Selon une source de l’exécutif citée vendredi, la mobilisation des lycéens connaît une "nette décélération" et se concentre désormais dans quelques territoires, tandis que 141 lycées étaient encore fermés aujourd'hui, principalement en région parisienne, dans le Nord et le Grand Ouest.
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RéessayerAu lendemain de la promesse du ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, de déployer en urgence 3 000 professeurs remplaçants, le mouvement lycéen est en "nette décélération", s'est félicité le gouvernement vendredi 9 octobre, même si quelque 150 établissements sont restés fermés.
D'après le ministère de l’Éducation, "plus de 96 % des lycées" étaient ouverts vendredi matin, avec 141 établissements fermés sur 3 700, contre 157 la veille à la mi-journée. Les lycées fermés sont situés essentiellement dans la région parisienne, dans le nord et l'ouest du pays, et près de Lyon, selon une source au sein de l'exécutif.
"On a une nette décélération" et "on [la] sent depuis plusieurs jours" avec désormais une "dynamique très localisée" du fait "soit d'une politisation locale, soit d'un vrai problème local", a précisé cette source.
Les dégâts occasionnés en marge des manifestations ou des blocages ont coûté "a minima 30 millions d'euros", a-t-elle ajouté.
Édouard Geffray s'est rendu dans un lycée à Cachan, en région parisienne, pour détailler son annonce, faite jeudi sur TF1, du déploiement de 3 000 professeurs remplaçants dans les établissements où la situation est la plus critique.
Ces professeurs remplaçants, qui connaîtront progressivement leur affectation d'ici le début de semaine prochaine, seront "essentiellement des TZR", des professeurs titulaires sur zone de remplacement, selon le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste sur Franceinfo, réfutant tout "bricolage".
"On va rebloquer mardi"
Des lycéens croisés vendredi matin par l'AFP près de leur établissement se disent quant à eux toujours mobilisés.
"On garde des forces pour la semaine prochaine. On va rebloquer mardi. Là, on fait une pause", explique un élève de première, rencontré devant le lycée Raymond-Naves à Toulouse.
À Lunel, dans l'Hérault, un départ de feu près du lycée Louis-Feuillade a provoqué l'évacuation de l'établissement, a indiqué le rectorat à l'AFP, confirmant une information de Midi Libre.
Après d'autres grandes écoles, comme l'ENS Ulm ou l'ENS Saclay, l’École nationale des chartes était bloquée pour la première fois vendredi par des poubelles entassées par une dizaine d’étudiants et élèves fonctionnaires, a constaté l'AFP.
Après une nouvelle journée de mobilisation nationale qui a réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes, moins que mardi, l'intersyndicale étudiante et professionnelle a donné rendez-vous pour des manifestations et la grève mardi prochain.
Vendredi matin sur Franceinfo, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon a jugé la "première réponse" du gouvernement sur les professeurs remplaçants "largement en deçà de ce qui est attendu".
Les lycéens mobilisés revendiquent plus de moyens, se plaignent de la pression de Parcoursup, de professeurs non remplacés, de bâtiments délabrés ou encore d'emplois du temps trop chargés.
La responsable de la CFDT a jugé "inédites" les plus de "6 000 interpellations de jeunes" et la vingtaine d'enquêtes de la "police des polices" ouvertes. "Ça doit interroger le ministre de l'Intérieur et le Premier ministre" sur "la façon dont ces consignes sont passées, dont elles sont respectées", a indiqué Marylise Léon.
Plus de 6 800 personnes, dont 86 % de mineurs, ont été mises en garde à vue depuis le début du mouvement et 21 écrouées, selon la Chancellerie.
Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a dit suivre avec "inquiétude" les "incidents" liés aux manifestations.
"Quelques miettes"
Édouard Geffray, comme Sébastien Lecornu, a assuré que la parole des lycéens, recueillie sur une plateforme de concertation ouverte cette semaine, serait entendue, via notamment des amendements au projet de budget déposés par le gouvernement.
Selon une première synthèse de plus de 60 000 contributions sur cette plateforme évoquée par Le Monde et Le Parisien, la question de l'organisation du temps scolaire, mentionnée dans 70 % des contributions, arrive loin devant les revendications concernant Parcoursup ou les remplacements de professeurs.
Jeudi, Louis Letoublon, de l'organisation Lycéens !, avait jugé "satisfaisantes" les annonces du gouvernement sur "la démocratie scolaire". "Sur le reste, elles ne le sont absolument pas."
"On nous annonce quelques miettes et sur Parcoursup on nous dit plus de transparence", a déploré Marius Mesnil, le représentant de l'Union syndicale lycéenne qui souhaite la "suppression" de la plateforme.
Les ministres recevront de nouveau les organisations lundi pour travailler sur la transparence de Parcoursup et les capacités d'accueil dans l'enseignement supérieur.
Avec AFP
