Lycéens et étudiants ont battu le pavé lors d'une nouvelle journée de mobilisation mardi afin de demander davantage de moyens et de meilleures conditions d'apprentissage. Les manifestants sont désormais appelés à rejoindre les manifestations sur le pouvoir d'achat prévues samedi en France.
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RéessayerLa mobilisation lycéenne se poursuit en France. Les lycéens et les étudiants sont descendus mardi 13 octobre dans la rue. Ils étaient 161 500 (selon le ministère de l'Intérieur) et 480 000 (selon l'intersyndicale de la jeunesse) dans toute la France. La précédente journée de mobilisation, mardi dernier, comptait 266 000 à 450 000 personnes.
À Paris, où deux cortèges ont réuni 41 500 personnes selon l'Intérieur, quelques heurts sont survenus entre manifestants et forces de l'ordre, qui ont usé de gaz lacrymogène et canons à eau. Vers 19 h 30, la place proche des Invalides où ont eu lieu ces tensions était quasiment vidée.
Brandissant des pancartes "sans éducation, pas de nation" ou "on veut un parcours sûr, par Parcoursup", un premier cortège est parti dans le calme de la place d'Italie, en présence d'une dizaine de responsables Insoumis, dont Jean-Luc Mélenchon, qui a été acclamé.
Un autre cortège, moins fourni, a défilé entre l'Hôtel de Ville et la place de Port-Royal, émaillé de quelques incidents, dont des voitures brûlées et du mobilier urbain dégradé, a observé l'AFP, avant que les deux manifestations se rejoignent pour converger vers les Invalides.
D'autres manifestations ont eu lieu à Nantes, Lens, Lyon (11 000 personnes, selon la préfecture), Strasbourg, Bordeaux (4 000, selon la préfecture), Marseille (3 800, selon la police) ou encore Besançon (environ 1 100, selon la police).
"On est là parce qu'on a vraiment l'impression de ne pas se faire écouter par le gouvernement", a résumé à Marseille Nina, 17 ans.
À l'origine du mouvement parti mi-septembre d'un lycée de banlieue parisienne, à Créteil, pour s'étendre un peu partout en France, l'Union syndicale lycéenne (USL) demande la suppression de la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur Parcoursup et un plan de 10 milliards d'euros pour les lycées.
Appel à rejoindre la manifestation contre "la vie chère"
"Dans notre lycée, il y a des fuites d'eau, des morceaux de plafond qui tombent dans les classes, pourquoi on devrait accepter ça ?", s'est interrogée Cloé, en première au lycée Charles-de-Gaulle à Caen.
Mardi matin, la militante écologiste suédoise Greta Thunberg est venue soutenir les manifestants devant le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, en banlieue parisienne, un des épicentres du mouvement.
Entre autres villes impactées : Angoulême, Annecy, Mulhouse, Nancy...
"On continue le blocus, on lâche rien", a expliqué Naouel, en première à Brest, avec "bon espoir" que le mouvement se poursuive après les vacances de la Toussaint qui débutent samedi pour deux semaines.
Plusieurs organisations étudiantes et lycéennes doivent être à nouveau reçues jeudi après-midi par les ministres de l’Éducation et de l'Enseignement supérieur.
La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, présente à la manifestation parisienne, a assuré que "tant qu'il n'y a pas de réponse aux revendications, la mobilisation va continuer", avec en vue les multiples rassemblements prévus samedi sur le pouvoir d'achat.
"Nous vous appelons massivement à rejoindre le mouvement des 'gilets jaunes' samedi pour enfin faire vivre cette convergence des luttes", a pour sa part lancé le président de l'Union syndicale lycéenne (USL), Ryad Rani.
À Toulouse, Margot, élève en seconde au lycée Sainte-Marie-de-Nevers, était plus désabusée : "Le 17, ce sera un gros truc qui va clôturer et avec les vacances, on va passer à autre chose".
De son côté, le gouvernement a dit constater une décélération du mouvement.
En milieu de journée, le ministère de l’Éducation a fait état de 94,2 % des lycées "ouverts", avec "214 fermetures d'établissements scolaires, contre "800 mardi" 6 octobre, pic de la mobilisation. Et seuls 4,98 % des enseignants du second degré ont participé au mouvement mardi, selon un bilan en fin de journée.
36 enquêtes ouvertes par l'IGPN
"Aujourd'hui, il y a moins de monde qu'avant", reconnaît Camille Marchand, 19 ans, étudiante à l'IUT de Bobigny, selon qui "les gens ont peur de la police". Mais samedi, "il y aura les lycéens, les étudiants, les 'gilets jaunes' et les gens qui travaillent en semaine", assure-t-elle.
Côté enseignement supérieur, 90 % des quelque 70 universités françaises étaient "bloquées" ou "fermées" ce mardi, selon l'organisation Union étudiante - le ministère a évoqué des perturbations dans un tiers des établissements du supérieur.
Sébastien Lecornu a indiqué que le gouvernement déposerait des amendements au projet de budget pour 2027 reprenant "certaines propositions formulées" sur la plateforme de concertation lancée à l'adresse des lycéens.
Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a assuré mardi matin que le déploiement des 3 000 professeurs remplaçants, annoncé la semaine dernière, avait commencé dans les lycées à la situation la plus critique.
Au total, 36 enquêtes ont été ouvertes par l'IGPN, dont quatre concernent des "blessures mutilantes" et six des "blessures significatives", a indiqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez devant le Sénat. Depuis le début de la contestation, plus de 200 lycéens ont été blessés, "près de 900" policiers et gendarmes, selon le ministre, et 147 personnels de l’Éducation.
Avec AFP
