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Dans une enquête publiée lundi, le journal d'investigation Mediapart accuse Jordan Bardella d’avoir tenu des propos antisémites en 2013, lorsqu'il était jeune militant du Front national. Le président du RN conteste "formellement" ces accusations et dénonce des "faux grossiers".

Le président du RN Jordan Bardella, lors d'un meeting pour les élections sénatoriales à La Seyne-sur-Mer (Var), le 27 septembre 2026. © Thibaud Moritz, AFP

"Le juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler". Mediapart a rapporté lundi 28 septembre des écrits antisémites datant de 2013 qu'il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du Front national, des propos que le président du RN a "formellement" contestés auprès du journal d'investigation dénonçant des "faux grossiers".

Cette enquête s'appuie notamment sur des conversations privées, que Mediapart affirme avoir pu authentifier, et qui auraient été écrites par Jordan Bardella à l'été 2013, alors qu'il a entre 17 et 18 ans. Ces conversations retranscrivent plusieurs propos antisémites.

Parmi les écrits, Jordan Bardella aurait envoyé dans une conversation : "Le juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur".

Le militant, qui a rejoint le parti d'extrême droite un an et demi plus tôt, aurait ajouté : "Et c'est ce qu'ils veulent, un Nouvel Ordre Mondial dominé par Israël, avec bien sûr Jérusalem comme capitale".

"Sauver les entreprises" pour "venger Moïse"

Dans d'autres messages, il ciblerait directement des personnalités, comme Pierre Moscovici, alors ministre de l'Économie de François Hollande, qui voudrait "sauver les entreprises" pour "venger Moïse".

"Les ministères les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l'intérêt bancaire priment sur les intérêts français", écrirait-il encore.

Il afficherait également son soutien à Dieudonné, l'humoriste déjà condamné à l'époque pour provocation à la haine, qui "mène un vrai combat d'idée", selon les propos retranscrits dans Mediapart.

Sollicité par le journal, Jordan Bardella, appelé à devenir Premier ministre de Marine Le Pen en cas de victoire du RN à la présidentielle, a répondu par email au média et contesté "formellement" avoir "tenu, en public, comme en privé, par oral ou par écrit, des propos racistes ou antisémites de ce type".

"Le fait que je n’étais pas militant actif au sein du Front national durant l’été 2013, et encore mineur, devrait vous alerter sur le caractère mensonger de ces 'sources'", a-t-il aussi déclaré.

"Véritable opération de barbouzerie"

Au sujet d'éventuels documents communiqués en ce sens, "il s'agit nécessairement de faux grossiers et d'une véritable opération de barbouzerie", écrit encore le président du RN.

Le Rassemblement national mène une stratégie de "dédiabolisation" depuis que Marine Le Pen a repris en 2011 les rênes du parti à son père, Jean-Marie Le Pen, connu pour ses propos négationnistes qui lui ont valu d'être condamné à plusieurs reprises en justice.

Le président du RN, Jordan Bardella, avait été en mars 2025 le premier dirigeant de ce parti officiellement invité par le gouvernement israélien à venir en Israël pour une conférence sur la lutte contre l'antisémitisme.

Jordan Bardella, a pris sa carte au Front national (FN) en 2012 au lendemain d'un débat entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. À 18 ans, il devient responsable de la fédération 93 du FN, avant son ascension fulgurante jusqu'à la tête du parti – devenu Rassemblement national.

Avec AFP