Les Lillois s’apprêtent à défier l’un des poids lourds de la Ligue des champions. Ils feront face à Arsenal mardi, finaliste sortant et référence de la Premier League. Mais entre l’envergure de l’adversaire et un projet de jeu encore en rodage, le LOSC semble loin d’avoir les armes pour créer l’exploit.
Après avoir été battus lors de la première journée de Ligue des champions par le Betis Séville (3-2), les Lillois sont en quête de rebond. Mais la tâche s'annonce rude pour le LOSC, qui se déplace sur la pelouse du champion d'Angleterre, Arsenal, mardi 13 octobre. Finalistes de la dernière édition, les Gunners s'étaient imposés à Naples début septembre, mais courent après City en championnat.
C'est le moment de montrer du cœur, des crocs et une performance complète, du coup d'envoi jusqu'au coup de sifflet final, pour les Dogues de Davide Ancelotti, sur une ligne de crête depuis le début de saison. L'actuel dauphin de Monaco oscille entre robustesse défensive et difficulté à développer du jeu, un double visage apparu en grand samedi face au Havre (1-0). Contre la lanterne rouge réduite à dix, Lille s'est procuré cinq frappes, dont une cadrée, celle du but de Dilane Bakwa à la 5ᵉ minute.
"Je suis encore dans une phase où je cherche à connaître mes joueurs. Je pense que dans le jeu offensif on n'a pas encore trouvé tous les automatismes", a reconnu le nouvel entraîneur Davide Ancelotti, "pas content du niveau de l'équipe avec le ballon".
Sortir un gros match
Il y a pourtant urgence après la défaite inaugurale contre le Betis Séville, à domicile, et au moment d'entrer dans l'arène de l'Emirates, une citadelle quasi-imprenable les deux dernières saisons en Ligue des champions. Les Gunners n'y ont perdu qu'une fois, en avril 2025 contre le PSG, en quatorze apparitions (11 victoires, 2 nuls).
Lille, à l'inverse, a perdu ses huit derniers matches européens en Angleterre, ce qui donne la mesure de sa tâche à venir, et la portée de l'exploit qu'il accomplirait en cas de victoire. Pour y croire, il faudra convoquer les fulgurances du passé, comme ce triomphe de décembre 2006 à San Siro contre l'AC Milan (2-0), futur vainqueur de la compétition, ou des souvenirs plus frais : le succès majuscule à la maison contre le Real Madrid (1-0) et celui chez l'Atlético (3-1) en octobre 2024, il y a deux ans.
Cette saison, le LOSC a aussi su hausser le niveau face aux cadors, au moins une fois. Fin août, le capitaine Benjamin André et ses coéquipiers ont ainsi mené la vie dure au PSG, avant que les doubles champions d'Europe ne mettent deux buts dans le temps additionnel (2-2). Contre Arsenal, la moindre faute d'inattention ou le moindre relâchement risque de coûter cher.
Les Gunners ont gagné huit de leurs neuf matches cette saison, en dépit d'une adversité souvent relevée (Manchester City, Aston Villa, Chelsea, Naples, entre autres). Leur seul trou d'air a été brutal : une défaite 3-0 à Brighton avant la trêve, mais la reprise a été plutôt rassurante, samedi contre Leeds (2-1), même si les visiteurs ont ouvert la marque. "Quel que soit le score, ils se battent toujours", a applaudi James Justin, le buteur des Whites. "C'est grâce à la mentalité que Mikel (Arteta) a instaurée ici, même les jours difficiles, ils trouvent un moyen de gagner", a embrayé son entraîneur, Daniel Farke.
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Accepter Gérer mes choixLe club au canon dispose surtout d'une profondeur de banc sans équivalent. Samedi, les entrants s'appelaient notamment Viktor Gyökeres, Bruno Guimaraes et Mikel Merino. Les munitions sont bien plus rares du côté de Lille, surtout après l'inquiétante blessure subie ce week-end par le latéral droit Tiago Santos au genou. À gauche, il y a également une incertitude concernant Romain Perraud, remplacé en seconde période.
Le retour de Giroud à l'Emirates
Devant, Ancelotti devrait faire confiance à l'avant-centre Ayase Ueda pour tenter de dynamiter une défense d'Arsenal considérée comme une référence en Europe, même en l'absence de William Saliba, blessé de longue durée. Arrivé dans les derniers jours du mercato, l'international japonais a flambé depuis son arrivée à Lille (3 buts en 5 matches) et est une des rares satisfactions offensives. Il semble avoir une longueur d'avance sur Olivier Giroud, même si le vétéran de 40 ans, ancienne figure d'Arsenal (2012-2018), connaît l'Emirates comme sa poche.
"Chaque fois que je retourne à Arsenal, c'est un réel plaisir et je suis trop content de pouvoir y retourner avec Lille pour ma dernière année", a confié l'avant-centre français dans une vidéo publiée par le LOSC à la veille du match. "L'Emirates, c'est un régal de jouer sur ce terrain. La pelouse est magnifique. Le stade est superbe."
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Accepter Gérer mes choixRecruté à l'été 2012, le tout-frais champion de France avec Montpellier a disputé 253 de ses plus de 800 matches professionnels avec Arsenal, à la fin de l'ère Arsène Wenger. En cinq saisons et demie à Arsenal, le Bleu aux 137 sélections a inscrit 105 buts et remporté trois Coupes d'Angleterre, mais jamais la Premier League. Celle-ci lui a échappé lors de la saison 2015-2016, au profit de la surprise Leicester, malgré ses 16 buts inscrits en championnat.
Après l'Euro-2016, Giroud a connu 18 derniers mois plus difficiles, ses statistiques comme son temps de jeu fondant à vue d'œil. Mais le buteur a définitivement marqué les esprits des "Gooners" – surnom des supporters d'Arsenal – d'un geste fantastique en janvier 2017 : un coup du scorpion face à Crystal Palace, désigné prix Puskas du plus beau but de l'année.
En quête de temps de jeu à six mois d'un Mondial-2018 qui le fera roi, Giroud a rejoint les Blues dans les dernières heures du mercato d'hiver. À Chelsea (2018-2021), puis à l'AC Milan (2021-2024), le buteur a étoffé son palmarès avec une Ligue des champions, une Europa League et un Scudetto. Après une pige à Los Angeles, Giroud a fait son retour en France, à Lille, où il a inscrit 11 buts la saison dernière avant de prolonger l'aventure pour une année supplémentaire.
Titulaire en début de saison, il a perdu sa place au profit d'Ayase Ueda. Mais s'il a contribué à la bonne intégration du Japonais, le Français ne veut pas se contenter d'un rôle de remplaçant pour ce qui est très probablement sa dernière saison, même s'il devrait être sur le banc mardi.
Il retrouvera face à lui l'entraîneur des Gunners, Mikel Arteta, avec qui il a joué sous les couleurs d'Arsenal. "Il a pris les rênes du club quelques années après et il fait un travail remarquable. Il est arrivé au top : une finale de Ligue des champions et une Premier League. Ce sera très dur mardi", a concédé l'attaquant français.
Avec AFP
