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Alors que les prix du carburant ont fortement augmenté en France, frôlant des sommets inédits depuis quatre ans, de nombreux automobilistes font le trajet depuis le sud de l'Hexagone vers l'Andorre pour y faire le plein d'essence. Les prix sont plus bas dans cette principauté car les carburants sont plus faiblement taxés.

n automobiliste français fait le plein de sa voiture dans une station-service où le carburant bénéficie d'un taux d'imposition réduit, à Pas de la Casa, en Andorre, le 15 septembre 2026. © Matthieu Rondel, AFP

Une "totale mobilisation" sur l'approvisionnement et les prix. Le président Emmanuel Macron a sonné le tocsin, mercredi 16 septembre, face à l'inflation du prix des carburants, a rapporté la porte-parole du gouvernement à l'issue du Conseil des ministres.

"L'objectif, c'est vraiment dans les jours et dans les semaines qui viennent pour le président de la République de sécuriser ces approvisionnements, sécuriser les volumes", auprès d'autres pays notamment, a dit Maud Bregeon devant la presse.

La CGT a demandé le même jour au Premier ministre Sébastien Lecornu de réunir en urgence une table-ronde "sur le pouvoir d'achat et la vie chère", soulignant que la hausse des prix, notamment du carburant, étrangle de nombreux travailleurs.

Face à cette crise, certains automobilistes français ont décidé de s'approvisionner de l'autre cote de la frontière, à Andorre où le prix du litre défit toute concurrence.

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Image de couverture : © France 24

Moins de 1,7 euros le litre

C'est un flux incessant de véhicules qui se succèdent dans une des plus grosses stations-service du Pas-de-la-Case en Andorre à proximité de la frontière française, attirés par le prix des carburants plus faiblement taxés.

Mardi 15 septembre, les panneaux affichaient 1,677 euro le litre de gazole et 1,685 le litre de sans plomb 95 contre largement plus de 2 euros dans la plupart des stations de France.

Dans un paysage de montagnes pelées, à plus de 2 000 mètres d'altitude, de nombreux Français n'ont pas hésité, même en pleine semaine, à parcourir parfois plus d'une centaine de kilomètres pour venir remplir leur réservoir dans la Principauté.

"70 centimes de moins qu'en France, l'affaire est entendue", résume Olivier Perramond.

Pour Jean-Michel, qui vient du Tarn, le calcul est vite fait : "Je vais mettre 40 litres, à 70 centimes d'écart ça fait quasiment 30 euros".

Baisse supplémentaire des taxes

Des économies sur le carburant qui s'ajoutent à celles réalisées sur d'autres produits au premier rang desquels le tabac et l'alcool.

Marie Guérin, une Bretonne de 40 ans, est en vacances dans les Pyrénées-Orientales pour pratiquer des sports extrêmes. "L'occasion de venir en Andorre" pour réaliser ses achats. "Rien qu'une cartouche (200 cigarettes ndlr) c'est en moyenne 35 euros en Andorre, chez nous c'est 130 euros. Et sur l'essence, nous on est à 2,37 euros en ce moment et là c'est 1,68, donc c'est pas négligeable", dit-elle à l'AFP.

Historiquement, la Principauté a toujours fait en sorte de limiter le prix du carburant, "une composante importante de l'inflation", explique à l'AFP Ramon Lladós, le ministre andorran des Finances.

Mais depuis le mois de juillet et les hausses du prix du carburant, le gouvernement a décidé de baisser encore davantage et "de façon temporaire" les taxes sur l'essence et le gazole.

En Andorre, la TVA n'est que de 4,5 %. Quant au gazole, il est taxé un peu différemment, "aux alentours de 38 centimes par litre, plus la TVA", précise le ministre.

Au début du mois de septembre, une nouvelle baisse de 15 centimes a été mise en oeuvre, uniquement sur le gazole. Un effort partagé entre l'administration qui a concédé une baisse des taxes de 10 centimes et par les opérateurs privés (importateurs et distributeurs) qui ont accepté de baisser leur prix de 5 centimes.

Cette réduction est destinée à ce que "les citoyens de l'Andorre aient des prix plus bas", selon le ministre, et les visiteurs aussi en profitent.

Jerricans pleins

En ce mardi ensoleillé, les journalistes de l'AFP rencontrent beaucoup de retraités français au Pas-de-la-Case.

Parmi eux, Alain Perez qui a fait 2 h 30 de route depuis Toulouse, à 150 kilomètres. Il déplore "une telle augmentation de taxe" en France que "nous sommes obligés de faire attention à tout".

Malgré la distance, il estime que le déplacement jusqu'en Andorre est "rentable". Il faut dire qu'il n'est pas venu en voiture mais au volant d'un camping-car au réservoir important. "Si je prends du gazole en France, le plein de mon véhicule va me coûter 170 euros. Et là, je suis à 119 euros avec un petit jerrican", dit-il.

Comme lui, nombreux sont ceux, croisés dans les stations-service andorranes, qui n'hésitent pas à prendre dans le coffre de leur voiture un ou plusieurs jerricans, jouant parfois avec les limites de la législation.

Comme pour le tabac ou l'alcool, les règles imposées par les douanes sont strictes : les visiteurs peuvent rapporter en France "les quantités contenues dans le réservoir normal du véhicule + un bidon de réserve d'une capacité maximale de 10 litres". Ce bidon doit également être "étanche et conforme aux normes de sécurité", selon le service de presse de la Direction générale des douanes, sollicité par l'AFP.

John, un autre Toulousain, vient tout juste d'acheter un jerrican d'occasion. À côté de certaines pompes au Pas-de-la-Case, des affiches publicitaires proposent aux clients d'acheter leur bidon de 10 litres, "homologué et réutilisable" directement sur place.

Avec AFP