Le parti Liste unie du Premier ministre sortant Andris Kulbergs est en tête des législatives en Lettonie, selon des résultats partiels portant sur plus de 92 % des suffrages. Si ce résultat devrait préserver la ligne pro-européenne et pro-ukrainienne du pays balte, les partis populistes enregistrent une nette progression.
Le parti Liste unie du Premier ministre sortant Andris Kulbergs arrive en tête des législatives en Lettonie, selon des résultats partiels rendus publics, dimanche 4 octobre, tandis que les partis populistes ont réalisé une bonne performance.
Selon des projections portant sur plus de 92% suffrages diffusés par la commission électorale, le parti pro-européen d'Andris Kulbergs obtient 35,4 % des voix et 41 députés à la Saeima, le parlement monocaméral letton qui compte 100 sièges.
"C'est plus élevé que prévu", avait auparavant réagi Andris Kulbergs devant des journalistes, à l'annonce samedi soir de sondages sortie des urnes le créditant d'un score similaire.
"Cela signifie que les gens veulent vraiment le changement", ce qui, selon lui, signifie "croissance économique" et "un avenir pour les enfants de la Lettonie", avait poursuivi Andris Kulbergs, qui n'a pris ses fonctions de Premier ministre qu'en mai.
Au-delà de la répartition des sièges, l'enjeu est la formation d'une coalition capable de gouverner.
Parmi les partis qui forment l'actuelle coalition autour de Liste unie, l'Alliance nationale (nationaliste) arrive en quatrième position avec 9 % et 11 sièges, et Nouvelle unité (centre) en sixième position avec 6,2 % des voix et sept sièges.
Mais un autre membre, l'Union des verts et des agriculteurs, n'a pas franchi la barre des 5% nécessaire pour entrer au parlement.
Une formation populiste en deuxième position
Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, la question sécuritaire et la peur de la Russie poutinienne ont dominé largement les débats.
La plupart des formations susceptibles d'entrer au Parlement soutiennent un renforcement militaire et la poursuite de l'aide à Kiev.
Mais les enjeux socio-économiques - hausse du coût de la vie, bas salaires, santé et déclin démographique, la Lettonie étant le pays le plus modeste des trois États baltes en termes de niveau de vie - ont été au cœur de la campagne.
Une formation populiste, Lettonie d'abord (LPV), arrive en deuxième position avec 13,1 % des voix et 17 députés, selon les résultats partiels.
Dirigée par l'homme d'affaires Ainars Slesers, régulièrement comparé au président américain Donald Trump par les médias, elle séduit avec un discours conservateur et des promesses de relance économique, et pourrait avoir son mot à dire dans les négociations de coalition.
Un autre parti populiste, Pouvoir souverain (Suverena vara, SV), dirigé par Julija Stepaņenko, se classe provisoirement troisième avec 11,7 % des voix et 15 sièges.
Critique de l'aide à l'Ukraine et de l'augmentation des dépenses militaires, ce parti met en avant les difficultés économiques du pays. Considéré comme pro-russe par ses détracteurs, SV reste toutefois entouré d'un cordon sanitaire par la plupart des autres partis.
Les Progressistes (PRO), parti social-démocrate pro-européen favorable à une protection sociale renforcée et à l'aide à l'Ukraine, arrive en cinquième position avec 7,3 % en neuf députés.
Le vote de la population russophone - environ 35% de la population lettone -, longtemps rassemblée autour d'un seul parti, Harmonie, disparu du Parlement en 2022, est en pleine mutation.
Sans que les questions identitaires disparaissent, une partie croissante de cet électorat vote désormais en fonction de critères économiques et sociaux, notamment pour des partis populistes.
Avec AFP
