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Après plusieurs jours de frappes des Houthis sur l'Arabie saoudite, Riyad a prévenu mardi qu'ils cibleraient une compagnie pétrolière yéménite près de Sanaa. En représailles, les Houthis ont menacé d'attaquer à nouveau l'aéroport de Riyad ainsi qu'une raffinerie dans la capitale et le siège de la compagnie pétrolière Aramco à Dammam. Dans ce contexte très tendu, l'ambassade de France déconseille à ses ressortissants de se rendre à Ryad.

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Image de couverture : De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne à Sanaa, au Yémen, le 4 octobre 2026. © Stringer, Reuters

Les menaces se font pressantes entre l'Arabie saoudite et les Houthis. La coalition menée par Ryad a laissé entendre mardi 13 octobre qu'elle allait frapper une compagnie pétrolière yéménite près de Sanaa, émettant pour la première fois un appel à évacuer aux habitants, après des jours de frappes des Houthis sur l'Arabie saoudite.

La coalition "demande aux civils d'évacuer le site de la Compagnie pétrolière yéménite - la station centrale d'al-Sabaha à Sanaa", a écrit son porte-parole Turki Al-Maliki dans un post sur X, accompagné d'une carte indiquant un site en périphérie ouest de la capitale.

Quelques minutes plus tard, les Houthis ont répondu sur le même réseau social : "Toute attaque contre la capitale Sanaa entraînera une riposte sévère et douloureuse sur la capitale de l'ennemi saoudien", ont-ils menacé, avant d'appeler les civils en Arabie saoudite à s'éloigner, eux aussi, des sites pétroliers. Ils ont en outre affirmé qu'ils viseraient à nouveau l'aéroport de Ryad ainsi qu'une raffinerie.

Appel à évacuer 

Les hostilités ont repris en juillet entre les combattants pro-iraniens et les forces gouvernementales yéménites, ainsi que l'Arabie saoudite qui les appuie militairement au Yémen. Les avions de combat saoudiens ont déjà bombardé les zones contrôlées par les Houthis dont la capitale Sanaa ces dernières semaines, mais c'est la première fois que la coalition émet un appel à évacuer.

L'ampleur des attaques houthies sur la pétromonarchie du Golfe a atteint ces derniers jours un niveau sans précédent. Avec notamment plusieurs frappes sur l'aéroport de Ryad, dont une ayant fait 13 morts et des centaines de blessés samedi - l'attaque la plus meurtrière sur le sol saoudien en plus de dix ans.

Mardi, plusieurs drones ont été interceptés au nord de Ryad selon les autorités, et la veille en soirée de fortes explosions y avaient encore retenti.

Elles étaient cette fois précédées - pour la première fois depuis des semaines - d'un message des autorités appelant les habitants à se réfugier "dans un endroit sûr, à l'écart des fenêtres et portes". L'ambassade de France déconseille Ryad

Le royaume est "mis à l'épreuve"

Sur la scène d'un forum économique qui se tenait au même moment, le ministre saoudien des Ressources humaines Ahmad ben Souleïmane al-Rajhi n'avait pas bougé : "On ne sort pas", avait-il dit au public après avoir regardé son téléphone. "On est en sécurité, avec l'aide de Dieu".

Premier exportateur de brut mondial et plus grande économie du Moyen-Orient, Ryad est ébranlé par ces nouvelles attaques d'une ampleur inédite, d'autant que le royaume payait déjà le prix du conflit régional, en particulier le verrouillage par l'Iran du détroit d'Ormuz.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), le pays devrait terminer l'année sur une contraction de 3,3 % de son PIB, 5 points de moins que la précédente prévision, en juillet.

L'estimation ne tient pas compte des dernières attaques, ni de la prise de contrôle par les Houthis du détroit de Bab el-Mandeb et du littoral yéménite sur la mer Rouge, qui risque également de peser sur l'économie saoudienne.

Le royaume est "mis à l'épreuve", a reconnu lundi le ministère saoudien de l'Énergie.

Paris appelle à éviter la zone 

L'ambassade de France à Ryad a déconseillé à ses ressortissants, "sauf raison impérative", de se rendre à Ryad, Jeddah et Dammam, et d'éviter les aéroports de ces villes - celui de la capitale reste pour l'heure fermé.

Les Houthis ont eux à nouveau prévenu mardi que l'espace aérien n'était pas sûr.

Au Yémen, les hostilités se poursuivaient entre les Houthis et les forces gouvernementales.

Malgré les frappes de l'aviation saoudienne, les combattants pro-iraniens ont resserré leur étau sur Taëz, troisième ville du pays, où les combats ont fait plus de 60 morts entre dimanche et lundi, selon des sources militaires des deux camps.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a alerté mardi sur l'urgence d'une "désescalade au Moyen-Orient", avertissant qu'une intensification des hostilités serait "désastreuse" pour des dizaines de millions de personnes.

Avec AFP