L'Assemblée générale annuelle de l'ONU s'est ouverte, mardi, à New York. Donald Trump, Emmanuel Macron, Recep Tayip Erdogan et Lula se sont notamment exprimés. Le président américain a développé son argumentaire nationaliste habituel, restant sourd aux appels au multilatéralisme défendu notamment par le chef des Nations unies et le président français.
Au premier jour de l'Assemblée générale des Nations unies, le président américain Donald Trump a développé, mardi 22 septembre, son argumentaire nationaliste habituel, restant sourd aux appels au multilatéralisme défendu notamment par le chef des Nations unies et le président français Emmanuel Macron.
À rebours de l'isolationnisme américain exprimé lors de cette grand-messe annuelle à New York, le locataire de l'Élysée a appelé à "se tenir droit aux côtés des Nations unies", disant craindre un "retour de la loi de la jungle".
Avant lui, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres – dont le mandat s'achève en décembre – avait également appelé au respect des principes du droit international, plaidant notamment pour une coopération entre grands de ce monde sur l'intelligence artificielle.
Enlisé dans son conflit avec Téhéran, très impopulaire auprès des Américains, Donald Trump a à la fois menacé d'"anéantir" l'Iran si besoin et envisagé de trouver un accord avec ce pays "juste après" les législatives de novembre aux États-Unis, qui s'annoncent difficiles pour son parti républicain.
De manière inhabituelle, le président américain a suivi son prompteur. Et c'est sur un ton relativement mesuré que le chantre de l'"Amérique d'abord" s'est opposé à tout "projet mondialisé" de régulation de l'intelligence artificielle, à contre-courant de certains dirigeants du secteur qui sonnent l'alarme depuis plusieurs semaines.
"Vive l'ONU", dit Emmanuel Macron
Pour son dernier discours de président à la tribune de l'ONU, le chef de l'État français s'est livré à un vibrant plaidoyer en faveur de l'institution, gardienne d'une "société internationale civilisée".
Il a aussi rendu hommage au secrétaire général sortant de 77 ans, terminant son discours d'un "vive l'ONU" chaudement applaudi.
Un accord signé sur le Groenland
Immédiatement après son discours à la tribune, Donald Trump a participé à la signature avec le Danemark d'un accord sur le Groenland mettant fin à une crise majeure avec les Européens, après avoir menacé de rattacher purement et simplement aux États-Unis ce territoire autonome danois.
Le texte prévoit que les États-Unis construisent deux nouvelles bases militaires dans le sud et l'est du territoire. Il reconnaît par ailleurs la souveraineté de Copenhague et le droit des Groenlandais à l'autodétermination. Un accord "formidable (...) pour tout le monde", selon Donald Trump.
Nouvel appel à réguler l'IA
Le chef de l'ONU s'est particulièrement adressé aux nations "qui disposent des plus grandes capacités en matière d'IA", c'est-à-dire Chine et États-Unis, leur demandant d'"établir des canaux de dialogue, de transparence, de confiance et de coopération".
Emmanuel Macron a, lui, exhorté tous les États "attachés à leur indépendance" à développer une IA alternative afin de ne dépendre ni des États-Unis, ni de la Chine.
Même si Donald Trump se montre résistant à une supervision internationale, son ministre des Finances a proposé, dimanche, à la Chine la mise en place d'un mécanisme de notification entre les deux pays en cas d'incident.
La Palestine dans les esprits
Évoquant le conflit entre Israël et les Palestiniens, Antonio Guterres a estimé que "les violences, les déplacements de population et l'expansion des colonies en Cisjordanie occupée" par Israël faisaient "planer le spectre d'un nettoyage ethnique".
"Nous ne pouvons pas laisser la solution à deux États disparaître sous nos yeux", a-t-il insisté, alors que cette perspective semble s'éloigner.
Emmanuel Macron, lui, a parlé d'"un spectacle qui nous fait honte" en parlant de la Cisjordanie occupée et de Gaza.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a exhorté les dirigeants réunis à New York à commencer "immédiatement" la reconstruction de la bande de Gaza, anéantie par la guerre menée par Israël en réponse aux attaques du Hamas du 7-Octobre.
Le président brésilien Lula en campagne
Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a profité de la tribune pour émettre des mises en garde, face aux craintes d'ingérence étrangère dans la campagne électorale qui l'oppose au candidat d'extrême droite Flavio Bolsonaro, proche de la sphère trumpiste.
"Nous disposons d'un système électoral moderne et solide, sous l'œil vigilant d'une société pluraliste et d'une presse libre", a-t-il souligné, jurant d'empêcher les "ennemis de la démocratie, qu'ils soient nationaux ou étrangers, de porter atteinte à la volonté populaire".
La colère de Cuba
À New York, le gouvernement cubain a vivement réagi à des déclarations de Donald Trump assurant que le "régime communiste" allait "tomber", sans dire quand ni comment.
"Le gouvernement des États-Unis est incapable d'accepter que Cuba est, et a le droit d'être, un pays pleinement indépendant et souverain", a dénoncé sur X le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, qui dirige la délégation cubaine à New York.
Avec AFP
