Des milliers de personnes ont participé samedi à des marches pour le climat partout en France, après un été marqué par des records de chaleur et une série d'incendies. Environ 260 mobilisations étaient annoncées à travers le pays pour réclamer des mesures d’urgence en faveur du climat.
Après un été record de chaleur et d'incendies, des milliers de personnes ont défilé, samedi 26 septembre, à travers la France pour demander des mesures d'urgence pour le climat.
Environ 260 mobilisations ont été répertoriées partout sur le territoire par le site 26septembre.org, appelant à marcher "pour le climat, pour le vivant, pour la paix, pour la justice sociale".
Cette marche survient au sortir d'un été record en termes de chaleur en Europe occidentale, sur fond de réchauffement climatique causé principalement par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz.
"C’est un sujet hyper important, on a vu les incendies du bassin d’Arcachon, on a vu à quel point le changement climatique fait des ravages", a souligné Solenn, 27 ans et originaire de Bayonne, interrogée par l'AFP, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.
Un peu déçue par le nombre de personnes présentes, elle estimait que la manifestation parisienne avait pâti de la visite du pape en France.
"J’ai peur pour mes enfants"
Marion Eynius, 38 ans, est quant à elle venue avec ses deux enfants, âgés de quatre et six ans, et plusieurs amis: "J’ai peur pour mes enfants, j’ai honte quand on parle du futur, quand ils me disent 'pourquoi ton travail c’est pas sauver la planète ?'".
À Arras, plusieurs centaines de personnes ont défilé, dont la candidate Ecologistes à la présidentielle Marine Tondelier, venue avec son nouveau-né.
"Le réchauffement climatique est là, tout le monde le voit, en particulier cet été, mais c'est enclenché depuis un moment", a déclaré Nathalie Flautre, 70 ans, retraitée.
"On a reculé sur plein de plans, c'est pour ça qu'on est là aussi, il faut se bouger", a-t-elle dit à l'AFP, en assurant que "l’écologie, ce sera primordial dans mon choix"pour la présidentielle de mai 2027.
Jean-Paul Dallene, 56 ans, agriculteur à Oppy (Pas-de-Calais) et membre du bureau national de l'Association pour une agriculture durable (Apad), juge qu'il faut "une prise de conscience et il faut que tous les citoyens changent un peu, voire beaucoup leur mode de vie pour essayer de diminuer l'impact climatique".
"Ça fait cinq ou six ans que je viens à ce type de marche", a-t-il ajouté en soulignant que "le changement climatique impacte fortement l'agriculture mais l'agriculture est aussi source de solutions".
Un plan d’adaptation attendu le 30 septembre
Les promoteurs de cette journée réclament des plans d'urgence, d'adaptation, d'atténuation, financés par la taxation des superprofits des énergies fossiles et de l'industrie de l'armement, ainsi qu'un impôt sur le patrimoine des plus riches.
"Rien que cet été, plus de 8 000 personnes sont décédées en France à cause de la canicule. Et au moins 500.000 hectares de forêt ont brûlé dans l'Union européenne", a affirmé la militante suédoise du climat Greta Thunberg dans un message publié sur les réseaux sociaux.
"Pourtant, en ce moment même, nos responsables politiques choisissent délibérément d'aggraver encore davantage cette crise", a-t-elle ajouté, en soutien des marches en France.
À Montpellier, la police a dénombré 2 000 personnes, et 500 à Marseille. À Clermont-Ferrand, la marche a été interrompue par un accident : une voiture a forcé le passage dans le cortège, blessant légèrement quatre personnes. L'automobiliste, âgé de 37 ans, était sous l'effet de stupéfiants selon les premiers tests, d'après le procureur de la République de Clermont-Ferrand.
Plusieurs marches pour le climat ont eu lieu ces dernières années, dont une Marche du siècle en mars 2019 à laquelle plus de 300 000 personnes sur le territoire ont participé, selon les organisateurs.
La ministre de la Transition écologique Monique Barbut doit rendre le 30 septembre au Premier ministre un plan d'adaptation nationale au changement climatique. Ce travail a mobilisé de nombreux ministères sur des thèmes variés (risques naturels, entreprises, agriculture, eau...) afin de "mieux se préparer pour l'été prochain" et "accélérer plus globalement notre action d'adaptation" selon le cabinet de la ministre.
Avec AFP
