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L'Organisation mondiale de la santé, les États-Unis et l'Union européenne ont appelé mercredi la Russie à faire preuve de davantage de transparence après la mort d'une laborantine travaillant dans un institut étudiant la peste, alors que des informations évoquent un possible deuxième cas suspect. "Aucun trouble de santé lié à une pathologie infectieuse n'a été détecté", assure de son côté l'agence de santé publique russe.

Une photo non datée publiée par l'institut russe en 2019, montrant des employés dans un laboratoire. © The Irkutsk Anti-Plague Research Institute of Siberia and Far East, via AP

Le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a réclamé, mercredi 7 octobre, des informations "complètes et transparentes" sur la mort en Russie d'une laborantine travaillant au sein d'un institut étudiant la peste et sur des informations signalant l'existence d'un possible deuxième cas suspect.

"La communication d'informations en temps utile, complètes et transparentes dans le cadre du Règlement sanitaire international, est essentielle pour clarifier les informations contradictoires et permettre une évaluation précise des risques potentiels pour la santé publique", a écrit sur X Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Conformément au Règlement sanitaire international (RSI), l'OMS avait contacté samedi les autorités russes pour obtenir des précisions sur le décès d'une technicienne de laboratoire de 28 ans qui travaillait pour l'Institut de lutte contre la peste d'Irkoutsk, en Sibérie.

Selon le média Peuples du Baïkal, elle aurait pu contracter la peste pulmonaire après le bris d'une éprouvette.

Le RSI établit un cadre juridiquement contraignant définissant les droits et obligations des pays face aux événements et urgences de santé publique susceptibles de franchir les frontières. En vertu de ce règlement, les pays doivent répondre dans un délai de 24 heures.

Mais la Russie a répondu à l'OMS mardi, soit trois jours après la demande. "L'OMS a demandé des informations complémentaires pour clarifier la cause de la pneumonie sévère, identifier l'agent pathogène à l'origine des mesures de santé publique", a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus. Il a également souligné la nécessité de faire la lumière "sur les informations dans les médias faisant état d'un deuxième employé atteint d'une pneumonie d'origine indéterminée".

Selon l'évaluation initiale des risques réalisée par l'OMS à partir des informations disponibles, le risque pour la santé publique est jugé modéré à faible pour la région d'Irkoutsk, faible pour l'ensemble de la Russie et très faible pour l'Europe.

Lors d'un discours prononcé mardi en Tanzanie devant des parlementaires du monde entier, Tedros Adhanom Ghebreyesus a exhorté à la coopération internationale en matière de santé. "Les virus ne respectent pas les frontières", a-t-il souligné.

Une discussion Trump-Poutine ?

Les États-Unis et l'Union européenne ont abondé mercredi, appelant Moscou à davantage de transparence. Le président américain Donald Trump a par ailleurs annoncé qu'il allait parler de cette affaire à son homologue russe Vladimir Poutine.

Le milliardaire républicain, interrogé par une journaliste à la Maison Blanche, a dit qu'une conversation téléphonique avec Vladimir Poutine était d'ores et déjà "prévue", ajoutant qu'elle aurait lieu "très bientôt".

"Nous avons officiellement demandé des informations supplémentaires au gouvernement russe", a déclaré tard mardi soir un porte-parole de la diplomatie américaine. Le département d'État se tient aussi "en contact officiel" avec d'autres capitales pour "échanger des informations", a-t-il ajouté.

"Nous avons appelé la Russie à fournir des informations rapides et transparentes sur cet incident survenu dans un laboratoire en Sibérie, car nous estimons qu'il est nécessaire de disposer de données épidémiologiques et microbiologiques fiables", a de son côté insisté Eva Hrncirova, porte-parole de la Commission européenne, qui assure suivre "la situation de très près".

"Fausse information"

Les autorités russes ont nié de leur côté l'instauration de mesures sanitaires rapportée vendredi par plusieurs médias russes.

Des chaînes Telegram et des médias locaux ont rapporté que plusieurs hôpitaux d'Irkoutsk avaient imposé une quarantaine de trois semaines. "Une fausse information circule actuellement en ligne sur l'instauration d'un régime sanitaire et épidémiologique renforcé et de restrictions strictes dans la région d'Irkoutsk", a démenti sur Telegram l'agence de santé publique russe, Rospotrebnadzor.

L'organisme a assuré que la situation sanitaire et épidémiologique était stable dans la région, comme dans les villes d'Irkoutsk et de Chelekhov. C'est dans un hôpital de Chelekhov qu'est morte la laborantine.

"La surveillance médicale de plus de 90 % des personnes ayant été en contact avec la patiente est terminée. Aucun trouble de santé lié à une pathologie infectieuse n'a été détecté", a par ailleurs indiqué l'agence de santé publique Rospotrebnadzor, affirmant qu'"il n'existe aucun risque épidémique pour la population d'Irkoutsk et de la région d'Irkoutsk".

Avec AFP