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La justice indienne a ordonné dimanche la remise en liberté des chefs du mouvement des "cafards", arrêtés la veille en amont d'une manifestation largement réprimée contre la révision des listes électorales. Les organisateurs de cette manifestation ont appelé à poursuivre la contestation dans la rue.

Le fondateur du parti du peuple des cafards Abhijeet Dipke s'adresse à ses partisans lors d'une manifestation organisée à Mumbai, le 2 octobre 2026. © Indranil Mukherjee, AFP

Au lendemain de l'arrestation des chefs du mouvement des "cafards", la justice indienne a ordonné dimanche 11 octobre leur remise en liberté. Les organisateurs d'une manifestation largement réprimée contre la révision des listes électorales ont, eux, appelé à poursuivre la contestation dans la rue.

"Le tribunal a ordonné la libération d'Abhijeet (Dipke), Saurav (Das) et Ashutosh (Ranka)", a annoncé leur avocate, Ratna Singh, sur les réseaux sociaux, "à la condition qu'ils ne troublent pas l'ordre public pendant un an".

Les trois hommes, qui avaient été arrêtés à leur descente d'avion à l'aéroport de New Delhi  en provenance de Bombay , ont quitté en voiture le commissariat de la capitale où ils étaient retenus sans faire de déclaration.

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"Les cafards ne meurent jamais !", s'est aussitôt réjoui sur X le Cockroach Janta Party (CJP, parti du peuple des cafards).

La police indienne a procédé samedi à des milliers d'arrestations, selon la presse locale, pour empêcher la tenue du rassemblement, non autorisé, auquel les "cafards" et l'opposition avaient appelé pour exiger la démission du président de la commission électorale, Gyanesh Kumar.

L'opposition indienne dénonce la "dictature" de Narendra Modi

Des journalistes de l'AFP ont assisté tout au long de la journée à de nombreuses interpellations de manifestants qui tentaient de rallier le centre de Delhi, forcés de monter dans des bus affrétés par les forces de l'ordre. La police n'a pas publié de décompte des arrestations.

Depuis plusieurs semaines, l'opposition et les "cafards", un mouvement de jeunes né en ligne au printemps dernier, mènent la fronde contre une révision des listes électorales qui a permis la radiation de 130 millions d'inscrits, selon le décompte des médias.

Entamé l'an dernier, ce nettoyage visait à en retirer les doublons, défunts et fraudeurs. Mais ses détracteurs l'accusent d'écarter en priorité les minorités, notamment les musulmans, et les populations les plus vulnérables au profit du Bharatiya Janata Party (BJP) du Premier ministre ultra-nationaliste hindou, Narendra Modi.

La commission électorale et son président, Gyanesh Kumar, ont démenti toute irrégularité dans la procédure.

La vague d'arrestations opérée par les autorités indiennes samedi a suscité de vives critiques en Inde, où l'opposition a dénoncé la "dictature" de Narendra Modi.

À Genève, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a réclamé la libération "immédiate" et inconditionnelle de toutes les personnes "détenues arbitrairement" à New Delhi.

"La colère de la Gen Z et des étudiants"

Dès samedi, le CJP et le chef de l'opposition Rahul Gandhi ont promis de poursuivre la mobilisation.

"Lundi 12 octobre, le Congrès, toute la coalition India et les jeunes du pays descendront à nouveau en masse dans les rues", a promis le parlementaire du parti du Congrès. "Plus Mogambo (un personnage de dictateur excentrique du cinéma indien) Modi et son gouvernement réprimeront, plus la colère de la Gen Z et des étudiants grandira", a poursuivi Rahul Gandhi sur les réseaux sociaux.

Un responsable des "cafards", Ajinkya Shinde, a pour sa part appelé ses partisans à se rassembler "pacifiquement" dans l'après-midi dans la mégapole de Bombay. "Le gouvernement a fait une grosse erreur en arrêtant nos dirigeants et en réprimant la démocratie", a-t-il averti sur X.

Le centre de la New Delhi était toujours quadrillé dimanche par d'importants effectifs de police, notamment autour du site de Jantar Mantar, le point de ralliement de la manifestation organisée samedi. 

C'est en occupant ce site emblématique de la contestation dans la capitale que les "cafards" avaient obtenu en juillet la démission du ministre de l'Éducation, jugé responsable des fraudes récurrentes aux examens universitaires. Cette crise a été largement considérée comme une défaite pour Narendra Modi, contraint de céder pour la première fois à la rue depuis son arrivée au pouvoir en 2014.

Avec AFP