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Image de couverture : En Inde, 15 à 16 femmes meurent chaque jour à cause de violences et de harcèlement liés à la dot. © France 24
A retrouver dans l’émission
Temps de lecture 2 min

En Inde, près de 16 femmes meurent chaque jour à cause de violences et de harcèlement liés à la dot, pourtant interdite depuis près de sept décennies. La dot, qui consiste à transférer des biens de la famille de la mariée à la famille du marié en échange du mariage, s’inscrit dans une société marquée par de fortes inégalités entre les sexes, où la naissance d’une fille est encore souvent perçue comme un désavantage.

C'est une pratique interdite depuis 1961. Pourtant, elle reste profondément ancrée dans de nombreux milieux sociaux et économiques en Inde. La dot, qui consiste à transférer de l’argent, des biens de la famille de la mariée à la famille du marié en échange du mariage, tue chaque jour seize femmes en Inde. En 2024, le pays a enregistré 5 737 décès liés à la dot.

Cette pratique s’inscrit dans une société marquée par de fortes inégalités entre les sexes, où la naissance d’une fille est encore souvent perçue comme un désavantage. Ce pays le plus peuplé au monde est depuis longtemps confronté à de profondes inégalités de genre, en partie à cause de cette pratique de la dot, les filles étant considérées comme un fardeau pour leur famille.

Pour éviter les avortements sélectifs, une loi interdit de déterminer le sexe du bébé avant la naissance. Mais, entre 2000 et 2019, près de 9 millions de fœtus féminins auraient été avortés en Inde. Les garçons sont traditionnellement considérés comme de futurs soutiens financiers, tandis que les filles sont perçues comme un fardeau économique destiné à être marié. Les hommes avec un emploi stable et bien rémunéré peuvent notamment faire des demandes de dot particulièrement élevées. Même les familles qui refusent d’employer le terme "dot" peuvent accepter des cadeaux coûteux présentés comme étant offerts de façon spontanée au marié.

Une industrie du mariage de plusieurs milliards de dollars

Cette logique se retrouve dans l’industrie du mariage, qui représente environ 130 milliards de dollars par an. Dans un pays où la moitié des mariages sont arrangés par les parents, les familles vont jusqu'à s’endetter pour financer la cérémonie et répondre aux exigences de la belle-famille. Dans certains États, ces exigences fonctionnent comme un véritable marché, avec des tarifs qui augmentent selon la stabilité et le statut professionnel du futur mari.

Mais les demandes ne s’arrêtent pas toujours après le mariage. Et lorsqu’elles ne sont pas satisfaites, les femmes peuvent subir harcèlement, violences, abandon ou même mourir. Selon les militants, la faiblesse de l’application des lois, la pression sociale et la peur de voir le mariage échouer empêchent souvent les familles de signaler les abus.

Les données officielles sur la criminalité font état de 35 493 décès liés à la dot entre 2017 et 2022. Chaque année, des dizaines de milliers de cas de violences et de harcèlement liés aux demandes de dot sont enregistrées. Toutefois, de nombreux cas n’étant pas signalés, l’ampleur réelle du problème serait probablement plus élevée, mais reste difficile à mesurer. 

Un reportage de Khansa Juned et Gabrielle Gohin.

Par :
Gabrielle GOHIN
Khansa JUNED
Vidéo par :
Gabrielle GOHIN
Khansa JUNED