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RéessayerÀ la Une de la presse ce mercredi 14 octobre : la poursuite des manifestations lycéennes en France et les questions sur la suite du mouvement ; la mobilisation, plus timide, pour le moment, au Portugal, pour le droit au logement ; l'annonce, en début de semaine, par l'ex-président Joseph Kabila, de la création d'un nouveau mouvement politico-militaire en RD Congo, et les iris de Meis el-Jabal, au Liban.
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À la Une de la presse, la poursuite des manifestations lycéennes en France et les questions sur la suite du mouvement.
À l'approche des vacances scolaires, la mobilisation va-t-elle refluer ? Le Figaro, en tout cas, veut le croire et voit le mouvement "s'essouffler malgré l'activisme d'une minorité militante". La décrue ? Les lycéens et les étudiants, eux, "n'y croient pas", d'après L'Humanité, qui salue le "succès" des manifestations d'hier "avant une possible convergence des luttes, le 17 octobre". "Il ne faut pas que cet élan retombe", espèrent les lycéens cités par Libération. Le journal observe qu'ils étaient "moins nombreux", hier dans les rues, mais prévient le gouvernement qu'il "aurait tort de se réjouir trop vite", "car ces jeunes (qui) ne demandent pas la lune, mais des horaires de cours appropriés, des profs présents, des locaux décents, ont prouvé qu'ils ne se satisferont pas de demi-mesures ou de timides promesses". Mediapart critique, lui, un exécutif qui "ne cède rien" et semble se borner à une lecture binaire : d'un côté, la "réponse démocratique" incarnée par la plateforme Agora, chargée de recueillir les revendications des lycéens, et de l'autre, "une petite minorité ultraviolente, à sanctionner".
La mobilisation des lycéens est toujours suivie avec attention par la presse étrangère. En Allemagne, Der Spiegel évoque également la question de la violence autour des conflits sociaux en France, mais surtout du côté de la police, qu'il accuse d'"alimenter" les conflits par ses méthodes, non seulement dans les manifestations actuelles mais aussi "lors d'autres mouvements de protestation ces dernières années". "Qu'il s'agisse de jeunes des banlieues descendant dans la rue pour exprimer leur colère, de travailleurs manifestant contre la réforme des retraites, de Gilets jaunes ou de militants écologistes, d'innombrables personnes ont été mutilées", critique le magazine, en rappelant "l'exhortation de l'ONU à la France, il y a quelques années, appelant à la retenue dans ses opérations policières". Pour Der Spiegel, les méthodes de la police française sont l'expression d'une "conception archaïque de l'État, en partie responsable de la crise profonde qui secoue le pays". L'Espagnol El Pais, fait état, lui aussi, des "affrontements" entre policiers et manifestants et juge que "Sébastien Lecornu, le Premier ministre, n'a apporté aucune réponse à la colère qui gronde dans les rues, à un peu plus de six mois d'une présidentielle cruciale". Emmanuel Macron, après quasiment une décennie au pouvoir, n'a pas réussi à résoudre les nombreux problèmes de l'économie et du système de protection sociale français", observe The New York Times, en rappelant que le président "avait promis de régler (ces problèmes qui) se sont, depuis, transformés en crise systémique", "lorsqu'il avait été élu en 2017 en tant que réformateur ambitieux".
Au Portugal, des manifestations ont également eu lieu, ces derniers jours, pour le droit au logement. Malgré le démantèlement, lundi, des tentes installées dans le centre de Porto, les partisans du mouvement "Não dá mais para viver assim" ("On ne peut plus vivre comme ça"), ont prévu une nouvelle mobilisation aujourd'hui et appelé "tous les syndicats, partis et mouvements" à se joindre à eux, selon Expresso. En attendant que le mouvement prenne éventuellement de l'ampleur, Publico rapporte la mobilisation pour le droit au logement qui se poursuit en Espagne, alors que le gouvernement portugais annonce, lui, des augmentations de loyers dans le cadre de son programme de logements abordables pouvant aller jusqu'à 50 % dans certaines communes. Pas de quoi calmer la colère grandissante d'une partie de la population, confrontée, comme ailleurs, à l'inflation, qui contraint 63 % des Portugais à différer une partie de leurs projets, selon un sondage du Diario de Noticias. Le journal évoque, notamment, des reports des dépenses de santé et des repas moins nombreux.
En RD Congo, l'ex-président Joseph Kabila a annoncé en début de semaine la création d'un nouveau mouvement politico-militaire. Courrier International, qui recense les réactions de la presse africaine, parle d'un "coup de poker" pour "renverser le pouvoir du chef de l'État actuel, Félix Tshisekedi". Le "Front pour la refondation de la nation", qui réunit la rébellion du M23 et sa branche politique, l'Alliance Fleuve Congo (AFC), est peut-être "un coup de poker" mais pas une surprise, selon Le Djély. Le site d'info guinéen rappelle que Joseph Kabila avait été condamné à mort par contumace en RD Congo et placé sous sanctions américaines en raison de "ses accointances" avec le M23. Le Pays évoque "une guerre" annoncée, tant "le mode de dévolution du pouvoir entre Kabila et Tshisekedi, sentait et puait le deal à plein nez". "Si quelques années plus tard, les deux alliés d'hier sont devenus des adversaires, c'est que l'un des deux, Kabila, s'est senti trahi", explique le journal burkinabé, inquiet du risque de "partition" de la RD Congo et du sort des Congolais. "Joseph Kabila ouvre un nouveau chapitre de son affrontement avec Félix Tshisekedi avec le risque de voir le conflit, jusqu'ici concentré dans l'est de la RD Congo, s'étendre à d'autres régions" : le journal belge Le Soir s'alarme de "la propagation d'un conflit armé qui crée déjà une crise humanitaire sans pareille".
On termine cette revue de presse au Liban, où pousse une fleur extrêmement rare : l'iris de Meis el-Jabal. Avec ses grands pétales blancs tachetés de pourpre, cette fleur qui ne fleurit que cinq jours par an, fait la Une, ce matin, de L'Orient-Le Jour – mais la photo date, puisqu'elle a été prise en mai 2020 à Meis el-Jabal, dans le sud du Liban, à seulement 1,5 km de la frontière israélienne. C'est là qu'une botaniste a observé cette fleur pour la dernière fois. Depuis, le terrain est devenu inaccessible à cause de la guerre, le village a été largement détruit et nul ne sait, désormais, si ces fleurs existent encore. Malgré les destructions, le journal raconte que les chercheurs gardent espoir, car l'iris peut survivre plusieurs mois sous terre grâce à son rhizome souterrain. "Aujourd’hui, espère L'Orient-Le Jour, quelque part sous les ruines de Meis el-Jabal, les iris attendent peut-être encore le printemps pour refleurir".
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