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Face à la crise du logement et à la mobilisation qui se poursuit depuis plus d'une semaine en Espagne, le gouvernement du Premier ministre Pedro Sanchez a présenté vendredi deux textes aux députés, qui les ont rejetés. Une nouvelle journée de manifestations est prévue samedi.

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Image de couverture : Des manifestants rassemblés devant le Parlement espagnol ont réagi avec colère aux votes contre les mesures en faveur du logement, à Madrid, en Espagne, le 2 octobre 2026. © Thomas Coex, AFP

"Quelle honte !" Après le rejet, vendredi 2 octobre par les députés espagnols, de deux textes présentés par le gouvernement de Pedro Sanchez pour tenter d'endiguer la crise du logement, les manifestants présents à l'extérieur du Congrès des députés à Madrid ont crié leur mécontentement.

Ils ont appelé à la "grève générale", à la veille de nouvelles manifestations qui étaient déjà annoncées partout dans le pays pour samedi.

Après le vote, le ministre des Droits sociaux Pablo Bustinduy a fustigé les partis ayant rejeté ces textes, qui se sont selon lui "lourdement trompés". "Ils le paieront dans les urnes", a-t-il prédit.

Ces rejets coup sur coup sont un revers important pour Pedro Sanchez, au pied du mur à quelques mois d'élections législatives prévues en 2027. Le Premier ministre espagnol avait pourtant tout fait pour obtenir un vote favorable, malgré l'absence de majorité parlementaire pour son camp.

"Oubliez un instant les calculs politiques", avait-il exhorté lors d'une brève prise de parole surprise depuis le perchoir, juste avant le premier vote en milieu d'après-midi.

"Je vous demande d'avoir du courage" et "d'être à la hauteur", avait encore réclamé le dirigeant socialiste, honni de l'opposition de droite et d'extrême droite qui a voté contre les deux décrets-lois du gouvernement, en plus des députés du parti indépendantiste catalan Junts, autrefois alliés de Pedro Sanchez.

Ces dernières heures, Junts, dont les voix avaient permis à Pedro Sanchez de décrocher l'investiture en 2023, avait demandé à l'exécutif de les retirer et d'élaborer de nouveaux textes, sans être entendu.

"Maricarmen", le visage de la crise du logement en Espagne

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Image de couverture : L'expulsion d'une retraitée de 87 ans de son logement en Espagne provoque l'indignation © France 24

Parmi les manifestants présents à Madrid, la déception et la colère prédominaient, selon un journaliste de l'AFP.

"On le voyait un peu venir, mais bon, même si on s'y attend, il faut quand même se battre...", tentait de se remotiver David Llamas, un jeune homme de 26 ans qui vit toujours chez ses parents en raison des prix "trop élevés" des loyers.

Les deux textes présentés mardi par l'exécutif prévoyaient notamment le renouvellement automatique des contrats de location à leur échéance, ainsi que des mesures pour restreindre les expulsions de locataires vulnérables. Ils visaient également les "fonds vautours", définis comme les groupes acquérant des biens immobiliers à bas prix afin de maximiser leur rentabilité.

Déficit de 700 000 logements

Ce nouveau revers parlementaire alimente déjà les spéculations sur d'éventuelles élections anticipées, une hypothèse que Pedro Sanchez a jusque-là toujours écartée, alors que le prochain scrutin doit avoir lieu au plus tard à l'été 2027.

Des personnes manifestent devant le Parlement lors d'une séance extraordinaire visant à voter un décret gouvernemental sur le logement, à Madrid, en Espagne, le 2 octobre 2026. © Thomas Coex, AFP

"Plus les élections auront lieu tôt, mieux ce sera", a lancé de son côté vendredi Santiago Abascal, le leader du parti d'extrême droite Vox, troisième formation politique du pays.

Le dirigeant du Parti populaire (droite), Alberto Nuñez Feijoo, a de son côté appelé à des élections au plus vite, jugeant "inadmissible d'utiliser le problème du logement pour manœuvrer à des fins électorales". "Nous ne pouvons pas continuer (ainsi)", a-t-il lâché.

Le logement abordable est depuis des années l'un des principaux problèmes sociaux en Espagne, mais les protestations ont pris une ampleur massive après l'expulsion de Maricarmen Abascal. Cette femme de 87 ans a été expulsée de l'appartement dans lequel elle vivait depuis sept décennies, un événement qui a provoqué une vague d'indignation nationale.

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Les militants du droit au logement ont depuis installé des campements de protestation dans le centre de Madrid et dans d'autres villes, et fait de l'octogénaire le visage de la crise du logement.

Selon la Banque d'Espagne, le pays, où vivent quelque 50 millions d'habitants, compte un déficit d'environ 700 000 logements.

Avec AFP