Philippe Brun a été suspendu mercredi du Parti socialiste et exclu de la primaire social-démocrate "en raison d'accusations de violence", selon Patrick Menucci. Le PS a invoqué "la défense des droits des femmes" dans un communiqué.
"La défense des droits des femmes". C'est ainsi que le Parti socialiste a justifié, mercredi 16 septembre, la décision d'exclure le député Philippe Brun de la primaire social-démocrate et sa suspension du parti.
"La direction nationale du Parti socialiste a été informée hier soir de faits susceptibles de relever d'une caractérisation pénale concernant le candidat Philippe Brun (...) Le Parti socialiste ne transige ni sur la défense des droits des femmes, ni sur l'exemplarité qui doit être la sienne", a indiqué le PS dans un communiqué, en rappelant qu'il n'entendait pas "se substituer aux instances et juridictions compétentes".
Le socialiste âgé de 34 ans comptait participer à cette primaire, pour laquelle les candidatures devaient être déposées jusqu'à mardi soir minuit.
Mais, Philippe Brun a été suspendu de son parti "en raison d'accusations de violence", a affirmé mercredi Patrick Menucci, qui préside la commission d'organisation de la primaire. Ce responsable socialiste n'a pas précisé la nature de ces violences supposées, mais indiqué que "le mot sexuel n'a pas été prononcé".
Son nom ne figure donc pas sur la liste des cinq candidats qui ont rempli les conditions fixées pour pouvoir participer à la primaire.
Philippe Brun a lui dit avoir appris "avec stupeur" sa "suspension conservatoire du Parti socialiste" et "son interdiction de pouvoir (se) présenter à la primaire".
"Une ancienne collaboratrice que j'ai licenciée pour faute grave aurait saisi hier à 23h50 la direction du parti de faits +pouvant être qualifiés pénalement+", a-t-il dit dans un communiqué transmis à l'AFP.
Le député de l'Eure a assuré qu'il "ignore ce qui (lui) est reproché" et n'a pas été entendu par les commissions du PS.
"Je constate que sur la foi d'un signalement envoyé hier à 23h50 on empêche un parlementaire ayant réuni tous ses parrainages d'être candidat", a-t-il dit.
Une source au sein du PS a indiqué que les accusations concernaient des "faits qui relèveraient du pénal".
Le groupe socialiste a par ailleurs été convoqué mercredi à 11H00 pour évoquer la situation de Philippe Brun, selon une autre source.
Les règles internes du Parti socialiste prévoient qu'un adhérent peut être suspendu à titre conservatoire "dans l'attente d’une décision de la commission disciplinaire compétente".
Philippe Brun, venu de la gauche du parti, affirmait vouloir porter une "ligne populaire" à la présidentielle.
Il avait affirmé mardi matin qu'il avait déposé sa candidature à la primaire et disposait des parrainages requis pour y participer.
Olivier Faure, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel, Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal ont eux rempli les conditions pour participer à la primaire, selon la liste communiquée mercredi par la commission d'organisation.
(AFP)
