
Après la diffusion d'une vidéo dans laquelle un policier municipal de Carcassonne tient des propos racistes, misogynes et complotistes, le Rassemblement national a annoncé mercredi l'exclusion immédiate de l'agent qui était encarté dans le parti d'extrême droite.
Le Rassemblement national (RN) dans la tourmente. Après la diffusion d'une vidéo dans laquelle un policier municipal de Carcassonne tient des propos racistes, misogynes et complotistes, le parti d'extrême droite a annoncé, mercredi 9 septembre, l'exclusion immédiate de l'agent qui était encarté au RN.
"Ils roulent vite, ces bougnes, hein ? Hier, ils étaient sur un chameau, aujourd'hui une voiture...", lance l'agent à ses collègues sur ces images rendues publiques mardi soir par le quotidien Midi Libre.
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Accepter Gérer mes choixLes propos racistes, accidentellement captés en novembre 2025 par la caméra-piéton d'une patrouille, ont conduit le parquet de Carcassonne à ouvrir une enquête, a-t-il confirmé mercredi à l'AFP sans préciser quand les investigations avaient démarré.
La direction du RN, qui a condamné "avec la plus grande fermeté" ces propos "pénalement répréhensibles" dans un communiqué, a affirmé avoir "immédiatement procédé à sa radiation des effectifs du service d'ordre ainsi qu'à son exclusion du Rassemblement national".
Dans le service d'ordre de Bardella lors d'un déplacement à Carcassonne
En arrêt maladie après la diffusion de la vidéo en interne, le policier a repris du service le 16 mars, au lendemain du premier tour des municipales. Dans l'intervalle, il a notamment assuré la protection du président du RN, Jordan Bardella, lors d'un déplacement à Carcassonne en février qui visait à soutenir Christophe Barthès, alors candidat du parti à la mairie, qui a ensuite remporté le scrutin le 22 mars.
L'édile RN a dénoncé mercredi des propos "à vomir et inexcusables" lors d'un bref point-presse au terme duquel il a refusé de répondre aux questions des journalistes présents. Il a assuré que "tous les protagonistes de cette affaire (seraient) suspendus immédiatement et sanctionnés", tout en dénonçant une "volonté de nuire à la nouvelle équipe municipale".
Une enquête administrative, dont il a indiqué avoir reçu le 19 mai les conclusions, n'aurait selon lui pas permis "d'établir avec certitude l'identité des auteurs de chacun des propos enregistrés".
La nouvelle municipalité aurait embauché, depuis son installation, "un chargé de mission sécurité qui a pour objectif de réorganiser la police municipale à Carcassonne et de mettre fin à des années de laxisme qui ont conduit à la situation que nous connaissons aujourd'hui", a encore expliqué Christophe Barthès.
"On a niqué des bougnoules"
Dans l'enregistrement, une administrée appelle après avoir percuté un animal avec sa voiture et l'un des policiers s'inquiète : "J'espère que c'est pas un gamin, ou quelqu'un, qu'elle a percuté." L'agent encarté au RN lui répond en plaisantant : "Non, c'est peut-être un migrant, un petit Kirikou", avant d'ajouter en imitant un accent africain : "Kirikou dans la savane, il est percuté, il est venu en France, il est percuté par un véhicule."
Après avoir visionné une vidéo sur la guerre d'Algérie, il commente : "Et alors... On a niqué des bougnoules, on a niqué des bougnoules ! Et eux, combien de soldats ils ont niqués ? (...) Après, où commence la torture ?"
Il critique aussi les discours anticolonialistes, évoquant le fait historique selon lequel certains peuples africains ont contribué à l'asservissement par les Européens d'autres peuples. "Entre tribus, ils se vendaient, ces singes", lance-t-il.
À quelques mois de la présidentielle, l'émergence de cette vidéo a provoqué mercredi une avalanche de réactions indignées, du gouvernement aux partis principalement de la gauche et du centre.
Condamnations unanimes de la classe politique
La ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a dénoncé sur RMC des propos "absolument inacceptables" et regretté "une libération de la parole raciste" en France.
"Voilà à quoi ressemblerait une France dirigée par le RN. La haine désinhibée et encouragée, y compris là où on doit attendre de la justice et de la sécurité", a fustigé Gabriel Attal, candidat Renaissance à la présidentielle.
"Que ceux qui passent leur temps à dédiaboliser le Rassemblement national ouvrent les yeux : rien n'a changé dans ce parti infesté par le racisme et le fascisme", a lancé le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard.
Dans la vidéo, le policier relaie également, dans une tirade homophobe, la théorie complotiste selon laquelle Brigitte Macron serait une personne trans. "On essaie de cacher ça au monde entier", dit-il. "Il nous manque un général avec une grosse paire de couilles (...). Un petit coup d'État, une petite dictature en France, ça ne ferait pas de mal", ajoute l'un de ses collègues.
"Cette affaire grave montre une fois de plus la réalité du racisme crasse des individus qui gravitent autour du RN", a fustigé SOS Racisme, annonçant avoir saisi le parquet de Carcassonne et vouloir se porter partie civile le moment venu "afin d'éviter que l'affaire ne s'enlise".
Avec AFP
