
En cette rentrée scolaire, le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire continue de peser sur les familles. Certaines hésitent désormais à y inscrire leurs enfants. Invitée de France 24, Élisabeth Gutmann, cofondatrice du collectif SOS Périscolaire, estime que les mesures annoncées ne suffisent pas encore à rétablir la confiance.
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RéessayerAlors que 11 millions d'élèves ont repris mardi 1er septembre le chemin de l'école, une inquiétude accompagne cette rentrée : celle de nombreux parents qui ne savent plus s'ils peuvent confier leurs enfants au périscolaire. Après les révélations de violences sexuelles dans plusieurs villes, notamment à Paris, certaines familles choisissent désormais de s'en détourner.
"Ces dernières semaines, on a remarqué que les parents étaient très inquiets à l'approche de la rentrée", relate Élisabeth Gutmann, cofondatrice du collectif SOS Périscolaire, invitée de France 24. "Ils veulent savoir si les promesses faites par les municipalités pour protéger les enfants à l'école et dans le périscolaire vont se traduire sur le terrain."
Selon la mairie de Paris, la fréquentation du périscolaire avait déjà reculé d'environ 12 % cet été, rappelle Élisabeth Gutmann, après la révélation de plusieurs affaires dans le périscolaire parisien ayant conduit à la suspension d'une centaine d'animateurs, notamment pour des soupçons d'agressions sexuelles.
Une série de mesures après le scandale
Pour tenter de restaurer la confiance, la mairie de Paris a instauré une cellule d'écoute, un numéro dédié, des réunions d'information pour les familles, ainsi qu'une suspension immédiate des agents faisant l'objet d'un signalement.
"Pendant des années, on a demandé que la suspension à titre conservatoire soit appliquée. Aujourd'hui, elle fonctionne", reconnaît Élisabeth Gutmann. "Mais je ne suis pas sûre que ça suffise à rassurer les familles. Elles ont aussi besoin de s'assurer que la prévention fonctionne."
Le collectif SOS Périscolaire appelle les parents à maintenir un dialogue régulier avec leurs enfants, "sans être paranoïaque", conseille Élisabeth Gutmann. "La première chose, quand un enfant rapporte ce type de faits, c'est de le croire. Cela permet de l'aider à libérer sa parole par la suite."
"Tout le périscolaire n'est pas dysfonctionnel"
Élisabeth Gutmann rappelle qu'un enfant ne livre pas nécessairement "un récit comme le fait un adulte". Des éléments peuvent surgir "au fur et à mesure du temps, et parfois au milieu d'un dîner de famille". Les parents sont invités à noter précisément les propos de l'enfant plutôt que de le "cuisiner".
Au-delà des réponses apportées après les signalements, SOS Périscolaire réclame une amélioration des conditions de travail des animateurs et une formation obligatoire sur les violences sexistes et sexuelles.
Malgré la gravité des affaires révélées ces derniers mois, la cofondatrice de SOS Périscolaire refuse de jeter la suspicion sur l'ensemble de la profession. "Beaucoup d'animateurs et d'animatrices sont extraordinaires et font un super travail avec les enfants", insiste-t-elle. "Tout le périscolaire n'est pas dysfonctionnel."
