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Près d'une semaine après avoir survécu à deux injections létales dans le Tennessee, la condamnée à mort Christa Pike " a repris connaissance et peut parler", ont annoncé ses avocats mardi. Ils n'ont cependant pas été autorisés à lui rendre visite à l'hôpital.

Christa Pike se trouvait depuis mercredi soir dans un état critique, sous assistance respiratoire. © Via AP

La condamnée qui a survécu à deux injections létales aux États-Unis, Christa Pike, a "repris connaissance et peut parler", ont annoncé mardi 6 octobre ses avocats, six jours après l'échec inédit de son exécution. "Contre toute, attente, Christa Pike est consciente, peut parler et continue à recevoir des soins médicaux vitaux", ont annoncé ses avocats dans un communiqué.  

Christa Pike, 50 ans, qui devait être la première femme mise à mort depuis plus de 200 ans dans le Tennessee (sud), a survécu mercredi soir à l'administration de deux injections létales de pentobarbital, un puissant barbiturique. Elle se trouvait depuis dans un état critique, sous assistance respiratoire, selon les informations parcellaires fournies par ses avocats, qui n'ont pas été autorisés à lui rendre visite à l'hôpital.

"Malgré les graves blessures qu'elle a subies aux bras, elle est toujours menottée à son lit. Son rétablissement est sans précédent sur le plan médical. Son pronostic reste incertain mais nous nous attendons au minimum à une longue convalescence", ont indiqué les avocats.

Près de 30 ans dans le couloir de la mort

"Nous continuons à demander au gouverneur du Tennessee de commuer sa peine en prison à vie sans possibilité de libération", ont-ils ajouté, rappelant les violences traumatiques, en particulier sexuelles, subies par Christa Pike depuis son plus jeune âge et ses "près de 30 ans de détention à l'isolement" dans le couloir de la mort.

Selon des témoins de l'exécution ratée, Christa Pike a continué à respirer et à ronfler de façon audible après deux injections de pentobarbital.

Cet échec sans précédent connu a relancé les interrogations sur l'application de la peine de mort aux États-Unis, en particulier sur l'injection létale, de très loin le mode d'exécution le plus fréquent. 

Le gouverneur, Bill Lee, qui a ordonné jeudi la suspension des exécutions dans l'État et une enquête indépendante sur l'échec de celle de Christa Pike, a annoncé samedi avoir accepté la démission du chef de l'administration pénitentiaire du Tennessee (TDOC).

L'administration pénitentiaire a affirmé avoir suivi à la lettre le protocole adopté depuis la reprise des exécutions dans l'État en mai 2025, après un moratoire de trois ans. Le gouverneur avait décrété ce moratoire à l'époque en raison de défaillances dans la vérification de la solution mortelle administrée à un condamné.

L'observatoire spécialisé Death Penalty Information Center (DPIC), a dénoncé "une exécution ratée sans comparaison à l'époque moderne", soulignant que Christa Pike est "la première personne à survivre à l'injection de doses létales de produits utilisés pour les exécutions".

Christa Pike a été condamnée à la peine capitale pour avoir torturé et assassiné en 1995 Colleen Slemmer, 19 ans, alors qu'elle-même avait 18 ans. Ses deux complices, également adolescents, ont échappé à la peine de mort.

Avec AFP