parlement européen consacrée à l'attaque du 7 octobre 2023, l'eurodéputée a été accusée d'avoir renversé des drapeaux israélien et européen.

Presque au même moment, la juriste a déposé plainte pour menaces de mort sur les réseaux sociaux contre un homme muni d'une arme, qui l'avait menacée, mais avec lequel elle a par la suite raconté avoir longuement échangé. L'auteur, qui lui a depuis présenté ses excuses et a retiré la vidéo, sera jugé à Cahors le 15 janvier.

Une vingtaine de plaintes visant l'élue ont été classées sans suite, selon le parquet de Paris. Elle-même figure comme victime dans une dizaine de procédures, selon la même source.

Avec AFP