À la Une de la presse, mercredi : la visite du président chinois à Washington à partir d'aujourd'hui, une visite qui inquiète Taïwan sur fond de répression des minorités par Pékin ; les craintes d’une nouvelle mobilisation en Russie ; une polémique en France autour d’un roman en lice pour le Goncourt, dont l’auteur est accusé d’avoir utilisé l’IA ; et le débat sur l’intelligence des organismes unicellulaires.
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À la Une de la presse, mercredi 23 septembre : la visite d'État du président chinois Xi Jinping aux États-Unis, une première depuis 10 ans. Global Times annonce une visite pour "définir l’orientation des relations bilatérales" et "promouvoir une stabilité stratégique constructive". Le journal officiel affiche les bonnes dispositions de Pékin soutenant que "malgré les aléas, les liens entre les (deux) peuples demeurent une force profonde" et que la "stabilité" des relations sino-américaines apporte à la fois "certitude et énergie positive à un monde en proie aux turbulences".
Côté américain, on met les petits plats dans les grands. The Washington Post rapporte que le président Trump prévoit un accueil "fastueux" et parle d’"un sommet minutieusement orchestré pour préserver une trêve fragile entre les deux superpuissances". Une pompe qui s’explique aussi sans doute par le fait que "la guerre contre l'Iran a stimulé les exportations d'énergie propre de la Chine et renforcé son influence sur les marchés mondiaux de l'énergie", ce qui, au passage, n'incite guère Pékin "à céder aux exigences" de Trump, selon Politico.
Pékin et Washington, dont la rivalité dans le domaine de l’intelligence artificielle sera au cœur de cette visite. The New York Times annonce un dîner d'État, jeudi, avec "certains des plus grands noms de l'IA et des technologies américaines" mais indique déjà que "les attentes (sur une éventuelle réglementation) restent modérées". D’après Axios, les États-Unis et la Chine envisageraient un dispositif d'urgence sur le modèle du "téléphone rouge" de la guerre froide, "pour le jour où l'IA deviendra incontrôlable".
Inquiétude de Taïwan et répression des minorités par Pékin
La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping sera suivie avec attention à Taïwan. Le Monde fait état de l’inquiétude des Taïwanais depuis que le président des États-Unis a suspendu, au printemps dernier, une vente d’armes à Taipei d’un montant de 14 milliards de dollars "pour ne pas froisser la Chine". Le journal indique toutefois que "l’impact à long terme des atermoiements de Trump est à relativiser", car Taïwan "produit la quasi-totalité des processeurs destinés à développer l’intelligence artificielle", et sont "devenus indispensables à l’économie américaine".
L’intelligence artificielle, les États-Unis et la Chine, dont il est aussi question dans la tribune de Richard Gere publiée par The Wall Street Journal. L’acteur américain, converti au bouddhisme tibétain dans les années 1980, dit relayer une alerte, ce mois-ci, de l’entreprise américaine Anthropic, affirmant avoir déjoué une opération du gouvernement chinois utilisant l'intelligence artificielle pour traquer des membres de la diaspora tibétaine, y compris aux États-Unis.
"On va aux Étangs – c’est si beau – / Regarder marcher les fachos"
En Russie, la "victoire" de Russie unie, le parti présidentiel, aux législatives, ravive les craintes d’une nouvelle mobilisation pour la guerre en Ukraine. Des opposants, cités par The Moscow Times, expriment leur inquiétude d’une nouvelle mobilisation "plus rapide et plus difficile à éviter que celle de septembre 2022", lorsque plus de 300 000 réservistes avaient été appelés et des milliers de Russes avaient pris le chemin de l’exil.
Elle, n’a pas choisi de fuir, et le paie de sa liberté. La poétesse Jénia Berkovitch a été condamnée à six ans de colonie pénitentiaire pour "apologie du terrorisme", en 2024. Dans les colonnes du Nouvel Obs, le traducteur Alexey Voïnov appelle à la libération de cette artiste majeure, dont le premier recueil en français a été publié à Paris. Le titre, "Car février n’en finit plus…", est extrait d’un poème où Jenia Berkovitch alertait tous les Russes "qui n’ouvriront jamais les yeux" : "On va aux Étangs – c’est si beau – / Regarder marcher les fachos".
L'IA de la discorde littéraire et de la concorde scientifique
D’une poétesse à un romancier. En France, l’écrivain québécois d’origine haïtienne Thélyson Orélien est accusé d’avoir utilisé l’IA pour rédiger son dernier roman. L’auteur de "C’était ça ou mourir", phénomène de cette rentrée littéraire, en lice pour le prix Goncourt, a-t-il écrit un livre "dopé à l’IA" ?. Question de Libération, dont l’enquête conclut que "le doute subsiste et subsistera", "sauf si Orélien – qui nie avoir y eu recours – parvient à trouver des passages écrits avant l’apparition de l’IA".
Le journal regrette cette nouvelle polémique touchant un monde de l’édition qui "n’avait pas besoin de cette affaire et que l’on dit motivée par la jalousie et même le racisme". Mais le journal estime que la querelle a cependant "le mérite de mettre sur la table un sujet aujourd’hui majeur : jusqu’où un auteur, un artiste, un créateur peut-il s’aider de l’IA ? Création et IA sont-ils compatibles ?". Interrogé par Le Figaro, David Assouline, membre du jury du Goncourt, dit n’écarter, ni ne privilégier aucune piste, mais tient à rappeler qu’"aucun logiciel ne parvient à repérer de l’IA de façon infaillible".
L’IA dans tous les débats. Il y en a un, en revanche, dont on parle moins : les organismes unicellulaires sont-ils "intelligents" ? C’est un débat pourtant au moins aussi passionnant et merci au Monde de s’en faire l’écho. De quoi s’agit-il ? De savoir si ces organismes appelés "eucaryotes unicellulaires" car composés d’une cellule unique qui, assure, à elle seule, toutes les fonctions, sont dotés ou non d’une forme d’intelligence.
Vous connaissez sans doute la paramécie, objet d’étude en SVT au collège. Vous connaissez certainement le célèbre "blob", le nom de scène du "Physarum polycephalum". Mais connaissez-vous l’Euplote gigatrox dont des scientifiques ont découvert que les propriétés mécaniques des microtubules pourraient aussi servir à propager des informations et à coordonner des éléments cellulaires entre eux, c’est-à-dire à adopter des comportements élaborés ? D’où la question ou plutôt le débat sur le degré d’"intelligence" de ces microscopiques bestioles. Fascinant.
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