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Grand absent de la première liste de Zinedine Zidane avec les Bleus pour cause de blessure, le Madrilène Aurélien Tchouaméni était de passage à Paris pendant la trêve internationale pour l'Africa Day de Sciences Po. Au micro de France 24, le milieu de terrain a rappelé une fois de plus qu'il était un peu plus qu'un simple joueur de football.

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Image de couverture : Le milieu de terrain du Real Madrid Aurélien Tchouaméni, en conférence de presse avec l'équipe de France. © Nicolas Tucat, AFP

Aurélien Tchouaméni ne se sent pas en danger en équipe de France, et il le dit avec l'assurance qui caractérise le personnage. Non convoqué par Zinedine Zidane pour la Ligue des nations, le milieu de terrain madrilène a profité de la trêve internationale pour se retaper physiquement.

Celui qui était vice-capitaine des Bleus sous Didier Deschamps (50 sélections, trois buts) s'était blessé à l'aine pendant le Mondial 2026 et avait déçu par sa performance face à l'Espagne en demi-finale.

"Ce n'était pas le vrai Aurélien Tchouaméni", assure-t-il au micro de France 24, parlant d'une décision prise en commun avec le staff médical, qui l'avait contraint à évoluer diminué. "J'ai pris des risques que je n'aurais peut-être pas pris si c'était un autre moment, mais voilà, je ne regrette rien."

S'il a jusqu'ici traîné sa misère, reprenant tardivement l'entraînement et n'étant titularisé qu'une fois, face à Elche juste avant la trêve, le natif de Rouen devrait désormais revenir à 100 % pour épauler le Real Madrid. "Le Real Madrid est le plus grand club du monde pour une raison. On est toujours sous pression et on sait qu'on doit performer", pointe-t-il.

Tchouaméni voulait être trader

Mais si le milieu de terrain est actuellement focalisé sur sa carrière, il n'oublie pas pour autant le monde extérieur. Il aime d'ailleurs battre en brèche le cliché du footballeur sans rien dans la tête. "C'est une idée que les gens se font. Ce n'est pas parce qu'on a comme profession footballeur professionnel qu'on n'a pas le temps de penser à autre chose. Il faut aussi des plages de repos et de déconnexion", explique-t-il. "Moi, mes moments de déconnexion, c'est ça : essayer d'avoir une ouverture d'esprit sur d'autres choses de la vie."

Son passage à l'Africa Day de Sciences Po Paris pour parler entrepreneuriat et sport professionnel est un bon exemple. Son podcast "The Bridge", diffusé depuis peu par Disney+, en est un autre. Comme sur le terrain, Aurélien Tchouaméni affectionne le dépassement de fonction.

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Il s'agit là certainement de la bonne influence de ses parents, qui voyaient d'un mauvais œil l'attrait d'Aurélien Tchouaméni pour le football. Sa mère lui avait posé une condition : des études au moins jusqu'au bac. Et l'ado Tchouaméni avait un plan B si sa carrière n'avait pas décollé : trader.

"C'est surtout parce que j'avais un parrain trader et que je trouvais ça stylé", sourit-il. "En réalité, j'étais assez mauvais en maths."

Un cadre du vestiaire et du collectif

Au fil des années, son poids dans le groupe France n’a cessé de grandir. Ses liens avec Mike Maignan, Jules Koundé ou encore Manu Koné – avec qui il partage le même agent – lui ont permis de construire un cercle solide au sein du vestiaire. Plus récemment, son rapprochement avec Kylian Mbappé, depuis l’arrivée du capitaine français au Real Madrid, a renforcé encore davantage sa place parmi les leaders du groupe. Il prend régulièrement la parole en zone mixte auprès des journalistes pour débriefer les matches.

S'il a par le passé confié ne pas être fan des prises de position politiques de footballeurs "par pudeur", Aurélien Tchouaméni sait être plus vocal quand cela touche à son métier. En 2023, il avait dénoncé les cadences toujours plus infernales dans le football.

Il insiste sur le poids du collectif. "On a tous des convictions. Si chaque individu fait quelque chose de son côté, on n'aura pas forcément de poids. Il faut avoir un collectif mis en place pour avoir du poids et permettre le dialogue", assure le footballeur. "Collectivement, on sera plus forts si on a des idées."

Fils de parents camerounais, Aurélien Tchouaméni reste très attaché à l'Afrique. C'est le Sénégal qu'il a choisi pour lancer sa fondation Prosperi, qui vise à soutenir les initiatives locales dans les domaines de l'éducation, la santé et le sport. Mais il a également des projets au Cameroun : "C'est une de mes idées, je ne peux pas trop en parler maintenant car c'est un projet en développement mais c'est un projet que je veux mettre en place", promet-il.