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RéessayerÀ la Une de la presse ce lundi 7 septembre, la victoire de l'AfD dans le Land de Saxe-Anhalt, où le parti d'extrême-droite frôle la majorité absolue ; les tensions grandissantes, au RN, entre Marine Le Pen et Jordan Bardella ; et la "Célinemania" à Paris.
À la Une de la presse, la victoire de l'AfD dans le Land de Saxe-Anhalt, où le parti d'extrême-droite frôle la majorité absolue.
"Jubel und Schmerz", "l'allégresse et la douleur", titre ce matin le tabloïd Bild, avec un jeu de mots sur le chancelier Friedrich Merz, dont le parti, la CDU, a été laminé. L'allégresse d'Ulrich Siegmund, la tête de liste de l'AfD en Saxe-Anhalt, "l'homme qui rit" à la Une du Berliner Zeitung, le tabloïd de Berlin, qui reprend à son propos la formule de "l'homme le plus dangereux d'Allemagne". Une référence à la Une détonnante du magazine Der Spiegel, qui alertait, le mois dernier, sur cette victoire annoncée de l'AfD.
Une victoire "historique" pour l'extrême-droite, et "le pire résultat" pour la CDU, souligne Handelsblatt, quotidien économique de Düsseldorf. Die Welt enfonce le clou : "Un triomphe pour l'AfD et un score réduit de moitié pour la CDU". Même si la victoire de l'extrême-droite était attendue, Die Zeit évoque le "choc" et la "détresse" de la CDU, touchée par "la peur grandissante de voir l'AfD prendre des initiatives susceptibles de la déchirer".
Die Zeit qui parle d'un "tournant historique"… pour la démocratie allemande. L'hebdo rappelle que l'AfD est devenue le deuxième parti d'Allemagne lors des élections fédérales de l'année dernière, qu'il pourrait devenir le premier aux prochaines et que l'AfD qualifie d'ailleurs la Saxe-Anhalt d'"État modèle" à partir duquel une "influence radioactive" est espérée vers d'autres États. "Tournant", dit aussi le Tagessepiegel, pour qui ces résultats "imposent une mission à toute la classe politique et à la société". "Il faut un plan convaincant pour permettre à l'Allemagne de s'affirmer dans un monde en mutation. Mais en avons-nous la force ?", s'interroge le journal berlinois. Pour Der Spiegel, le chancelier Merz n'est en tout cas "clairement pas l'homme de la situation", et selon lui, plusieurs à la CDU le pensent aussi. "Les élections en Saxe-Anhalt ne doivent pas donner lieu à des spéculations irresponsables au niveau fédéral. La coalition a un seul mandat : la stabilité", réplique le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung.
La victoire de l'AfD provoque une onde de choc en Europe. En Italie, La Repubblica voit "l'obscurité" tomber sur Berlin et l'Union européenne (UE) confrontée aux "nostalgiques du nazisme". Mais l'Italie elle-même est divisée. À gauche, Il Fatto Quotidiano accuse Friedrich Merz et l'UE d'avoir "offert" la Saxe-Anhalt à l'AfD, alors qu'à la droite de la droite, Il Giornale se réjouit de voir se lever "le vent de l'eurodroite". Du côté de la presse française, Libération parle d'un "choc fasciste", tandis que L'Humanité, le journal communiste, s'alarme d'un "affreux bégaiement de l'histoire". Un émoi partagé en Belgique par Le Soir, qui rappelle que l'AfD assume "sans vergogne un révisionnisme historique envers les crimes du IIIe Reich", auquel s'ajoute "une ligne anti-migration et pro-russe".
La presse étrangère s'interroge, elle aussi, sur l'avenir politique de Friedrich Merz. The Financial Times observe que sa popularité est "au plus bas", que "son arrogance comme son incapacité à tenir ses promesses rebutent les électeurs" et que la demande de changement de direction à la tête de la CDU "pourrait s'avérer irrésistible, surtout si elle essuie un revers lors des autres élections régionales ce mois-ci". Le très conservateur Wall Street Journal estime que les électeurs sont "exaspérés par les partis traditionnels", et selon lui "cette frustration (serait) principalement due, selon lui, à la politique d'immigration laxiste après 2015", à laquelle s'ajouterait "une économie en berne" et une "obsession pour la neutralité carbone désastreuse pour les ménages". Au-delà de l'Allemagne, les résultats d'hier démontrent surtout "les limites de la politique de cordon sanitaire" autour de l'extrême-droite, selon El Pais. "Copier le programme de l'extrême droite, comme l'ont fait de nombreux conservateurs européens, n'a pas fonctionné : les électeurs préfèrent généralement l'original à la copie. Reste à savoir si le fait d'ignorer les craintes, réelles ou imaginaires, d'une partie de la population a permis de les apaiser", conclut le journal espagnol.
Très loin de la politique, Céline Dion semble, elle, mettre tout le monde d'accord. La chanteuse débute sa série de concert samedi, à Paris. Pop-up spécial dans un grand magasin, coffret spécial de macarons, karaokés saturés de ses tubes, documentaire, éditions spéciales dans les médias. La "Célinemania" bat son plein dans la capitale, et cela amuse nos confrères du Soir, qui ont notamment rencontré Malcom, devant l'hôtel de Céline Dion. Savez-vous combien de places Malcom a achetées ? Ni une, ni deux, ni même six places, mais douze places au total. Est-ce pour les partager avec des proches ? Non : pour lui-même. "J'irai six fois lors de la première série de concerts et six fois en mai. Je sais déjà que je ne vais pas me lasser ni m'ennuyer une seule seconde", dit le jeune homme qui ne donne toutefois pas le montant qu'il a payé, parce que selon lui, "ça n'a pas de prix". Quand on aime, on ne compte pas.
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