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Le blocage des lycées et d’universités continue mercredi avec "4 % des établissements fermés", selon l'Éducation nationale. À l'approche des vacances, les organisateurs appellent à poursuivre le mouvement, notamment en rejoignant le mouvement des "gilets jaunes" le 17 octobre.

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Image de couverture : L'entrée du lycée Hélène-Boucher à Paris bloquée le 14 octobre 2026 © JULIEN DE ROSA / AFP

"Un moment charnière" : des lycées et universités sont encore bloqués mercredi 14 octobre à trois jours des vacances scolaires, sur lesquelles le gouvernement mise pour faire retomber le mouvement, mais les organisateurs appellent à poursuivre, avec, comme nouveau temps fort, la participation aux actions des "gilets jaunes" prévues samedi.

"Il devrait y avoir un peu moins de 200 lycées fermés" ce mercredi, sur 3 700, "soit près de 4 % des établissements qui sont encore fermés", a indiqué le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray sur BFMTV.

Après une cinquième journée de mobilisation massive mardi, qui a réuni entre 161 500 manifestants (selon l'Intérieur) et 480 000 (selon l'intersyndicale de la jeunesse) dans toute la France, pour réclamer plus de moyens pour l'Éducation nationale et l'Enseignement supérieur, des établissements sont notamment bloqués à Paris, dont les lycées Voltaire, Hélène-Boucher, et la cité scolaire Balzac, a constaté l'AFP.

Devant le lycée Ampère à Lyon, des policiers ont empêché dès 6 h un blocage. "Les CRS contrôlent tout le monde au bout de la rue, ils contrôlent les pancartes et les sacs", a déploré Corentin, élève de terminale. Le lycée Algoud-Laffernas à Valence (Drôme) a lui repris les cours en distanciel, après l'incendie de son portail et des bris de vitres mardi, selon la préfecture.

À Bordeaux, un incendie de poubelles, devant le lycée La Ruche, s’est propagé à la façade et au rez-de-chaussée, a indiqué la police, qui signale aussi, au pôle universitaire Jules Verne d'Amiens, "une soixantaine de personnes" qui ont "forcé l’entrée et se sont barricadés à l’intérieur".

Douze lycées publics sont aussi fermés en Gironde, selon le rectorat.

"Choses concrètes" ?

Des pompiers devant un bâtiment endommagé par les flammes, à la suite d'un feu de poubelles, du lycée privé catholique La Ruche à Bordeaux, le 14 octobre 2026 © ROMAIN PERROCHEAU / AFP

Deux récits s'affrontent cette semaine : le gouvernement dit constater un essoufflement du mouvement, à l'approche des vacances de la Toussaint, démenti par les syndicats lycéens et étudiants qui ne veulent "rien lâcher".

Les représentants des lycéens rencontrent jeudi après-midi, à 17 h 30, les ministres de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur, Edouard Geffray et Philippe Baptiste.

"On va voir s'ils vont nous annoncer, une bonne fois pour toutes, des choses concrètes, parce que jusqu'ici, on n'a eu que des miettes", a jugé mercredi matin sur franceinfo Pierre Sourzat, président de l'organisation Les Lycéens !. "Aujourd'hui est un moment charnière !", a-t-il estimé.

Les manifestants réclament un investissement massif de 10 milliards d'euros.

Edouard Geffray a de nouveau promis mercredi sur BFMTV d'apporter "des réponses" aux lycéens, après avoir reçu déjà plus de 90 000 contributions sur la plateforme de concertation en ligne.

Les lycéens interrogés par l'AFP mercredi matin apparaissaient partagés sur la suite.

À Strasbourg, les cours ont repris dans une partie des établissements comme au lycée Kléber, théâtre d'affrontements ces dernières semaines. "On a obtenu des choses, des profs remplaçants, on n'a pas protesté pour rien", juge auprès de l'AFP Bilel, 15 ans, qui n'ira "pas manifester samedi" car "c'est trop dangereux".

"Il y a encore de la colère, mais globalement on veut que les choses se calment maintenant", a estimé Marie, 17 ans, qui a toutefois "du mal à digérer" la "violence de la police", et "pense aller manifester samedi", même si elle a "un peu peur".

Trente-six enquêtes ont été ouvertes à ce stade par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Mardi, un policier a été mis en examen pour "violences aggravées" et placé sous contrôle judiciaire après qu'un lycéen a été éborgné fin septembre en marge des manifestations lycéennes à Tours.

Avec AFP