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L'approvisionnement en gaz en vue de l'hiver est en passe d'être assuré en France, ce qui éloigne la perspective de pénuries, mais les tensions géopolitiques renchérissent les prix alors que le pouvoir d'achat des ménages est déjà grevé par la facture des carburants.

Le prix de référence du gaz en France augmentera de 6,3 % le 1er octobre 2026 après +5,6 % en août. © AFP

Côté pile, l'approvisionnement en gaz pour l'hiver est quasi-assuré et la France devrait éviter les pénuries. Côté face, les tensions géopolitiques poussent les prix à la hausse, alors que la flambée des prix des carburants a déjà mis à mal le pouvoir d'achat des Français.

Le prix de référence du gaz augmentera de 6,3 % le 1er octobre après +5,6 % en août. Une situation que le gouvernement, déjà confronté à la crise des prix des carburants, assure prendre en compte, même si la hausse ne se fera véritablement ressentir sur les factures que quand les chauffages au gaz auront repris du service.

"On travaille à une logique globale sur l'ensemble de l'hiver", a déclaré, lundi 21 septembre, la ministre déléguée à l'Énergie Maud Bregeon. "On sécurise nos stocks pour l'hiver (...) pour éviter tout risque d'approvisionnement", mais "ce qui se passe au Moyen-Orient (...) impacte directement les prix", a-t-elle souligné sur LCI.

Une reconduction en 2027 du chèque énergie, destiné aux 4,2 millions de ménages modestes, "permettra notamment d'alléger cette facture", pour 150 à 270 euros, a-t-elle assuré.

Car l'augmentation risque d'être conséquente, selon Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l'énergie (CRE). "La facture moyenne 2026 pourrait être de l'ordre de 120 euros de plus par an par rapport à 2025, si les prix se maintiennent jusqu'à la fin de l'année", a-t-elle souligné, rappelant que depuis le 1er janvier, le prix du gaz avait augmenté d'environ 30 %.

Pas de comparaison avec la crise de 2022

Pour autant, on est loin de la crise de 2022, marquée par une interruption des importations de gaz russe, provoquant une flambée des prix sur les marchés mondiaux, alors même que la production d'électricité du parc nucléaire français était limitée par la crise de la corrosion sous contrainte. Les prix de l'électricité avaient alors eux aussi été tirés vers le haut.

Cette fois, en "septembre, on est à 75 euros du mégawattheure (MWh)", souligne Laurent Néry, directeur des analyses de marché chez Engie. "En septembre 2022, on était à plus de 180 euros du MWh".

De plus, "plus on a de renouvelables dans le système électrique, plus on amortit l'impact sur les prix".

Et contrairement au pétrole, dont une partie des sources d'approvisionnement au Moyen-Orient se sont taries, les volumes de gaz naturel liquéfié (GNL) devraient fortement croitre ces prochaines années. "On n'est pas du tout sur les mêmes niveaux de prix qu'en 2022 alors que le pétrole (les) a dépassé", relève-t-il.

Le risque principal porte sur les mois les plus froids. Selon Emmanuelle Wargon, le niveau de stockage en France devrait atteindre les 85 % requis par l'Union européenne "à peu près au début de l'hiver".

"Le prix français demeure très inférieur à celui des pays voisins"

"Ce qui compte, (...) pour les marchés", selon Laurent Néry, "ça va être le niveau des stockages de gaz dans la période la plus tendue. La demande peut être la plus forte en janvier, février s'il fait très froid".

En revanche, "si jamais on a un début d'hiver doux, on va peut-être très peu soutirer et donc recréer de la marge".

En Europe, la hausse des cours du gaz affecte le prix de l'électricité, dont une partie est issue des centrales à gaz. En France, dont le mix électrique dépend pourtant du nucléaire et des renouvelables principalement, cela s'est traduit cet été par des prix sur les marchés à terme, le meilleur indicateur du prix futur de l'électricité, en forte augmentation, indique RTE, le gestionnaire du réseau à haute tension.

Mais "le prix français demeure très inférieur à celui des pays voisins" et les écarts "restent du même ordre de grandeur" qu'avant la crise, de l'ordre de 40 euros/MWh de différence avec l'Allemagne, "signe que l'avantage compétitif lié à l'abondance de production électrique en France demeure", selon RTE.

"L'augmentation des prix qu'on voit partout en Europe, c'est le résultat de l'augmentation du prix du gaz. Donc, le résultat de la fermeture (du détroit) d'Ormuz", explique Thomas Veyrenc, directeur général chargé de l'économie, de la stratégie et des finances à RTE.

Pour l'hiver qui arrive, "les fondamentaux sont toujours là, on a une meilleure disponibilité du nucléaire, on a plus de production renouvelable, on a un parc gaz" donc "on est dans une situation qui est tout à fait maîtrisée".

Avec AFP