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Près d'une semaine après la meurtre du militant Manassé Lomboto Bomengola lors d'une manifestation à Kinshasa, l'opposition met en cause l'UDPS, le parti au pouvoir, ce que ce dernier dément. Lors de ce rassemblement d'opposition, des hommes armés de machettes avaient pris pour cible les manifestants. Le reportage d'Aurélie Bazzara-Kibangula.

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Image de couverture : Des manifestants courent lors d'une marche de l'opposition émaillée de violences, à Kinshasa, le 15 septembre 2026. © Hardy Bope, AFP

Que s’est-il passé lors de la manifestation du 15 septembre à Kinshasa ? En RD Congo, l'opposition demande des comptes et une enquête indépendante après la mort du militant Manassé Lomboto Bomengola et les violences qui ont émaillé ce rassemblement.

Organisée par la plateforme politique et citoyenne C64, cette journée de mobilisation visait à protester contre un projet de modification de la Constitution, qui pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat au président Félix Tshisekedi.

Dans la capitale, la manifestation rassemblant quelques centaines de personnes a rapidement dégénéré. Des heurts ont éclaté et les forces de l'ordre ont dispersé la foule à coup de gaz lacrymogène .Selon l'opposition et plusieurs témoins, des miliciens pro-régime armés ont attaqué les manifestants.

"On est en colère" 

Parmi les personnes attaquées, Manassé Lomboto Bomengola, cadre chargé de la sécurité à l’Action pour la démocratie et le développement au Congo (ADD Congo), un petit parti d'opposition, succombe à ses blessures. 

"On est en colère parce que c'est une vie humaine qui part en fumée. Les militants de l'UDPS nous ont attaqué à la machette avec des couteaux, des barres de fer", accuse Prince Epenge, le président de l'ADD Congo.

Sur une vidéo amateur authentifiée par France 24, de jeunes hommes munis de machette poursuivent des manifestants.

La Commission nationale des droits de l'homme cherche à établir les faits et les circonstances exactes de la mort de Manassé Lomboto Bomengola

"Nous sommes en train de diligenter une mission très, très importante pour savoir comment on en est arrivé là, puisque brusquement, on a vu qu'il y avait un groupe de jeunes qui a qui est apparu dans la foule et à côté, portant des armes contondantes et même des machettes", explique son président Paul Nsapu.

Une vingtaine d'arrestations

De son côté, le parti au pouvoir rejette fermement les accusations de l'opposition.

"Ce sont les militants du C64 qui tenaient des machettes et des bâtons. Nulle part vous avez vu les gens de l'UDPS avec des machettes. Nous, on avait lancé un mot d'ordre pour que nos militants restent chez eux à la maison", assure Augustin Kabuya, le secrétaire général de l'UDPS.

Lors de la précédente manifestation de l'opposition le 12 juin à Kinshasa, "au moins un manifestant" avait été tué, selon les Nations unies. 

Le ministère de la Justice a demandé au procureur général d'ouvrir une enquête. Selon les autorités provinciales, une vingtaine de personnes ont déjà été arrêtées.