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RéessayerÀ la Une de la presse ce mardi 13 octobre : "l'acte V" de la mobilisation des lycéens aujourd'hui en France ; la confirmation, en Espagne, par le Tribunal suprême, de sa décision suspendre le droit de vote de dizaines de milliers de citoyens naturalisés ; les discussions au sein de l'Union européenne sur un texte controversé, l'"Omnibus pesticides" ; la polémique en France autour d'"Octobre rose" et la course folle des physiciens pour mesurer le temps.
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À la Une de la presse : "l'acte V" de la mobilisation, aujourd'hui, en France, des lycéens, auxquels doivent se joindre, notamment, des étudiants et des enseignants.
Le Figaro annonce aussi la participation d'élus de gauche et d'extrême gauche, de collectifs contre les violences policières, des "gilets jaunes" et d'agriculteurs – une possible "convergence des luttes", selon le journal, très remonté contre des lycéens "aux revendications souvent absurdes et confuses", accusés d'avoir "rangé l'autorité au musée". "Depuis 10 ans, les jeunes sont traités comme des chiens", réplique Sophie Binet, dans Libération. La secrétaire générale de la CGT salue, elle, la "lucidité" des lycéens et dénonce les "coups de rabot sociaux" contenus, selon elle, dans le projet de loi de finances qui arrive à l'Assemblée nationale. Un budget aux allures de "mission impossible" pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, selon la dessinatrice Coco, toujours dans Libération. Alors que les discussions budgétaires s'annoncent tendues, l'ONG Oxfam annonce le dépôt d'un recours contre l'État devant la justice "pour son manquement à prélever un impôt de façon juste et égalitaire, alors qu'il est exigé par la Constitution" – une rupture du principe d'égalité attribué par L'Humanité "à la volonté de réduire la participation des plus riches et des grandes entreprises au financement de la nation".
Toujours dans le domaine de la justice : en Espagne, le Tribunal suprême a confirmé, hier, la suspension du droit de vote pour des dizaines de milliers de citoyens naturalisés. L'Humanité évoque une décision "particulièrement politique" à six semaines des législatives anticipées, qui concerne des électeurs vivant hors d'Espagne et ayant obtenu la nationalité par une loi de 2022, appelée "loi des petits-enfants" en faveur des descendants d'exilés de la guerre civile et de la dictature de Franco. La presse espagnole, dont El Pais, parle de 163 000 personnes concernées qui ont maintenant 5 jours pour prouver qu'elles sont bien les descendantes d'Espagnols partis en exil "pour des raisons politiques ou idéologiques ou pour des raisons de croyances ou d'orientation sexuelle". Le journal fait état de la colère des descendants d'Espagnols en Argentine, qui considèrent que cette décision relève d'un "mépris flagrant", d'autant qu'elle a été rendue publique le jour-même de la fête nationale. Satisfaction, en revanche, d'El Mundo, qui estime que la "loi des petits-enfants" constitue "une anomalie", "une faille qui aurait compromis l'intégrité du processus électoral". Le journal applaudit une décision qui "déjoue le piège", tendu, selon lui, par Pedro Sánchez, accusé de vouloir ajouter in extremis aux listes électorales de nouveaux électeurs supposés de gauche.
On reste en Europe avec les discussions, au Parlement européen, sur un texte controversé : l'"Omnibus pesticides" – qui prévoit notamment des "périodes d'approbation illimitées" pour certains d'entre eux. Libération fait état de la mobilisation croissante de médecins français contre ce texte, "au nom de la protection de la santé publique" – une préoccupation qui s'est déjà manifestée, en France lors de la loi Duplomb –, "l'Omnibus pesticides" étant d'ailleurs qualifié par ses détracteurs de "loi Duplomb puissance 10". Le journal cite le professeur d'hématologie Pierre Sujobert, spécialiste des cancers du sang, qui martèle que "les pollutions environnementales, dont les pesticides, jouent un rôle" dans l'apparition de certains cancers. Mediapart observe que lorsqu'il a présenté le texte, en janvier dernier, le commissaire à la santé hongrois Olivér Varhelyi, qui a été nommé par l'ancien Premier ministre hongrois Viktor Orban, "n'a pas prononcé le mot 'santé' une seule fois". Un silence que l'ONG Corporate Europe Observatory attribue au travail de lobbying des fabricants de pesticides et des syndicats agricoles productivistes européens, notamment de la très puissante FNSEA française, auprès de la Commission européenne.
Toujours à la rubrique santé, la polémique, en France, autour d'"Octobre rose", la campagne de sensibilisation au cancer du sein. Le Huffington Post, qui revient sur la "vidéo clivante" publiée ce week-end par la députée LFI Mathilde Panot, qui a dit refuser de porter le ruban rose associé à cette campagne, indique qu'elle a "braqué les projecteurs sur certaines critiques de fond", notamment de militantes atteintes du cancer du sein, qui estiment que cette campagne "occulte complètement" les causes de la maladie, en particulier, là encore, l'utilisation de pesticides dans l'agriculture. Une critique relayée, également, par la médecin et doctorante en philosophie Amélie Cadier-Loriaud, qui critique, dans Le Monde, la façon dont "le néolibéralisme influence notre perception de ce qu'est la santé en la réduisant à un capital individuel, rendant ainsi les individus seuls responsables de leur destin sanitaire", y compris pour ce qui touche le cancer du sein.
Un mot, pour terminer, de l'excellente enquête du Monde sur "la folle course des physiciens pour mesurer le temps". Le journal raconte comment les scientifiques sont parvenus, progressivement, à mesurer le temps avec une précision toujours plus grande, grâce à des horloges de plus en plus perfectionnées, au point d'atteindre aujourd'hui une précision "époustouflante, équivalente au milliardième de milliardième de seconde", soit 18 chiffres après la virgule. Les conséquences pratiques de ces progrès sont innombrables, mais l'un des problèmes qui se pose est que ces équipements complexes restent difficiles à utiliser. Néanmoins, leurs performances sont telles qu'un nouveau changement de définition de la seconde est envisagé et que les chercheurs envisagent de modifier officiellement la définition de la seconde vers 2030 – autrement dit, dans une poignée de minutes.
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