
Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont rencontré dimanche à Kiev le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans le cadre d'une nouvelle tentative des États-Unis de mettre fin à quatre ans et demi de guerre. Ils ont présenté de nouvelles propositions "plus efficaces", rapporte la présidence ukrainienne.
Les émissaires envoyés par Donald Trump à Moscou, puis à Kiev, dimanche 6 septembre ont présenté de nouvelles propositions, "plus efficaces", visant à mettre fin à la guerre avec la Russie, selon la présidence ukrainienne.
Le président Volodymyr Zelensky a cependant dit craindre de voir la guerre se poursuivre cet hiver, faute de volonté de son homologue russe Vladimir Poutine de négocier directement avec lui.
Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre du président américain, ont présenté à Kiev de nouvelles propositions, "plus efficaces", visant à mettre fin à la guerre avec la Russie, a déclaré dimanche soir à l'Agence France-Presse (AFP) un haut responsable de la présidence ukrainienne.
Les deux hommes sont repartis dimanche soir de Kiev en train, a annoncé la compagnie ferroviaire ukrainienne, sans préciser leur destination. Steve Witkoff et Jared Kushner étaient arrivés dimanche de Pologne, après avoir rencontré samedi soir Vladimir Poutine à Moscou.
Des discussions "très significatives", selon Steve Witkoff
Volodymyr Zelensky avait mené dimanche de premiers pourparlers avec les envoyés de Donald Trump, à l'issue desquels il n'avait pas semblé optimiste.
"Nous comptons sur le soutien de nos partenaires européens si la guerre se prolonge durant l'hiver, ce qui semble être le cas pour l'instant", avait-il dit lors d'une conférence de presse dimanche soir, après ses échanges.
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De son côté, Steve Witkoff, qui s'était plus tôt félicité de discussions "très significatives", a estimé que Moscou et Kiev devraient faire des compromis pour trouver une issue à la guerre qui les oppose depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022.
"Il faudra que les deux parties fassent des compromis et réduisent les divergences, et nous pensons disposer des éléments nécessaires pour y parvenir", a-t-il avancé. "C'est très difficile, mais nous sommes déterminés."
Cependant, le président ukrainien a maintenu que la question territoriale – centrale dans le conflit – ne pouvait être réglée que lors de rencontres entre chefs d'État.
"Je veux m'en tenir à ma position qui est que des questions aussi complexes ne peuvent être résolues qu'au niveau des dirigeants", a déclaré Volodymyr Zelensky, qui appelle de longue date Vladimir Poutine à négocier directement, ce à quoi ce dernier se refuse.
Blocage autour de la question territoriale
Une autre session de pourparlers impliquant les deux envoyés américains, la délégation ukrainienne et des conseillers européens, respectivement l'Allemand Günter Sautter, le Britannique Jonathan Powell et le Français Emmanuel Bonne, a également eu lieu.
Il s'agit de la première visite en Ukraine de Steve Witkoff, un homme d'affaires proche de Donald Trump, et de Jared Kushner depuis le début de leur médiation.
Depuis son retour à la Maison Blanche début 2025, Donald Trump a amorcé plusieurs cycles de discussions pour trouver une issue à cette guerre, la plus meurtrière en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais ces tentatives n'ont jusqu'à présent mené à aucune avancée tangible.
Les négociations bloquent essentiellement sur la question territoriale, Moscou exigeant que l'armée ukrainienne se retire entièrement de la région orientale de Donetsk, ce que Kiev refuse catégoriquement.
Donald Trump n'a pas précisé si la proposition transmise par ses émissaires impliquait une cession de territoires de la part de l'Ukraine, comme il l'avait laissé entendre auparavant.
"On espère que ces négociations résoudront quelque chose. En tant qu'Ukrainienne, je veux que cela ait lieu avec une préservation de nos territoires", a dit à l'AFP Ioulia, 41 ans, rencontrée à Kiev. Elle dit venir des territoires sous occupation russe et travailler comme femme de ménage.
Iaroslav, 29 ans, un autre habitant de Kiev qui refuse de donner son nom de famille, était sceptique : "Il y a déjà eu tellement de négociations" sans que la paix n'advienne, a-t-il souligné auprès de l'AFP.
Poursuite des hostilités hors de la capitale ukrainienne
À l'occasion de ces nouveaux pourparlers, Vladimir Poutine a décrété une cessation des frappes sur Kiev pour trois jours, de samedi jusqu'à lundi inclus. Volodymyr Zelensky a lui annoncé un arrêt des attaques visant Moscou pendant la même période.
Mais ailleurs en Ukraine et en Russie, les hostilités se poursuivent.
Dans la nuit de samedi à dimanche, Moscou a attaqué l'Ukraine avec 108 drones et des missiles, a rapporté l'armée de l'air ukrainienne, affirmant en avoir abattu la plupart et précisant que 11 sites avaient néanmoins été touchés par ces bombardements.
Pour sa part, l'armée russe a affirmé avoir neutralisé 258 drones ukrainiens lancés pendant la nuit écoulée. Un incendie a touché une entreprise dans la ville de Riazan, au sud-est de Moscou, selon le gouverneur, le média russe ASTRA affirmant qu'il s'agissait d'une raffinerie.
Avec AFP
